Au moins neuf civils tués dans un attentat en Afghanistan

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Le drapeau de l'Afghanistan

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Usman SHARIFI
Agence France-Presse
KABOUL

Au moins 9 personnes ont été tuées et 33 blessées dimanche dans un attentat non revendiqué contre une rencontre sportive dans le sud-est de l'Afghanistan, au moment où l'organisation de l'État islamique lançait une de ses premières offensives contre la police afghane.

Après un répit lors de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, cette attaque contre un terrain de sport illustre la détermination des insurgés islamistes à continuer le «jihad», un an après l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement d'union nationale dirigé par le président Ashraf Ghani.

Les rebelles talibans ont dit ne pas être impliqués dans cette attaque dans la province de Paktika (sud-est). Cette région frontalière du Pakistan est très instable et considérée comme le bastion du réseau Haqqani, la branche la plus dure des talibans.

«Nos informations font état de 9 morts, tous des civils», a indiqué à l'AFP Sediq Sediqqi, porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur. Le chef de la police de Paktika, Zarawar Zahid, a donné un bilan légèrement supérieur, évoquant 10 morts et 33 blessés, dont des enfants. «L'ennemi avait dissimulé les explosifs sur une moto et les a fait exploser sur le bord du terrain», a-t-il ajouté.

M. Zahid a évoqué un match de volleyball, mais selon le ministère de l'Intérieur il se serait agi de cricket.

Aref, un témoin de l'attaque, a dit à l'AFP que l'explosion avait eu lieu «alors que le match se déroulait. C'était un vrai bain de sang».

Le chef de l'exécutif afghan, Abdullah Abdullah, a «fermement» condamné cette attaque sur Twitter.

Déjà en novembre 2014, dans cette même province de Paktika, un attentat, perpétré lors d'un match de volleyball avait tué 57 personnes.

Le volleyball, comme de très nombreux sports, était interdit à l'époque où les talibans dirigeaient l'Afghanistan (1996-2001). Mais dans un message reçu par l'AFP les insurgés ont dit ne pas être derrière cette attaque. Ils se distancient généralement des attentats qui font des victimes civiles et affirment cibler uniquement les troupes afghanes et les quelque 13 000 soldats étrangers de la mission de l'OTAN dans le pays.

Pour autant, au premier semestre les violences contre les civils ont fortement augmenté, atteignant un record de 1592 morts et 3329 blessés, selon la mission de l'ONU en Afghanistan.

La concurrence de l'EI 

Après plus de 13 ans de conflit, les talibans et le gouvernement afghan avaient entamé des premiers pourparlers de paix directs au Pakistan début juillet. Mais la révélation de la mort de leur figure tutélaire, le mollah Omar, décédé il y a deux ans, puis la désignation très controversée de son successeur, le mollah Akhtar Mansour, ont précipité leur interruption.

Outre une crise de succession, les talibans doivent gérer l'implantation progressive de l'organisation de l'État islamique en Afghanistan, leur ennemi déclaré.

Signe de la pression croissante qu'exerce l'EI sur les troupes afghanes, des militants se réclamant de l'organisation extrémiste ont lancé dimanche à l'aube une de leurs premières offensives contre la police afghane dans la province de Nangarhar, frontalière du Pakistan.

Ils ont concentré leur attaque sur «des postes de la police aux frontières et de la police locale», selon Mohammad Ayoub Hussain qui commande les forces chargées de surveiller la frontière orientale de l'Afghanistan.

De même source, deux policiers ont été tués dans l'offensive. Selon Sediq Sediqqi, «la police afghane a lancé une contre-offensive appuyée par des frappes aériennes» et le bilan est de trois morts du côté des policiers afghans. Et sur Twitter, le NDS, l'agence afghane de renseignement a affirmé que «85 membres de l'EI ont péri» dans les combats.

Les combattants qui se réclament de l'EI sont souvent d'anciens talibans déçus par leur direction.

Dans un rapport écrit en juin et publié vendredi, l'ONU a noté une «expansion virale de la marque État islamique» en Afghanistan, déchiré depuis 2001 par le conflit qui oppose les talibans aux forces gouvernementales, désormais seules en première ligne depuis la fin de la mission de combat de l'OTAN en décembre dernier.

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