Les violences persistent en Cisjordanie au lendemain d'un accord diplomatique

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Des gardes-frontières ont ouvert le feu sur une Palestinienne qui s'est approchée d'eux avec un couteau en hurlant. Elle a succombé à ses blessures.

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Laurent LOZANO
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

La vague des attaques au couteau contre des Israéliens a continué dimanche en Cisjordanie occupée où une adolescente palestinienne a été tuée par des policiers israéliens, au lendemain de l'annonce de mesures d'apaisement centrées sur l'esplanade des Mosquées, épicentre de la flambée des violences.

Les troubles persistants en Cisjordanie occupée illustrent les incertitudes sur l'effet de détente qu'auraient sur le terrain les annonces samedi du secrétaire d'État américain John Kerry.

Près du tombeau des Patriarches à Hébron, lieu saint révéré par les musulmans et les juifs, des gardes-frontières ont ouvert le feu sur une Palestinienne qui s'est approchée d'eux avec un couteau en hurlant quand ils lui ont demandé de s'identifier, a rapporté la police israélienne.

L'adolescente de 17 ans a succombé à ses blessures. Des témoignages palestiniens contestent cependant la version israélienne.

En Cisjordanie occupée également, deux Israéliens ont été sérieusement blessés dans deux attaques distinctes à l'arme blanche dont les auteurs ont pris la fuite, ont rapporté l'armée et la police israéliennes, et un Palestinien de 20 ans a été grièvement blessé à l'arme à feu par un colon alors qu'il participait à la récolte des olives, a indiqué la police palestinienne. L'agresseur a pris la fuite.

Depuis le 1er octobre, les affrontements entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens, les agressions mutuelles entre Palestiniens et colons et une série d'attaques anti-israéliennes à l'arme blanche ont fait 54 morts Palestiniens et arabe israélien, pour moitié des auteurs d'attentat, et huit morts israéliens.

«Rôle spécial»

Cet enchaînement a réveillé le spectre d'une nouvelle intifada. La communauté internationale s'est mobilisée et a concentré ses efforts sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël.

La question du contrôle et de l'accès à l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam également révéré par les juifs comme l'emplacement de leur ancien temple, est un facteur primordial de tensions.

Le secrétaire d'État américain a annoncé samedi à Amman qu'Israël et la Jordanie, gardienne des lieux saints à Jérusalem, s'étaient mis d'accord pour coopérer afin de calmer la situation.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a accepté l'idée jordanienne d'installer sur le site une vidéosurveillance 24 h/24, a dit M. Kerry.

Aucune autre mesure concrète n'a été divulguée, mais M. Kerry a rapporté différents engagements israéliens: «respecter pleinement le rôle spécial» joué par la Jordanie dans la gestion de l'esplanade, maintenir les règles qui la régissent («statu quo»), interdire aux non-musulmans d'y prier, ne pas la diviser et oeuvrer à une coordination accrue avec la fondation islamique qui l'administre.

Symbole national et religieux intangible pour les Palestiniens, l'esplanade est sous la garde de la Jordanie pour des raisons historiques, mais ses accès sont contrôlés par les Israéliens.

Palestiniens et Jordaniens s'alarment d'une présence accrue de juifs et de revendications de plus en plus audibles sur le site. Ils accusent Israël de vouloir changer le «statu quo» pour à terme diviser l'esplanade entre juifs et musulmans. Le «statu quo» interdit aux juifs d'y prier.

«Changer la donne»

M. Nétanyahou s'est toujours défendu d'un tel projet, accusant la direction palestinienne et certains groupes de souffler sur les braises pour provoquer des heurts sur et autour d'un site potentiellement explosif.

L'installation de caméras «pourrait vraiment changer la donne et décourager quiconque de troubler le caractère sacré du lieu», a dit M. Kerry.

Ce dispositif «est dans l'intérêt d'Israël», a estimé M. Nétanyahou, «pour réfuter l'allégation selon laquelle Israël viole le statu quo» et «pour montrer d'où viennent vraiment les provocations et pour les prévenir».

Reste à savoir dans quelle mesure les dispositions et engagements évoqués impressionneront les jeunes Palestiniens en première ligne d'un mouvement échappant largement au contrôle politique.

L'engagement de M. Nétanyahou à maintenir le «statu quo» est «bienvenu à condition qu'il soit mis en pratique», a déclaré le roi Abdallah II de Jordanie.

«Il y avait et il y a» déjà des caméras israéliennes sur l'esplanade, a dit le député arabe israélien Ahmed Tibi, en faisant valoir qu'elle servait surtout à «arrêter les gens».

Les dirigeants palestiniens ont eux réagi avec une plus grande réserve.

Le numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine, Saëb Erakat, a prévenu qu'Israël serait jugé sur ses actes, pas sur ses paroles, et Nabil Chaath, haut cadre du Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, a estimé qu'«il n'y aura pas de calme sans horizon politique pour mettre fin à l'occupation» par Israël des Territoires palestiniens.

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