Yémen: la trêve s'effondre, assauts loyalistes et tirs de missiles

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Aidées par des tribus, les forces loyalistes ont reconquis vendredi Hazm, chef-lieu de la province de Jawf, après avoir enregistré des succès importants dans la province voisine de Marib (photo, vendredi), selon des sources tribales.

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Ahmed Al-Haj
Associated Press
SANAA

La trêve au Yémen censée aider les négociations de paix en Suisse semblait avoir volé en éclats vendredi avec une offensive des loyalistes et des tirs rebelles de missiles sur l'Arabie saoudite voisine.

Le président américain Barack Obama a jugé vendredi « urgent » que le cessez-le-feu, quotidiennement violé depuis son entrée en vigueur mardi, soit respecté afin de permettre une « désescalade significative » du conflit qui oppose forces loyalistes et rebelles Houthis.

La trêve était entrée en vigueur au début de négociations sous l'égide de l'ONU entre pouvoir et rebelles pour tenter de trouver une issue à plus de huit mois de conflit.

Les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par une coalition arabe commandée par l'Arabie saoudite, ont repris en 24 heures deux villes aux rebelles chiites houthis, dans le nord du Yémen.

Aidées par des tribus, elles ont reconquis vendredi Hazm, chef-lieu de la province de Jawf, après avoir enregistré des succès importants dans la province voisine de Marib, selon des sources tribales.

La veille, les forces progouvernementales avaient pu reprendre Haradh à l'issue de combats avec les rebelles aidés par les forces restées fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, a indiqué un responsable militaire, faisant état de dizaines de morts dans les rangs du camp adverse.

Avec la prise de Haradh, les loyalistes sont désormais à quelques kilomètres du port de Midi sur la mer Rouge, sous contrôle des Houthis depuis 2010, selon des sources militaires.

Vendredi, les forces pro-Hadi ont également pris la région de Jabal al-Salb dans le district de Nihm, selon des témoins. Il s'agit du premier secteur reconquis dans la province de Sanaa.

« Défendre la patrie »

En réponse aux assauts, les rebelles ont tiré vendredi deux missiles balistiques en direction de l'Arabie saoudite, selon un communiqué de la coalition.

Un missile a été intercepté par la défense anti-aérienne, tombant dans la province de Marib, et un autre s'est abattu dans la région saoudienne de Najrane, à la frontière, a-t-elle ajouté.

« Même si la coalition est soucieuse d'aider à un succès des négociations en Suisse, elle ne serait plus tenue par la trêve si elle sentait le royaume menacé », a dit la coalition après les tirs de missiles.

Les gardes-frontières saoudiens ont répété vendredi leur mise en garde à l'adresse des habitants des régions près de la frontière de ne pas s'en approcher.

Un porte-parole des troupes loyales à M. Saleh a confirmé le tir de deux missiles. Mais contrairement aux affirmations selon lesquelles le missile a été intercepté au-dessus de Marib, le général Charaf Louqman a dit qu'un missile avait frappé une base de « mercenaires » dans cette région.

Un autre missile a visé un point de rassemblement pour les « forces d'agression » à Najrane, a-t-il indiqué, précisant que les missiles avaient été lancés en « riposte » aux violations du cessez-le-feu.

Le porte-parole de la rébellion houthie et membre de la délégation en Suisse, Mohammed Abdel Salam, a d'ailleurs affirmé que son camp « protestait » auprès de l'ONU contre les violations.

Les rebelles et leurs alliés vont par conséquent « continuer à défendre la patrie », a-t-il dit, cité par le compte Twitter des rebelles.

Depuis son entrée en vigueur, le cessez-le-feu a été quotidiennement violé mais l'escalade de vendredi en est la violation la plus significative.

Les négociations de paix le Yémen ont lieu... (Photo Marcel Bieri, archives AP) - image 2.0

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Les négociations de paix le Yémen ont lieu dans la Maison olympique de Macolin, en Suisse.

Photo Marcel Bieri, archives AP

Absence des rebelles à la table des négociations

Celle-ci a coïncidé d'ailleurs avec l'absence des représentants de la rébellion aux réunions vendredi matin à Macolin, en Suisse.

Une source de la délégation gouvernementale a déclaré à l'AFP que les rebelles et leurs alliés n'étaient pas venus à une réunion prévue dans la matinée.

« Ils ont passé la journée en contacts intensifs avec l'émissaire spécial » de l'ONU, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, qui tentait de les convaincre de revenir à la table des négociations, a ajouté cette source selon laquelle « les pourparlers reprendront en principe samedi ».

Un membre de la délégation des rebelles et de leurs alliés a assuré à l'AFP qu'ils ne se retiraient pas des pourparlers.

Les deux parties avaient effectué jeudi une première percée avec l'annonce par l'ONU d'un accord sur la reprise « immédiate et complète » de l'aide humanitaire à Taëz, au sud-ouest.

Un grand convoi de l'ONU commencera la distribution de l'aide humanitaire dans les prochains jours. D'autres villes devraient aussi recevoir bientôt une aide humanitaire.

Partis en juillet 2014 de Saada, leur fief dans le nord, les Houthis ont conquis de vastes territoires dont la capitale Sanaa. L'Arabie saoudite est intervenue fin mars pour stopper la progression des rebelles qu'elle accuse d'être liés à l'Iran, son grand rival dans la région.

Depuis mars quelque 6000 personnes ont péri dans le conflit, dont de nombreux civils, selon l'ONU.

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