Les talibans attaquent l'aéroport de Kandahar: au moins 50 morts

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Des soldats afghans sont déployés à l'entrée du complexe aéroportuaire, après l'offensive talibane, le 9 décembre.

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Jawed TANVEER
Agence France-Presse
KANDAHAR, Afghanistan

Une audacieuse offensive lancée par des talibans sur l'aéroport de Kandahar, la grande ville du Sud afghan, a fait au moins 50 morts, au moment où le président Ashraf Ghani tente à Islamabad de relancer les pourparlers de paix.

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Des membres de forces de sécurité afghanes montent la garde à l'entrée de l'aéroport international de Kandahar, le 9 décembre.

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Un précédent bilan faisait état de 37 morts.

L'opération lancée mardi soir contre le complexe aéroportuaire qui abrite une base commune de l'OTAN et des forces afghanes est considérée comme la plus sérieuse en 14 ans de conflit contre la principale installation militaire du sud de l'Afghanistan.

Des témoins ont indiqué que les assaillants avaient pris des familles en otage, les utilisant comme boucliers humains selon un responsable de la sécurité, ce qui a compliqué la contre-attaque.

Au moins «37 Afghans innocents ont été tués et 35 autres blessés», avait dans un premier temps indiqué le ministère afghan de la Défense.

Il y aurait de nombreux civils parmi les victimes selon un responsable occidental, qui a estimé qu'il s'agissait de «la plus sérieuse offensive» jamais menée contre le complexe de Kandahar.

Sur les onze assaillants, neuf ont été tués, un blessé, tandis que le dernier continuait de tenir tête aux forces afghanes, a précisé le ministère plus de 20 heures après le début des combats.

Les talibans ont revendiqué cette attaque, la deuxième en deux jours à Kandahar, berceau des insurgés.

Ils ont mis en ligne une photo de dix combattants en uniforme militaire et armés de kalachnikovs, présentés comme ceux qui ont attaqué l'aéroport.

L'offensive intervient après plusieurs jours de conjectures sur le sort de leur chef, Akhtar Mansour, grièvement blessé selon plusieurs sources après une querelle interne qui aurait dégénéré.

Elle coïncide avec la visite au Pakistan du président afghan, qui laisse espérer des avancées vers une reprise du processus de paix entre le gouvernement afghan et les insurgés islamistes, en partie entravée par la méfiance entre Kaboul et Islamabad.

À l'ouverture de la conférence régionale Heart of Asia, M. Ghani a appelé à «une paix durable et juste, dans le cadre de laquelle tous les mouvements armés (...) participent de façon légitime au processus politique». Le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a de son côté souligné que «le terrorisme et l'extrémisme sont notre ennemi commun».

Le Pakistan, qui a une large influence sur les talibans, a accueilli en juillet une première session historique de pourparlers, qui a rapidement tourné court lorsque les talibans ont annoncé la mort de leur dirigeant historique, le mollah Omar, intervenue en 2013.

«À chaque fois qu'on parle de revenir à la table des négociations, les talibans lancent des offensives d'envergure», souligne l'expert militaire Atiqullah Amarkhil, basé à Kaboul, estimant qu'ils tentent soit de «faire capoter» les négociations, soit «d'obtenir d'importantes concessions.

«Famille coincée»

Dans le complexe qui comprend également une zone résidentielle, les assaillants ont pris pour cible des logements de fonctionnaires ainsi que la base militaire, selon le porte-parole du gouverneur de a province.

«Les combats ont débuté vers 18 heures (mardi, NDLR) et se sont intensifiés pendant la nuit», a indiqué un habitant de 30 ans, Izatullah.

«Les soldats réclamaient aux talibans de laisser partir les femmes et les enfants, mais les assaillants ont refusé. On entendait les enfants hurler pendant les combats», a-t-il dit à l'AFP.

«Depuis la nuit dernière, ma famille est coincée dans le complexe, ils ne peuvent pas partir à cause des combats», a indiqué mercredi un employé de l'aéroport, Haji Abdul Qader. «Ils se sont barricadés dans une maison».

Des passagers sont restés coincés dans le terminal civil de l'aéroport, après l'annulation de vols commerciaux à destination de l'Inde.

Les insurgés ont enregistré des avancées ces derniers mois, mais de profondes divisions sont apparues au sein du mouvement, compliquant une reprise des pourparlers.

Plusieurs sources ont indiqué que le chef des talibans, Akhtar Mansour, dont la rapide nomination cet été a été contestée, avait été grièvement blessé voire tué dans une fusillade lors d'une réunion de cadres talibans la semaine dernière au Pakistan.

Les talibans ont diffusé samedi un démenti, mais ce message audio présenté comme étant une déclaration du mollah Mansour a été accueilli avec scepticisme.

Des combats fratricides avaient opposé le mois dernier les fidèles du mollah Mansour à une faction talibane dissidente.

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