Calme précaire au Yémen au deuxième jour de la trêve

Des positions rebelles à Taëz ont été visées... (PHOTO AHMAD AL-BASHA, AFP)

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Des positions rebelles à Taëz ont été visées par des tirs de combattants progouvernementaux

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Agence France-Presse
Aden

Un calme précaire, ponctué d'incidents isolés, régnait mercredi au Yémen au deuxième jour d'un cessez-le-feu et de pourparlers de paix sous l'égide de l'ONU en Suisse.

Un échange de prisonniers était susceptible d'intervenir avant la fin de la journée.

Les forces loyalistes et les rebelles chiites Houthis gardaient leurs positions dans la province de Taëz et dans la région de Bab al-Mandeb (sud-ouest), où des affrontements sporadiques étaient signalés, selon des sources militaires progouvernementales.

«Les rebelles ont bombardé des quartiers résidentiels à Taëz, blessant des civils», a déclaré à l'AFP l'une de ces sources, les accusant de «violer la trêve».

En retour, des positions rebelles à Taëz ont été visées par des tirs de combattants progouvernementaux, a indiqué une autre source militaire.

«Des avions de la coalition (arabe qui soutient le gouvernement) ont survolé ces secteurs, sans procéder à des bombardements», a déclaré une source militaire.

Des accrochages sporadiques ont également eu lieu sur le front de Marib, à l'est de Sanaa, selon les mêmes sources.

Le cessez-le-feu de sept jours, décrété mardi à 4h00 (HE) à la demande du président Abd Rabbo Mansour Hadi, a été «violé par les miliciens Houthis (...) dès les premières heures de son entrée en vigueur», a accusé mardi soir le général de brigade Ahmed Assisi, porte-parole de la coalition arabe sous commandement saoudien.

Mardi après-midi, 17 combattants progouvernementaux ont été tués dans des attaques rebelles dans la province de Marib, et sept civils dans celle de Taëz, avaient indiqué des sources militaires et médicales.

«Ces violations», qui ont touché aussi des zones près de la frontière avec l'Arabie saoudite, ont fait l'objet d'«un rapport transmis à l'ONU et aux États parrains des pourparlers de paix» en Suisse, a indiqué le général Assiri.

La règle, c'est qu'«en cas de violation (de la trêve), la coalition riposte», a-t-il prévenu.

Le porte-parole militaire des rebelles, le général Charaf Louqman, a pour sa part accusé «les Etats de l'agression et leurs mercenaires» de ne pas avoir respecté le cessez-le-feu au premier jour de son application.

Soldat saoudien tué

La coalition a annoncé mercredi la mort d'un soldat saoudien dans la région de Najrane où il «défendait la frontière du royaume contre les rebelles».

Malgré ces incidents, les belligérants semblaient se contenter de signaler des «violations» de la trêve, sans la remettre en cause, au moment où se poursuivaient des pourparlers de paix en Suisse, loin des caméras.

Un rare échange de prisonniers de guerre pourrait intervenir mercredi à la faveur d'une médiation tribale.

«Il y a un accord pour échanger 375 prisonniers rebelles et 285 prisonniers de la Résistance populaire», a déclaré à l'AFP à Aden (sud) cheikh Mokhtar al-Rabbach, membre de la commission des affaires des prisonniers, proche du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

La guerre a fait depuis mars quelque 6000 morts et 28 000 blessés, dont de nombreux civils, et a directement affecté 80% de la population.

L'Arabie saoudite, qui pilote la coalition arabe au Yémen, est désormais encline à favoriser un règlement politique de la crise, redoutant qu'un enlisement profite au groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui a multiplié les démonstrations de force au Yémen, selon un diplomate occidental.

En outre, les Saoudiens ne veulent pas que les Houthis se transforment en un nouveau Hezbollah à leur frontière sud, a ajouté ce diplomate en référence au puissant groupe politico-militaire chiite libanais.

En Suisse, les discussions directes interyéménites, sous l'égide de l'ONU, visent à favoriser «un cessez-le-feu permanent» et «un retour à une transition politique pacifique et ordonnée».

Elles portent aussi sur un «plan» de mise en oeuvre progressive de la résolution 2216 du Conseil de sécurité qui exige le retrait des rebelles et de leurs alliés, mais aussi de milices, des zones conquises depuis 2014, ainsi que la restitution des armes lourdes à l'État.

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