Deux millions de pèlerins se préparent pour le hajj

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Après le rite de la lapidation qui peut durer deux à trois jours, les pèlerins concluent leur hajj par de nouvelles circonvolutions autour de la Kaaba, construction cubique s'élevant au centre de la Grande mosquée de La Mecque vers laquelle se tournent les musulmans pour prier.

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Lynne AL-NAHHAS
Agence France-Presse
Mont Arafat

Les quelque deux millions de pèlerins réunis à La Mecque pour accomplir le hajj, l'un des cinq piliers de l'islam, refluaient mercredi soir sur la plaine de Mouzdalifa pour marquer jeudi la fête du Sacrifice, célébrée par 1,5 milliard de musulmans à travers le monde.

Après une journée de prière sur le Mont Arafat, les pèlerins tous vêtus de blanc et venus des quatre coins du monde, se dirigeaient par centaines de milliers vers Mouzdalifa pour marquer l'Aïd al-Adha, qui consiste à immoler une bête en mémoire d'Abraham. Ce dernier, avait selon la tradition failli immoler son fils Ismaïl avant que l'ange Gabriel ne lui propose in extremis de sacrifier un mouton à sa place.

«Je me sens bénie. J'ai eu la chair de poule et un sentiment indescriptible en atteignant le sommet» rocailleux du Mont Arafat, a témoigné Ruhaima Emma, une Philippine de 26 ans, après une journée de prière et d'invocation sur ce mont, appelé également Mont de la Miséricorde.

Les fidèles avaient afflué dès l'aube mercredi sur ce mont distant de 15 kilomètres de La Mecque, alors que la température ne cessait de grimper. Ils avaient auparavant passé la nuit dans la vallée de Mina, à quelques kilomètres de la Grande mosquée de la ville sainte.

Le Mont Arafat, colline dénudée de moins de 100 mètres de haut, est un lieu sacré de l'islam depuis que le prophète Mahomet y a fait son dernier sermon, il y 14 siècles, selon la tradition musulmane.

Une fois sur place, les fidèles se consacrent à la prière.

«Pour la victoire des opprimés»

«J'ai prié pour que chacun ait une bonne vie», a rapporté Ruhaima Emma. «Je prie pour la victoire de tous les opprimés», a indiqué de son côté Akhram Gannam, 45 ans, venu de Syrie, pays déchiré par une guerre civile.

Le flot des pèlerins, qui étaient nombreux à s'abriter du soleil à l'aide de parapluies de toutes les couleurs, a été canalisé par les cordons des forces de sécurité saoudiennes et de volontaires qui distribuaient de l'eau et de la nourriture.

Les sirènes de police résonnaient et les hélicoptères survolaient les lieux alors que les fidèles quittaient le Mont Arafat en fin de journée pour la plaine de Mouzdalifa.

Les forces de sécurité, déployées le long du chemin, exhortaient les pèlerins à pied à circuler sur un côté de la route pour permettre aux autobus de fidèles d'avancer vers Mouzdalifa, où ils devraient passer la nuit.

D'autres pèlerins prennent le métro Al-Machaer, une ligne surélevée reliant Arafat, Mouzdalifa et Mina, ville de toile érigée pour l'occasion à 8 km de Mouzdalifa où les fidèles se consacrent à la lapidation des stèles représentant Satan.

Après le rite de la lapidation qui peut durer deux à trois jours, les pèlerins concluent leur hajj par de nouvelles circonvolutions autour de la Kaaba, construction cubique s'élevant au centre de la Grande mosquée de La Mecque vers laquelle se tournent les musulmans pour prier.

Pas d'incident majeur 

L'Arabie saoudite a mobilisé 100 000 policiers pour le pèlerinage qui n'a connu jusqu'ici aucun incident majeur.

Il a été toutefois précédé par la chute, le 11 septembre, d'une grue sur le chantier d'agrandissement de la Grande mosquée de La Mecque qui a fait 109 morts et plus de 400 blessés, selon un dernier bilan.

Selon les autorités saoudiennes, 1,4 million de pèlerins sont venus cette année de l'étranger et des centaines de milliers de l'intérieur du royaume.

Le hajj se déroule cette année sur fond de menaces djihadistes et au moment où l'Arabie saoudite est engagée militairement au Yémen où elle conduit une coalition contre des rebelles chiites, que le Grand mufti d'Arabie saoudite, le cheikh Abdelaziz al-Cheikh, a qualifiés mercredi lors de son prêche annuel de «groupe de criminels».

Les autorités ont affirmé avoir pris toutes les précautions contre les risques d'attaques, d'autant plus que le groupe extrémiste sunnite État islamique (EI) a revendiqué deux attentats sanglants contre des mosquées chiites dans l'est du royaume.

Elles ont également mobilisé des armées de médecins et d'infirmiers pour faire face au risque d'une épidémie du coronavirus MERS, dont l'Arabie saoudite est le premier foyer au monde.

Le hajj a commencé mardi avec les fidèles entrant dans un état de purification appelé «ihram». Les hommes ne portent depuis que deux pièces de tissu blanc non cousues et les femmes un habit couvrant leur corps à l'exception du visage et des mains.

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