Les talibans admettent que le mollah Omar était mort depuis deux ans

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Agence France-Presse
KABOUL

Les talibans afghans ont admis lundi avoir caché pendant plus de deux ans la mort de leur chef historique, le mollah Omar, afin de garder leur élan sur le terrain contre les forces de l'OTAN qui s'apprêtaient à plier bagage.

Les insurgés islamistes attribuaient encore jusqu'en juillet des communiqués et des déclarations au mollah Omar qui n'avait pas été vu en public, hors des cercles talibans, depuis l'invasion de l'Afghanistan à la fin 2001 par une coalition menée par les États-Unis.

Les talibans avaient néanmoins confirmé son décès fin juillet, après une annonce surprise des services secrets afghans, selon lesquels il s'était éteint le 23 avril 2013 dans un hôpital de Karachi, mégalopole du sud du Pakistan, sans toutefois confirmer cette date.

Or lundi, les insurgés ont admis pour la première fois que le mollah Omar était bien mort le 23 avril 2013.

«De nombreux membres de longue date du conseil suprême de l'Émirat islamique (nom officiel des talibans afghans) et des responsables religieux avaient décidé d'un commun accord de cacher l'annonce tragique de la mort (du mollah Omar)», ont admis les talibans dans un communiqué.

Les insurgés ont affirmé «qu'une des principales raisons» justifiant ce secret est que 2013 était une année charnière pour «tester leurs forces» face aux soldats de l'OTAN qui ont mis un terme, à la fin 2014, à leur mission de combat dans le pays.

L'OTAN conserve depuis une force résiduelle de 13 000 soldats chargés d'appuyer et de former les forces afghanes désormais seules en première ligne face à l'insurrection talibane.

Les talibans s'étaient engagés timidement en juillet dernier dans un processus de paix avec le gouvernement de Kaboul, mais l'annonce de la mort du mollah Omar, doublée des querelles sur sa succession, ont conduit au report sine die d'un second round de pourparlers.

Cette confession apparaît en fait dans une biographie du nouveau chef des talibans, le mollah Mansour, qui cherche à asseoir son autorité à la tête de la rébellion, de nombreux commandants l'accusant d'avoir été désigné au terme d'un processus éclair et non consensuel, et d'avoir caché la vérité sur le sort du mollah Omar.

Né en 1968 dans la province de Kandahar, le mollah Mansour a combattu à l'adolescence les forces soviétiques alors déployées en Afghanistan, avant de jouer «un rôle crucial» dans la formation et le développement du mouvement des talibans créé en 1994 par le mollah Omar, selon le texte mis en ligne sur le site officiel des talibans.

La biographie propagandiste est truffée de détails sur le mode de vie frugal du nouveau chef taliban - qui «déteste et évite les extravagances», porte des «vêtements propres», «parle peu et essaie d'écouter davantage les autres» - et fait l'apologie d'un homme connu pour son «flair» en matière de djihad, la guerre sainte.

Ce texte élogieux à l'égard de cet ancien ministre de «l'Aviation et du Tourisme» dans le gouvernement taliban (1996-2001), mû «par un amour profond» du savoir et blessé à «deux reprises» au combat, se conclut sur une justification juridique, au sens de la charia, la loi islamique, de son élection à la tête de la rébellion.

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