Syrie: Washington accuse Moscou d'aggraver «dangereusement» le conflit

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Les dirigeants syrien et russe, Bachar al-Assad et Vladimir Poutine, lors d'une rencontre en octobre, à Moscou.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis ont accusé mercredi la Russie d'aggraver «dangereusement» le conflit en Syrie par des bombardements qui tuent des civils, font croître le flux de réfugiés et renforcent le régime de Damas plutôt que d'affaiblir le groupe État islamique (EI).

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Les secrétaires d'État adjointes Victoria Nuland, à droite, et Anne Patterson, à gauche, ont vivement dénoncé l'intervention russe en Syrie aujourd'hui, à Washington.

PHOTO PABLO MARTINEZ MONSIVAIS, ASSOCIATED PRESS

Sur le terrain, les forces armées syriennes ont brisé le siège imposé depuis deux semaines par l'EI aux quartiers sous leur contrôle à Alep, rouvrant une route clé qui relie ces secteurs au reste de la Syrie, selon la télévision officielle et une ONG.

Amplifiant les critiques américaines contre Moscou, allié du président Bachar al-Assad, deux hautes diplomates ont, devant le Congrès des États-Unis, démonté point par point l'intervention militaire russe en Syrie commencée le 30 septembre.

La secrétaire d'État adjointe pour le Proche-Orient Anne Patterson a jugé que Moscou avait ainsi «dangereusement exacerbé un environnement déjà complexe», dans un pays ravagé par une guerre civile qui a fait au moins 250 000 morts et des millions de réfugiés.

«Depuis le début des frappes russes, au moins 120 000 Syriens ont été déplacés, conséquence des offensives du régime appuyées par les bombardements russes dans les villes de Hama, Alep et Idleb», a accusé Mme Patterson devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

L'ONU avait donné les mêmes chiffres la semaine dernière, mais sans montrer Moscou du doigt. Jamais Washington n'avait repris ces données à son compte et mis en cause directement les raids de Moscou.

D'après la secrétaire d'État adjointe pour l'Europe Victoria Nuland, «depuis que les opérations de combat de la Russie ont commencé en Syrie, la Grèce a enregistré son flux migratoire hebdomadaire le plus élevé pour 2015, avec environ 48 000 réfugiés et migrants passés de la Turquie à la Grèce».

«Cynisme» russe

La diplomatie américaine a encore accusé l'aviation russe de frapper quasi exclusivement les groupes rebelles syriens modérés et non l'EI.

«Moscou a tenté, avec cynisme, d'affirmer que ses frappes visent des terroristes, mais jusqu'ici, 85% à 90% (des raids russes) ont touché l'opposition syrienne modérée et ont tué des civils au passage», a tonné Mme Patterson.

«Et en dépit de nos exhortations, Moscou n'a pas encore stoppé la pratique atroce du régime de Damas de bombarder son peuple aux barils d'explosifs», a-t-elle condamné.

Parallèlement à leurs activités militaires, Washington et Moscou pilotent un processus diplomatique enclenché fin octobre à Vienne pour tenter de dessiner les contours d'une transition politique en Syrie. Mais les divergences persistent sur le sort à réserver à M. Assad, Washington réclamant son départ, Moscou souhaitant qu'il reste en place pour l'instant.

«Nous savons que l'intention première de la Russie est de préserver le régime» syrien, a protesté Mme Patterson.

Rencontre Kerry-Lavrov en Autriche?

Les chefs des diplomaties américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, se sont encore téléphoné mercredi pour discuter de la «logistique» de la prochaine réunion, selon le porte-parole du département d'État John Kirby. Elle pourrait se tenir de nouveau dans la capitale autrichienne d'ici deux semaines, selon Mme Patterson.

De son côté, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, en visite à Moscou, a affirmé que les Nations unies étaient disposées à accueillir «dès que possible» des discussions entre Damas et des opposants.

Washington a jugé «prématurés» ces éventuels pourparlers.

En Syrie, les combats continuent de faire rage.

L'armée syrienne a repris le contrôle total de la route Alep-Khanasser-Ithriya-Salamiyé «après avoir éliminé un grand nombre de terroristes» de l'EI, selon la télévision publique, précisant que la route serait rouverte jeudi. Les militaires syriens achèvent ainsi le déminage de la route, la seule possible pour ravitailler les quartiers gouvernementaux à Alep et y acheminer des renforts.

À l'est de Damas, 12 personnes ont été tuées dans des bombardements de la ville rebelle de Douma, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Et dans le nord-est, un Canadien qui combattait l'EI a été tué dans une attaque menée par un kamikaze jihadiste lors de combats aux environs de Hassaké, selon l'OSDH et une coalition arabo-kurde. En revanche, le Pentagone s'est félicité qu'une petite coalition de groupes armés arabes syriens ait pu reconquérir 255 km2 de territoire sur l'EI dans le nord-est.

La guerre en Syrie a été déclenchée en mars 2011 par la répression sanglante de manifestations antigouvernementales pacifiques. Forces du régime, rebelles, Kurdes et jihadistes et puissances étrangères sont impliqués un conflit complexe sur un territoire morcelé.

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