Riyad forme une coalition islamique antiterroriste

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L'Arabie saoudite, qui dirige une coalition arabe contre les rebelles chiites au Yémen, fait partie aussi de la coalition internationale.

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Ian TIMBERLAKE
Agence France-Presse
Riyad

L'Arabie saoudite a annoncé mardi la création d'une coalition de 34 pays majoritairement musulmans dont l'objectif sera de «combattre le terrorisme militairement et idéologiquement» dans un contexte de montée en puissance de groupes djihadistes.

Les pays membres de cette alliance échangeront des informations, fourniront du matériel et de la formation et mettront des forces à disposition si nécessaire, a déclaré à Paris le chef de la diplomatie saoudienne Adel Al-Jubeir.

«Le terrorisme a frappé les pays musulmans. Il est temps que le monde musulman prenne position», a-t-il lancé.

Mais ni l'Iran chiite, ni l'Irak, ni la Syrie ne figurent sur la liste de ces États diffusée par l'agence officielle saoudienne SPA après l'annonce surprise de Riyad.

Pour des analystes, il est trop tôt pour dire quelles actions cette alliance militaire islamique pourrait entreprendre, alors que l'Arabie saoudite qui la dirige est déjà directement engagée dans une guerre coûteuse au Yémen, où elle combat des rebelles chiites.

L'annonce est surtout «chargée de symbole», a jugé Adam Baron, de l'European Council on Foreign Relations.

La coalition comprend des pays majoritairement sunnites comme l'Egypte, la Turquie, le Pakistan et le Sénégal. Elle sera dotée d'un centre de commandement basé à Riyad.

L'alliance témoigne de la volonté du «monde islamique de combattre le terrorisme et d'être un partenaire dans la lutte mondiale contre ce fléau», a expliqué le vice-prince héritier et ministre saoudien de la Défense Mohamed Ben Salmane lors d'une conférence de presse à Riyad.

«Notre guerre»

«La guerre contre le terrorisme» est «notre guerre», celle «des musulmans contre les terroristes qui commettent leurs actes horribles au nom de la religion», a réagi le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohamad Momani.

La prestigieuse institution de l'islam sunnite basée au Caire, Al-Azhar, a exhorté «tous les pays musulmans» à rejoindre cette coalition.

Les 34 pays du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie de la coalition sont membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), basée à Jeddah (ouest de l'Arabie saoudite).

Dix autres pays, dont l'Indonésie, le premier pays musulman du monde par sa population, pourraient se joindre ultérieurement à la coalition, selon SPA.

Certains des membres, comme l'Arabie saoudite, font déjà partie de la coalition internationale qui, sous la conduite des États-Unis, combat le groupe État islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Cette nouvelle coalition se consacrera-t-elle à la lutte contre l'EI ? Le prince Mohamed, fils du souverain saoudien Salmane, a répondu qu'elle combattrait «toute organisation terroriste qui fait son apparition» dans le monde musulman, «le premier à avoir souffert du terrorisme». Il a cité «la Syrie, l'Irak, le Sinaï (Egypte), le Yémen, la Libye, le Mali, le Nigeria, le Pakistan et l'Afghanistan».

«La coalition va combattre le terrorisme militairement, idéologiquement et médiatiquement, en plus de l'effort sécuritaire», a affirmé le prince Mohamed.

Accusations de laxisme 

Le royaume saoudien, régi par l'idéologie wahhabite (une version rigoriste de l'islam sunnite), est accusé en Occident de laxisme envers le djihadisme. Certaines personnalités l'accusent même de financer des mosquées et des groupes radicaux.

«Cette coalition est une réponse de l'Arabie aux allégations persistantes de la communauté internationale sur son engagement insuffisant contre l'EI», a ainsi estimé Farea al-Muslimi, du Carnegie Middle East Center à Beyrouth.

C'est «peut-être une façon de sauver la face» pour les Saoudiens, a jugé le chercheur auprès de quelques journalistes à Washington.

Un diplomate occidental est du même avis tout en décelant deux autres explications à cette coalition: la menace sécuritaire que représente pour le royaume saoudien un groupe comme l'EI et l'effort que fait l'Iran pour convaincre l'Occident que les chiites sont de «bons musulmans» par rapport aux sunnites. «C'est pour ces raisons que les Saoudiens ont pris l'initiative», dit-il.

Le prince Mohamed, qui s'exprimait lors de sa première conférence de presse depuis son entrée au gouvernement, formé en janvier, incarne la nouvelle politique internationale de Riyad, plus visible et plus affirmée.

Cette nouvelle coalition s'inscrit dans ce mouvement, selon l'analyste Adam Baron.

Cela intervient au moment où les États-Unis multiplient les appels à mobiliser des soldats au sol, principalement de pays arabes, pour gagner la guerre contre l'EI en Syrie et en Irak. A Washington, le département d'État a d'ailleurs salué cette nouvelle coalition, estimant que «tous les efforts pour augmenter la pression sur ces réseaux (terroristes) sont les bienvenus».

Les 34 pays de la coalition

- Arabie saoudite

- Jordanie

- Émirats arabes unis

- Bahreïn

- Tunisie

- Djibouti

- Soudan

- Somalie

- Palestine

- Comores

- Qatar

- Koweït

- Liban

- Libye

- Égypte

- Maroc

- Mauritanie

- Yémen

- Bénin

- Tchad

- Togo

- Sénégal

- Sierra Leone

- Gabon

- Guinée

- Côte d'Ivoire

- Mali

- Niger

- Nigeria

- Pakistan

- Turquie

- Bangladesh

- Malaisie

- Maldives

* Tous ces États sont membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), basée à Jeddah (ouest de l'Arabie saoudite) depuis sa création en 1969.

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