La police boucle des quartiers arabes de Jérusalem

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Les attaques au couteau propagent l'anxiété chez les Israéliens.

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Joe DYKE
Agence France-Presse
Jérusalem

Le gouvernement israélien a adopté dans la nuit de mardi à mercredi de nouvelles mesures pour lutter contre les violences palestiniennes, qui ont franchi un nouveau palier dans la journée avec la mort de trois Israéliens dans deux attentats à Jérusalem.

«Le cabinet de sécurité a décidé de plusieurs mesures pour lutter contre le terrorisme, notamment d'autoriser la police à boucler ou imposer un couvre-feu sur les quartiers de Jérusalem en cas de frictions ou d'incitations à la violence», déclare un communiqué du bureau du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

«Le cabinet a notamment autorisé qu'en plus de la démolition des maisons des terroristes, aucune construction nouvelle ne sera autorisée sur le site en question, que les propriétés des terroristes seront confisquées et que le permis de résident en Israël sera révoqué», selon le communiqué.

Dans la journée, M. Nétanyahou avait promis devant le Parlement d'employer «tous les moyens en notre possession pour ramener le calme».

Le gouvernement «va décider aujourd'hui même de moyens supplémentaires forts» qui «prendront effet sur le terrain le plus rapidement possible», avait dit le premier ministre.

Washington a condamné les deux attaques de Jérusalem. «Les États-Unis condamnent avec la plus grande force les attaques terroristes d'aujourd'hui contre des civils israéliens», a déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry lors d'une conférence de presse à Boston. Il a exhorté les autorités israéliennes et palestiniennes à rétablir le calme.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon «a condamné tous les actes de terrorisme auxquels nous avons assisté en Israël et en Palestine», selon son porte-parole. «L'usage apparemment excessif de la force par les forces de sécurité israéliennes est également troublant et doit être réexaminé sérieusement», a dit M. Ban.

Deux Palestiniens ont semé la terreur dans la matinée de mardi en ouvrant le feu dans un autobus de Jérusalem-Est, faisant deux morts et plusieurs blessés. Cet attentat ne devrait pas manquer, dans une ville déjà à cran, de ranimer le souvenir des Intifadas de 1987 et de 2000, pendant lesquelles les transports publics étaient une cible privilégiée.

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Un jeune Palestinien est inspecté par la police israélienne à l'entrée de la Viellie ville de Jérusalem. 

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C'est la première attaque à l'arme à feu à Jérusalem depuis le début de la flambée de violences le 1er octobre --déclenchée par l'assassinat de deux colons-- qui a fait sept morts parmi les Israéliens et une trentaine chez les Palestiniens, dont plusieurs auteurs d'attentat.

Une attaque concomitante à la voiture-bélier et au couteau a fait un mort israélien à Jérusalem-Ouest.

«Opérations héroïques» 

La tension demeure vive en Cisjordanie occupée, où les Palestiniens étaient appelés mardi à un «jour de colère» et où de nouveaux affrontements ont opposé des centaines de jeunes lanceurs de pierres et les soldats israéliens à Bet El, près de Ramallah, à Qalandiya et à Bethléem.

Un Palestinien de 28 ans a été tué dans des heurts, selon des sources médicales.

Dans la bande de Gaza, un millier de jeunes ont lancé des pierres et des engins incendiaires contre le point de passage d'Erez, sorte de forteresse israélienne dans la barrière de sécurité qui enferme Gaza. Au moins 32 Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens, selon les secours palestiniens.

Deux des trois Palestiniens auteurs des attentats de mardi ont été tués, un autre a été blessé par balles. Le seul survivant est un membre du Hamas, a assuré la sécurité intérieure.

L'organisation islamiste Hamas salue des «opérations héroïques» et estime que «l'intifada s'intensifie», a déclaré le porte-parole Sami Abou Zouhri à l'AFP.

A quelques minutes de l'attentat dans l'autobus, un Palestinien a foncé avec sa voiture sur des piétons à un arrêt d'autobus dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem-Ouest, tuant une personne et en blessant légèrement une autre.

Des centaines de blessés 

Des vidéos des caméras de surveillance diffusées sur internet montrent le conducteur sortant de sa voiture et s'acharnant sur au moins une personne avec une très longue lame. Puis des agents de sécurité tirent sur lui. La police a indiqué que l'agresseur avait succombé plus tard à ses blessures.

Dans la matinée, un Palestinien avait fait quatre blessés, dont un grave, à Raanana, au nord de Tel-Aviv, dans une attaque à l'arme blanche dont l'auteur a été maîtrisé, selon la police.

Outre les plus de 30 morts dans les violences, une centaine de personnes ont été blessées côté israélien et des centaines côté palestinien depuis le 1er octobre, selon les secours de part et d'autre.

Saëb Erakat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a annoncé la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) sur la manière dont les forces israéliennes ont neutralisé ces derniers jours certains des auteurs d'attentats. Au cours d'une conférence de presse à Ramallah, M. Erakat a évoqué des «exécutions extrajudiciaires».

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