Au moins 12 morts dans un attentat suicide à Kaboul

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Des militaires inspectent un véhicule endommagé par la déflagration.

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Usman SHARIFI
Agence France-Presse
KABOUL

Au moins 12 personnes, dont trois Américains employés de l'OTAN, ont été tuées samedi dans un attentat contre les forces étrangères à Kaboul, une attaque qui rappelle la précarité de la situation dans la capitale afghane, ensanglantée par des attaques des talibans au début du mois.

Les talibans ont démenti être derrière cet attentat qui a visé un convoi de «Soutien Résolu», la mission de l'OTAN dans le pays, mais les forces étrangères de l'Alliance atlantique et leurs homologues afghans constituent les cibles de prédilection des insurgés islamistes dans ce conflit qui dure depuis la chute de leur régime en 2001.

Par ces attaques, ils démontrent qu'ils sont capables de déjouer l'appareil sécuritaire au coeur de la capitale afghane, malgré la crise qui secoue leur direction depuis la désignation fin juillet de leur nouveau leader, le contesté mollah Akhtar Mansour.

La déflagration, entendue à plusieurs kilomètres à la ronde, s'est produite vers 16H00, heure de sortie des bureaux, dans le quartier résidentiel de Macroyan, à proximité d'un hôpital, a indiqué à l'AFP Fraïdoun Obaïdi, chef de la police judiciaire de Kaboul.

Le porte-parole du ministère afghan de la Santé, Wahidullah Mayar, a assuré que 12 personnes avaient été tuées et plus de 60 autres blessées. Sayed Kabir Amiri, le directeur des hôpitaux publics afghans, a confirmé ce bilan.

«Un sous-traitant civil américain de ''Soutien Résolu'' a été tué et deux autres sous-traitants civils américains de ''Soutien Résolu'' ont succombé à leurs blessures à la suite de ... l'attaque de leur convoi à Kaboul», a indiqué l'OTAN dans un communiqué.

«Au lieu de saisir l'occasion d'opter pour la paix, les insurgés (talibans) ont une nouvelle fois choisi la violence pour montrer qu'ils restent actifs», a déclaré l'OTAN dans un autre communiqué.

«Trop c'est trop»

Quelque 13 000 soldats de l'OTAN et plusieurs milliers de sous-traitants civils sont encore déployés en Afghanistan dans le cadre de «Soutien résolu», une mission de conseil et de formation de leurs homologues afghans et sont les cibles de prédilection des rebelles talibans.

Mais les civils payent le prix fort dans le conflit afghan, qui dure depuis plus de 13 ans. Dans la première moitié de cette année, les violences contre les civils ont atteint un record avec 1592 morts et 3329 blessés, selon la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama).

«Trop c'est trop. Tuez-nous ou laissez-nous vivre en paix!», s'est exclamée une passante témoin de l'explosion, sur la chaîne d'information Tolo News.

Cette explosion survient deux semaines après une série de quatre attentats qui avaient ensanglanté la capitale afghane et fait près de 60 morts.

Trois d'entre eux ont été revendiqués par les rebelles talibans, dont l'offensive estivale est particulièrement meurtrière cette année malgré les remous engendrés par la désignation d'un nouveau chef, le mollah Akhtar Mansour, successeur de leur défunt leader historique, le mollah Omar. Car une frange non négligeable des rebelles talibans, dont une partie de la famille du mollah Omar, nie toute légitimité au nouveau chef, auquel Ayman al-Zawahiri, numéro un d'Al-Qaïda, a toutefois fait allégeance.

Les observateurs estiment que ces attaques sont destinées à démontrer que le mollah Mansour compte poursuivre le jihad dans les pas de son prédécesseur et convaincre les talibans les plus sceptiques.

Les attentats du début du mois avaient soulevé une vague d'indignation et poussé le président afghan Ashraf Ghani à accuser son voisin pakistanais d'envoyer un «message belliqueux», en écho aux accusations de nombre d'Afghans qui jugent que le Pakistan souffle le chaud et le froid sur l'insurrection talibane.

Et, depuis, les pourparlers de paix entre Kaboul et les talibans, dont un premier round avait eu lieu au Pakistan début juillet, sont en suspens malgré une rencontre afghano-pakistanaise sur le sujet il y a une dizaine de jours.

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