Un convoi de l'OTAN visé par un attentat suicide à Kaboul

La zone a rapidement été bouclée par les... (Photo Wakil Kohsar, AFP)

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La zone a rapidement été bouclée par les forces de sécurité et les forces de l'OTAN, alors que de nombreuses ambulances convergeaient toutes sirènes hurlantes vers le lieu de l'attentat qui était parsemé de débris, selon un photographe de l'AFP.

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Mushtaq MOJADDIDI
Agence France-Presse
KABOUL

Un kamikaze taliban a fait exploser dimanche son véhicule au passage d'un convoi de l'OTAN à Kaboul, signe de l'instabilité persistante en Afghanistan, deux semaines après la prise spectaculaire de Kunduz.

Cet attentat suicide, commis à une heure de pointe dans le centre de la capitale afghane, a blessé au moins trois civils, dont un bébé.

Un bilan relativement léger au vu de l'intensité de la déflagration, qui a projeté une épaisse colonne de fumée dans le ciel de Kaboul. Sous l'effet de l'explosion, un véhicule blindé est allé violemment percuter le bord de la rue.

«Un kamikaze a fait exploser son véhicule rempli d'explosifs dans le secteur de Joy Shir, à Kaboul», a déclaré le ministère de l'Intérieur. «La cible était un convoi des forces étrangères.»

La zone a rapidement été bouclée par les forces de sécurité et les forces de l'OTAN, alors que de nombreuses ambulances convergeaient toutes sirènes hurlantes vers le lieu de l'attentat qui était parsemé de débris, selon un photographe de l'AFP.

«Le ministère de l'Intérieur condamne de la façon la plus forte l'attentat suicide qui a blessé trois civils», a poursuivi le ministère.

Un responsable de la police de Kaboul a précisé qu'une femme et un enfant figuraient au nombre des blessés.

Une voiture remplie d'explosifs

Un responsable de l'OTAN à Kaboul a confirmé à l'AFP cet attentat, sans donner plus de détail. Il survient dans un contexte de forte instabilité sur le plan militaire en Afghanistan.

Les insurgés talibans étaient parvenus le 28 septembre à s'emparer en quelques heures seulement de la ville stratégique de Kunduz, dans le nord du pays.

Cette prise de contrôle, même si elle n'a duré que quelques jours, avait signé leur plus grande victoire depuis 2001, constituant aussi un grave revers pour le président Ashraf Ghani, au pouvoir depuis un an.

Les forces de sécurité afghanes ne leur avaient opposé qu'une faible résistance, symptomatique des énormes difficultés qu'elles rencontrent pour contenir les combattants islamistes.

Les talibans ont affirmé dimanche que l'attentat suicide avait été commis en représailles aux «bombardements barbares» de Kunduz par les forces étrangères et gouvernementales.

«Une Toyota bourrée d'explosifs a été utilisée dans cette attaque. Deux blindés ont été détruits et 12 étrangers ont été tués», a affirmé dans un communiqué un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid.

Les talibans, dont le régime en Afghanistan avait été renversé en 2001 par une intervention conduite par les États-Unis, sont connus pour exagérer les bilans de leurs opérations.

L'armée afghane, bénéficiant d'un soutien aérien de la coalition de l'OTAN, a lancé une vaste contre-offensive pour reprendre Kunduz, ce qui a selon elle été chose faite.

Pour autant, des échanges de coups de feu continuent sporadiquement d'éclater à Kunduz, où les forces afghanes et étrangères traquent les combattants talibans qui s'y terreraient encore.

Cette grande ville n'était peut-être pas le seul objectif des talibans, qui ont aussi étendu leurs opérations aux provinces du Badakhshan, de Baghlan et de Takhar.

L'armée afghane est d'autant plus surmenée qu'elle ne peut plus compter sur l'appui au sol de l'OTAN. Depuis la fin de sa mission de combat, l'Alliance atlantique se cantonne à des missions de soutien et de formation.

La coalition est cependant sous le feu de vives critiques internationales en raison du bombardement américain le 3 octobre de l'hôpital de Médecins sans Frontières (MSF) à Kunduz qui a tué au moins 22 personnes.

Le président américain Barack Obama a présenté ses excuses à MSF mercredi, et le Pentagone a annoncé samedi que les États-Unis indemniseraient toutes les victimes de ce bombardement.

Interrogé par l'AFP, MSF a indiqué dimanche n'avoir officiellement reçu aucune proposition d'indemnisation.

L'ONG a cependant rappelé que sa ligne directrice constante avait toujours été de ne pas accepter de financements gouvernementaux en Afghanistan ou sur d'autres théâtres de conflits.

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