Yémen: les ONG tirent la sonnette d'alarme

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Les combats se sont poursuivis, malgré une trêve de cinq jours, initiée par la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite, qui doit expirer vendredi soir.

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Agence France-Presse

Des ONG se sont alarmées jeudi de la situation humanitaire au Yémen où le blocus naval imposé par la coalition arabe «tue», selon MSF, autant que la guerre qui ne connaît pas de répit notamment dans le sud du pays.

Les forces loyales au président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi ont repris du terrain aux rebelles chiites Houthis autour d'Aden, deuxième ville du Yémen reconquise la semaine dernière, ont indiqué des sources militaires.

Les combats se sont en effet poursuivis, malgré une trêve de cinq jours, initiée par la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite, qui doit expirer vendredi soir.

La guerre au Yémen a fait en quatre mois près de 4000 morts, dont la moitié des civils selon l'ONU.

La coalition a lancé le 26 mars une campagne de raids aériens pour soutenir le président Hadi, réfugié en Arabie saoudite, contre les Houthis soutenus par l'Iran qui avaient conquis l'an dernier de larges pans du territoire, dont la capitale Sanaa et progressaient dans le sud du Yémen.

Après quatre mois de guerre, les rebelles, soutenus par les unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, ont dû céder du terrain à Aden et subir la pression des forces loyalistes, engagées dans une bataille pour la reconquête d'autres territoires dans le sud.

La reprise d'Aden a permis la livraison de cargaisons humanitaires.

«Le blocus tue autant que le conflit»

La semaine dernière, un premier bateau humanitaire affrété par l'ONU avait pu accoster au port d'Aden où ont suivi des cargaisons d'aide dépêchées par des pays de la coalition, dont l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Mais le blocus naval, que la coalition continue d'imposer aux autres régions du Yémen, «tue autant que le conflit» armé, a prévenu la chef de Médecins sans frontières (MSF), Joanne Liu, qui a achevé jeudi une visite au Yémen.

L'ONU avait demandé que l'Arabie saoudite allège le blocus naval qu'elle impose aux ports yéménites afin de laisser davantage de navires commerciaux ravitailler le pays.

Le Yémen dépend à 90% des importations pour son carburant et la nourriture et à 100% pour les médicaments et les produits pharmaceutiques.

Mais le porte-parole de la coalition, le Saoudien Ahmed Assiri, a rejeté les accusations de Mme Liu. Il a affirmé que la coalition appliquait, non «pas un blocus mais un embargo» sur les armes que la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU impose aux rebelles.

«Nous voyons des patients mourir, car ils n'ont pas reçu leur traitement» même pour des maladies ordinaires, s'est inquiétée Mme Liu, présidente internationale de MSF.

Les deux belligérants ont été mis à l'index par Human Rights Watch (HRW), qui a accusé jeudi les rebelles d'avoir bombardé «des zones peuplées d'Aden sans égard pour les civils».

Mardi, cette organisation avait estimé qu'un raid aérien de la coalition ayant fait 65 morts parmi les civils à Mokha (sud-est) s'apparentait à «un crime de guerre».

Sur le terrain, les combattants pro-Hadi «ont reconquis la région d'Al-Alam», à 15 km à l'est d'Aden, et «avançaient vers la Cité Verte, après avoir repris Jaawala et Bir Ahmed», au nord de la ville portuaire, au prix de violents combats, a déclaré une source militaire.

Au moins, 6 combattants pro-Hadi et 11 rebelles ont été tués dans ces combats, ont indiqué à l'AFP des sources médicales et locales.

Dans la province voisine de Lahj, les affrontements se poursuivaient pour le contrôle de la base aérienne d'Al-Anad, toujours aux mains des rebelles, ainsi qu'à Houtha, chef-lieu de la province, selon des témoins.

Plus à l'est, les forces loyalistes ont repris de vastes parties de Loder, ville de la province d'Abyane où les combats ont fait 11 morts parmi les pro-Hadi et 22 dans les rangs des insurgés, selon les sources militaires.

Par ailleurs, cinq membres présumés d'Al-Qaïda ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi par une attaque de drone, vraisemblablement américain, dans le sud du Yémen, a indiqué un responsable provincial.

Leur véhicule, qui venait de Moukalla, capitale de la province du Hadramout -- contrôlée par le réseau extrémiste--, et se rendait dans la province d'Abyane, a été touché à Wadi Dikha, a précisé ce responsable.

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