Les attaques au couteau propagent l'anxiété chez les Israéliens

L'un des Palestiniens, qui a poignardé deux jeunes... (PHOTO AHMAD GHARABLI, AFP)

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L'un des Palestiniens, qui a poignardé deux jeunes juifs, l'un gravement, l'autre sérieusement, dans la colonie israélienne de Pisgat Zeev à Jérusalem-Est, a été abattu.

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Laurent LOZANO
Agence France-Presse
Jérusalem

La série d'agressions à l'arme blanche s'est poursuivie lundi à Jérusalem avec trois attaques contre des policiers et des jeunes juifs commises par des Palestiniens, dont deux ont été abattus, alors que rien ne semble arrêter l'engrenage de la violence.

«Le terrorisme au couteau ne nous vaincra pas», a martelé le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à l'ouverture d'une session du Parlement placée sous le signe des tensions qui parcourent Israël et les Territoires palestiniens.

Ces trois attaques portent à 18 le nombre d'agressions à l'arme blanche contre des Israéliens et des juifs depuis le 3 octobre.

Loin des attentats à la bombe meurtriers de la deuxième Intifida, ces agressions commises pour la quasi-totalité par des Palestiniens sans aucune coordination apparente ont fait deux morts et plus d'une vingtaine de blessés. Neuf agresseurs présumés ont été abattus.

Ces agressions s'ajoutent à la vive nervosité causée par les troubles désormais quotidiens qui secouent les Territoires palestiniens occupés et réveillent le spectre d'une nouvelle intifada.

La première agression s'est produite en matinée lors d'un contrôle près de la porte des Lions, à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, a indiqué la police.

Un homme identifié par les médias palestiniens comme Mustafa al-Khatib, 18 ans, de Jérusalem-Est, a porté un coup de couteau à un policier qui a été protégé par son équipement. Il a été abattu par d'autres policiers.

Litanie des funérailles

Dans l'après-midi, à la limite de Jérusalem-Est et Ouest, une jeune femme a poignardé et blessé, apparemment légèrement, un garde-frontière, selon la police. Il a tiré son arme et fait feu. Cette écolière de 17 ans, selon son entourage, a été emmenée à l'hôpital.

Plus tard, dans la colonie israélienne de Pisgat Zeev à Jérusalem-Est, un juif de 13 ans qui circulait à bicyclette a été blessé -et se trouve dans un état critique- et un second de 25 ans a été grièvement blessé par deux Palestiniens d'un quartier voisin. L'un des agresseurs présumés, âgé de 17 ans, a été abattu et l'autre, âgé de 13 ans a été grièvement blessé par les policiers.

Une vidéo publiée par les médias palestiniens montre après les faits le plus jeune d'entre eux au sol, dans son sang, et des passants souhaitant sa mort.

Les tensions plus ou moins latentes depuis des mois entre Palestiniens et Israéliens se sont brutalement amplifiées après l'assassinat de deux colons en Cisjordanie occupée le 1er octobre.

Les affrontements entre jeunes lanceurs de pierres palestiniens et forces israéliennes qui tirent à balles réelles sont maintenant quotidiens, les agressions mutuelles sont permanentes entre Palestiniens et colons et les attaques au couteau se multiplient.

Les funérailles qui se succèdent alimentent la rage d'une jeunesse confrontée aux vexations de l'occupation, frustrée par le manque de perspectives et désabusée par ses dirigeants.

De nombreux enfants, revêtus d'un treillis pour certains, encagoulés et brandissant des armes en plastique, se sont mêlés lundi aux centaines de personnes qui ont porté, à bout de bras, le corps drapé dans le drapeau palestinien d'Ahmed Charaké, 13 ans, à travers le turbulent camp de réfugiés de.

«C'était Ahmed»

L'adolescent a été tué dimanche lors de heurts à Ramallah.

«Il est parti sans me prévenir. J'ai vu à la télé qu'il y avait un mort, ce n'est qu'après qu'on m'a dit que c'était Ahmed», a raconté à l'AFP sa mère éplorée, Houda.

Presque rituellement, des dizaines de jeunes sont ensuite allés défier en jetant des cailloux les soldats au poste de contrôle israélien de Bet El, près de Ramallah.

Environ 25 Palestiniens, dont des auteurs présumés d'attaques à l'arme blanche, ont été tués depuis le 1er octobre.

Parmi eux figurent onze Palestiniens de la bande de Gaza.

D'abord resté à l'écart, le territoire séparé de la Cisjordanie occupée et censé former avec elle un futur État palestinien, a été entraîné vendredi dans la spirale des violences. De jeunes Gazaouis sont de nouveau allés lundi exprimer leur colère devant la barrière de sécurité qui enferme Gaza et certains d'entre eux a réussi à la percer pour pénétrer en Israël, ont rapporté des témoins.

Les jours précédents, ils avaient été interceptés par les soldats israéliens.

M. Nétanyahou a appelé le président palestinien Mahmoud Abbas à stopper les «incitations à la haine» du côté palestinien et à condamner les attentats anti-israéliens.

Ce sont «les exécutions, les massacres et la colonisation du gouvernement Nétanyahou qui exacerbent la violence, l'extrémisme et le bain de sang», a rétorqué Saëb Erakat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

L'agitation a gagné la communauté des Arabes israéliens (17,5% de la population), qui est appelée à une grève générale mardi. Descendants des Palestiniens restés sur le territoire israélien après 1948, ils sont citoyens israéliens et largement solidaires des Palestiniens des Territoires.

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