Afghanistan: un nouvel attentat fait au moins 21 morts

Un homme veille sur un blessé dans l'attentat à... (PHOTO NASIR WAQIF, AFP)

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Un homme veille sur un blessé dans l'attentat à l'hôpital de Kunduz.

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Agence France-Presse
Gul RAHIMKUNDUZ

Un attentat des rebelles talibans a tué 21 personnes en Afghanistan, dernière attaque d'une série qui ensanglante le pays, au moment où la nouvelle direction des insurgés semble vouloir montrer sa détermination à poursuivre le djihad entamé sous la férule du défunt mollah Omar.

Selon le ministère afghan de l'Intérieur, les 21 victimes de cette attaque survenue samedi soir sont toutes des civils, mais pour les autorités locales il s'agit de miliciens antitalibans.

Cette nouvelle attaque survenue dans la province de Kunduz (nord) s'inscrit dans une vague de violences qui touche l'Afghanistan, et plus particulièrement Kaboul, depuis jeudi.

Trois attentats commis en plein coeur de la capitale afghane ont fait 51 morts et plus de 200 blessés, dont 27 morts lors d'un attentat suicide contre une académie de police vendredi soir. Deux de ces attaques ont été revendiquées par les talibans, dont l'insurrection, lancée à la chute de leur régime en 2001, s'étend désormais à la quasi-totalité du pays.

Il s'agit de la première série d'attaques d'envergure depuis la désignation du mollah Akhtar Mansour à la tête des talibans, en remplacement du mollah Omar, leur chef historique, dont la mort a été annoncée la semaine dernière.

Les circonstances de l'attentat de samedi soir à Kunduz restent pour l'heure floues. Selon le ministère de l'Intérieur, les «21 civils» ont péri dans un «attentat-suicide» dans le district de Khanabad, mais les autorités locales ont plutôt évoqué le décès de «miliciens» antitalibans par «une bombe artisanale». Chose certaine, les talibans ont, eux, revendiqué cette attaque.

Combats violents à Kunduz

La province de Kunduz, une région-clé pour les échanges commerciaux à la frontière avec le Tadjikistan, est devenue ces derniers mois le théâtre de très violents affrontements entre les talibans d'un côté, et l'armée et des milices à la réputation sulfureuse, de l'autre.

Signe des difficultés qu'éprouvent les forces afghanes à stabiliser le pays depuis la fin de la mission de combat de l'OTAN, remplacée par une mission de conseil et de formation des troupes afghanes, les talibans ont même réussi à progresser jusque dans les faubourgs de la ville de Kunduz, avant d'en être repoussés.

Par cette cascade d'attaques, la nouvelle direction des insurgés pourrait vouloir montrer aux plus sceptiques qu'elle est toujours aussi déterminée à poursuivre le «djihad» contre les forces locales et leurs alliés de l'OTAN, estiment des analystes afghans interrogés par l'AFP. Pour Abdul Hadi Khaled, un expert afghan en sécurité, «c'est une démonstration de force».

Le mollah Mansour est en effet loin de faire l'unanimité au sein de ses propres combattants. Une partie d'entre eux l'accuse d'avoir été couronné au terme d'un processus de désignation expéditif et d'avoir menti pendant deux ans sur l'état de santé du mollah Omar, qui s'est éteint en avril 2013 au Pakistan, selon les services secrets afghans.

L'annonce de la mort du mollah Omar doublée de la crise interne au sein des rebelles a d'ailleurs forcé le report de pourparlers de paix avec le gouvernement afghan entamés il y a un mois au Pakistan voisin sous la supervision de la Chine et des États-Unis.

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