Nouvelle offensive des talibans contre une grande ville afghane

Les rues de Ghazni étaient désertes mardi, au... (PHOTO RAHMATULLAH ALIZADAH, AFP)

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Les rues de Ghazni étaient désertes mardi, au lendemain de l'offensive qui a vu environ 2000 insurgés converger vers la ville, dont ils se sont approchés à moins de cinq kilomètres, selon le vice-gouverneur de la région, Mohammad Ali Ahmadi.

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Rahmatullah ALIZADAH
Agence France-Presse
GHAZNI, Afghanistan

Des tirs sporadiques ont secoué mardi les alentours de Ghazni, grande ville du Sud afghan où les forces gouvernementales ont repoussé la veille une offensive des talibans, deux semaines après leur assaut victorieux contre une autre capitale provinciale, Kunduz, dans le nord du pays.

Cette offensive contre Ghazni, capitale de la province éponyme au sud de Kaboul, a relancé les inquiétudes sur la volonté de la rébellion islamiste de progresser au-delà de ses fiefs ruraux du sud du pays et de s'en prendre pour la première fois depuis 2001 à de grands centres urbains.

Les rues de Ghazni étaient désertes mardi, au lendemain de l'offensive qui a vu environ 2000 insurgés converger vers la ville, dont ils se sont approchés à moins de cinq kilomètres, selon le vice-gouverneur de la région, Mohammad Ali Ahmadi.

«Mais ils ont rapidement été repoussés par les forces afghanes» après l'arrivée de renforts en provenance de provinces voisines, a-t-il précisé à l'AFP.

De nombreux habitants paniqués ont tenté de fuir vers Kaboul.

Cette offensive intervient deux semaines après la brève conquête de Kunduz par les talibans, leur plus grande victoire depuis 2001, et d'autres attaques contre des capitales régionales dans le nord du pays.

À Kunduz, dont les forces afghanes affirment avoir repris le contrôle, les talibans ont affirmé mardi s'être retirés stratégiquement des principaux carrefours, marchés et bâtiments gouvernementaux.

Des soldats afghans, soutenus par des forces spéciales de l'OTAN, continuent néanmoins à passer la ville au peigne fin, pour en chasser des groupes d'insurgés retranchés chez des habitants.

La chute de Kunduz le 28 septembre a constitué un échec cuisant pour les troupes afghanes formées par l'Occident, qui se sont retrouvées presque seules face à l'ennemi depuis la fin de la mission de combat de l'OTAN en décembre.

Emprise sur le Nord

La multiplication des affrontements dans les provinces voisines du Badakhshan et de Takhar laisse craindre que l'offensive de Kunduz n'ait inauguré une nouvelle stratégie des insurgés islamistes visant à renforcer leur emprise sur le Nord du pays.

Les talibans ont ainsi tenté la semaine passée de conquérir Maïmana, capitale de la province de Faryab, mais ils ont été repoussés par l'armée afghane appuyée par des milices progouvernementales.

«Avec ce genre d'opérations de guérilla visant de grandes villes, les talibans mettent à rude épreuve l'armée afghane, déjà dépassée», souligne l'analyste militaire Atiqullah Amarkhil, basé à Kaboul.

«Les talibans savent qu'ils ne peuvent prendre le contrôle d'une ville dans la durée, mais en conquérir une, même momentanément, est une grande victoire du point de vue de la propagande».

L'OTAN a annoncé mardi avoir mené l'une de ses plus grandes opérations conjointes avec l'armée afghane dans la province de Kandahar, détruisant un repaire d'Al-Qaïda implanté au coeur de ce fief historique des talibans.

Cette annonce intervient après une série de revers pour l'OTAN, particulièrement sous pression depuis que des raids américains, menés en soutien aux forces afghanes et de l'OTAN, ont touché un hôpital de Médecins sans frontières (MSF), faisant 22 morts.

Dimanche, un hélicoptère s'est écrasé accidentellement, entraînant la mort de cinq membres de l'OTAN, un contractant civil français, deux Britanniques et deux Américains.

Le même jour, les talibans avaient pris pour cible un convoi militaire britannique à Kaboul, blessant au moins trois civils.

Lundi, des hommes armés non identifiés circulant à moto ont tué par balle une femme travaillant avec l'ONU à Kandahar pour la défense des droits de l'homme. Une enquête est ouverte pour déterminer le mobile de l'assassinat.

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