Yémen: nouveau raid meurtrier lors d'un mariage

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Le 28 septembre, 131 personnes, dont des femmes et des enfants, avaient été tuées par un raid sur une fête de mariage dans la région de Mokha (sud-ouest), mais la coalition avait nié en être responsable.

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Jamal AL-JABIRI
Agence France-Presse
SANAA

Un bombardement au Yémen, imputé par les rebelles à un raid aérien de la coalition sous commandement saoudien, a fait 28 morts dans une fête de mariage, en dépit de progrès signalés par l'ONU dans les efforts de paix.

La coalition arabe, régulièrement critiquée par des ONG pour les centaines de civils tués depuis le début en mars de son intervention militaire au Yémen, a nié jeudi toute implication dans ce nouveau bombardement.

Des témoins ont indiqué qu'une maison où se déroulait une fête de mariage avait été touchée mercredi par une frappe aérienne de la coalition à Sanban, province de Dhamar, à 100 km au sud de la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles chiites Houthis.

«L'hôpital de Dhamar a reçu 13 corps et 38 blessés», a déclaré à l'AFP une source médicale, avant de réviser ce bilan à 28 morts.

«Les avions de la coalition ont lancé l'attaque. La maison a été complètement détruite», a témoigné un résidant, Taha al-Zuba, ajoutant que «des avions de combat avaient été entendus dans le secteur» avant le bombardement.

La coalition a vivement réagi à ces accusations. «Nous n'avons mené aucune opération à Dhamar», a déclaré à l'AFP son porte-parole, le général de brigade saoudien Ahmed al-Assiri, ajoutant: «Il n'y a pas eu de raids aériens. C'est certain».

Le 28 septembre, 131 personnes, dont des femmes et des enfants, avaient été tuées par un raid sur une fête de mariage dans la région de Mokha (sud-ouest), mais la coalition avait nié en être responsable.

«Nouveau crime»

Les Houthis, qui contrôlent une partie du Yémen, dont la capitale, ont accusé jeudi l'Arabie saoudite d'avoir commis «un nouveau crime». C'est «l'aviation de l'agression saoudienne» qui a bombardé la maison, a assuré l'agence de presse Saba qu'ils contrôlent.

L'Arabie saoudite conduit une coalition militaire arabo-sunnite qui tente de venir à bout des Houthis, rebelles issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme) au Yémen et accusés de liens avec l'Iran, pour réinstaller à Sanaa le président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale.

Selon l'ONU, quelque 5000 personnes ont été tuées et 25 000 blessées, dont de nombreux civils, depuis mars au Yémen.

À Aden, un général de l'armée et un responsable de la lutte antiterroriste ont été abattus par des hommes circulant à moto, dans deux attaques distinctes, selon des sources de sécurité.

Ces opérations illustrent l'insécurité dans la ville du sud qui a connu mardi des attaques contre le siège provisoire du gouvernement et des sites militaires de la coalition, revendiquées par le groupe djihadiste sunnite État islamique (EI).



Rebelles prêts au compromis?

À New York, le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric a déclaré mercredi que les Houthis avaient affirmé être prêts à participer à des discussions fondées sur la résolution 2216 de l'ONU, ordonnant leur retrait des territoires conquis depuis l'an dernier.

«C'est un pas important», a-t-il ajouté.

Le parti de l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, l'allié des Houthis, a aussi annoncé accepter un plan de paix «en sept points élaborés par l'émissaire de l'ONU», et prévoyant la mise en oeuvre de la résolution 2216.

L'émissaire de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed «estime que le gouvernement du Yémen, les Houthis et leurs alliés devraient accepter son invitation à se joindre à des pourparlers de paix sur cette base», a expliqué M. Dujarric.

Une première tentative pour réunir les parties yéménites autour d'une table de négociations à Genève avait échoué en juin. En septembre, l'ONU avait affirmé avoir reçu des assurances sur une reprise prochaine des négociations, en vain.

Le gouvernement du président Hadi exige une application sans condition de la résolution 2216, un préalable selon lui à tout dialogue avec les rebelles.

Dans un message adressé le 3 octobre au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, les Houthis ont confirmé leur acceptation du plan de l'ONU, «incluant la résolution 2216 à mettre en oeuvre selon un mécanisme à convenir» par les protagonistes, a annoncé leur porte-parole, Mohamed Abdessalam, cité par l'agence Saba.

Mais un membre de la délégation gouvernementale, Abdelwahab al-Homayqani, a réagi jeudi avec réserve, indiquant que les Houthis «n'ont pas annoncé (formellement) leur engagement à appliquer la 2216».

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