Cri d'alarme de l'ONU et du CICR sur la malnutrition au Yémen

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«Affamer délibérément les civils dans les conflits internationaux ou internes peut constituer un crime de guerre, et peut aussi constituer un crime contre l'humanité en cas de blocage de la nourriture et l'approvisionnement», met en garde le communiqué de l'ONU.

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Agence France-Presse
GENÈVE

Le président du CICR et le rapporteur des Nations Unies sur le droit à la nourriture ont lancé mardi un cri d'alarme sur l'aggravation rapide de la situation humanitaire au Yémen, appelant le monde à «ouvrir les yeux sur ce qui se passe».

Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), s'est dit horrifié par les souffrances dont il a été le témoin au Yémen. Pendant la visite de trois jours qu'il vient d'effectuer dans le pays, il s'est rendu à Sanaa et Aden et a rencontré de hauts responsables yémenites.

«La situation humanitaire est pour le moins catastrophique. Aucune famille n'est épargnée par ce conflit. La population vit dans des conditions épouvantables et la situation empire de jour en jour. Le monde doit ouvrir les yeux sur ce qui se passe ici», a déclaré Peter Maurer.

Même constat sur le niveau de malnutrition pour le rapporteur des Nations Unies Hilal Elver, en particulier sur le cas de 850 000 enfants souffrant de malnutrition sévère.

«La situation concernant les enfants est particulièrement alarmante, des rapports indiquent que 850 000 souffrent de malnutrition sévère, un chiffre dont on attend qu'il atteigne 1,2 million dans les prochaines semaines si le conflit persiste au niveau actuel», déclare dans un communiqué M. Elver.

«Alors que l'escalade du conflit continue, plus de 12,9 millions de personnes survivent maintenant sans un accès adéquat à des aliments de base», souligne le rapporteur des Nations Unies.

Le siège de divers gouvernorats a empêché l'approvisionnement, notamment en blé, des populations civiles et les raids aériens de la coalition arabe ont visé des marchés locaux et des camions de vivres, relève le communiqué.

«Affamer délibérément les civils dans les conflits internationaux ou internes peut constituer un crime de guerre, et peut aussi constituer un crime contre l'humanité en cas de blocage de la nourriture et l'approvisionnement», met en garde le communiqué.

Il s'inquiète également de l'accès à la nourriture et à l'eau pour les prisonniers et rappelle que le Yémen importe 80% de ses besoins alimentaires.

Le rapporteur demande une nouvelle trêve humanitaire, comme celle appliquée à la fin du ramadan le mois dernier, afin de permettre d'approvisionner les civils en nourriture et en médicaments.

La guerre au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a fait plus de 4.345 morts, selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le CICR estime à 1,3 million le nombre de déplacés.

«On ne peut pas continuer ainsi. Le Yémen est au bord de l'effondrement. Il faut de toute urgence rétablir la libre circulation des marchandises dans le pays et lever les obstacles aux livraisons de nourriture, d'eau et de médicaments. (...) La priorité doit aussi aller à la recherche d'une solution politique rapide», a affirmé M. Maurer, qui estime que les organisations humanitaires ne parviennent pas à faire plus.

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