Israël: Kerry réaffirme le soutien américain, en pleine vague de violences

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M. Kerry a discuté avec M. Nétanyahou des «mesures qui peuvent être prises pour stopper la violence», mais aussi de la coopération sécuritaire entre les deux pays et de la situation régionale, a dit un porte-parole américain.

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Dave Clark
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Le secrétaire d'État américain John Kerry a affirmé mardi à Jérusalem le soutien des États-Unis à Israël et son indignation devant la vague d'attentats palestiniens, en engageant des discussions avec les dirigeants des deux bords sur les moyens de réduire les violences.

Les entretiens entre M. Kerry et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou dans la matinée puis le président palestinien Mahmoud Abbas dans l'après-midi n'ont cependant donné lieu dans un premier temps à aucune annonce concrète, semblant justifier le peu d'espoir placé dans ces rencontres.

La situation en Syrie, voisine d'Israël, paraît avoir accaparé une partie des conversations entre MM. Kerry et Nétanyahou le jour où la Turquie abattait un avion russe à la frontière syrienne, provoquant un brusque accès de tension.

Américains et Israéliens ont indiqué qu'en dehors des mesures qui pouvaient être prises pour stopper l'escalade israélo-palestinienne, un «intérêt particulier» avait été apporté à la situation syrienne, selon les mots du porte-parole américain John Kirby.

M. Nétanyahou n'a donné aucun signe de vouloir satisfaire dans l'immédiat l'attente américaine de dispositions pratiques qui amélioreraient le quotidien des Palestiniens et réduiraient les tensions.

M. Nétanyahou a dit à M. Kerry que le «coeur du problème» résidait dans la campagne en cours selon lui chez les Palestiniens d'incitation à la haine religieuse autour de l'esplanade des Mosquées et la part prise par la direction palestinienne à cette campagne, a dit un responsable gouvernemental israélien.

Nétanyahou pose ses conditions

M. Nétanyahou a fait d'un retour au calme «la condition première» pour qu'Israël consente à des gestes d'apaisement économiques et sécuritaires, a-t-il dit.

Quant à un gel de la colonisation à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, «il n'y en aura pas», a dit le responsable sous le couvert de l'anonymat.

Il a confirmé que M. Nétanyahou liait de tels gestes à une reconnaissance par la communauté internationale et donc les États-Unis d'un droit israélien à construire dans les grands blocs de colonies qui devraient rester israéliens en cas de règlement diplomatique du conflit.

M. Kerry a par ailleurs condamné vigoureusement les attentats palestiniens.

À l'instant où l'avion de M. Kerry se posait à Tel-Aviv, un Palestinien lançait sa voiture contre un groupe d'Israéliens en uniforme au sud de Naplouse (nord de la Cisjordanie occupée), blessant légèrement trois soldats et un garde-frontière, selon l'armée israélienne. Les forces israéliennes ont ouvert le feu sur l'agresseur qui a été blessé et capturé.

Cet attentat est le dernier en date des actes de violence qui ont réveillé le spectre d'une nouvelle intifada et qui ont fait plus de 110 morts depuis le 1er octobre en Cisjordanie, à Jérusalem et en Israël.

«Personne ne devrait avoir à vivre au quotidien avec la violence, les attentats dans la rue, commis à l'aide de couteaux, de ciseaux ou de voitures. (...) J'exprime ici une condamnation totale de tout acte de terrorisme qui coûte la vie à des innocents», a dit M. Kerry lors de sa rencontre avec M. Nétanyahou.

«Droit de se défendre»

La confrontation en cours a coûté la vie à plusieurs juifs américains ou à la double nationalité. Lors de sa rencontre avec le président israélien Reuven Rivlin, M. Kerry a exprimé son «indignation devant ce genre de violence». «Israël n'a pas seulement le droit de se défendre, il en a l'obligation», a dit M. Kerry en affirmant le soutien des États-Unis à son allié.

La condamnation des attentats comme des actes de terrorisme par M. Kerry semblait adressée à la direction palestinienne --dont M. Abbas qu'il a rencontré plus tard-- qui réprouve les assassinats de civils, mais s'est gardée de condamner les attentats récents et en impute la faute aux politiques du gouvernement Nétanyahou.

Son déplacement ne visait pas à s'attaquer aux causes profondes du mal en relançant un aléatoire effort de paix dont les conditions sont tout sauf réunies.

Depuis le 1er octobre, les attentats, à l'arme blanche dans leur écrasante majorité, les affrontements entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens ainsi que les violences mutuelles entre Palestiniens et colons israéliens ont fait 92 morts côté palestinien -dont un Arabe israélien- et 17 côté israélien, ainsi qu'un Américain et un Érythréen, selon un décompte de l'AFP. Une majorité des Palestiniens tués ont été abattus en commettant ou tentant de commettre des attentats.

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