Gaza: nouveaux appels à lever le blocus israélien

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La guerre de l'été dernier, bien plus que les autres, a laissé des stigmates indélébiles parmi les 1,8 millions de Gazaouis, dont la moitié ont moins de 18 ans.

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Mike SMITH
Agence France-Presse
GAZA

Le 8 juillet 2014, la guerre éclatait dans la bande de Gaza. Un an après jour pour jour, des humanitaires ont de nouveau appelé mercredi Israël à lever son blocus qui empêche la reconstruction de l'enclave exiguë et surpeuplée.

Quand Palestiniens et Israéliens ont mis un terme à la plus longue, meurtrière et destructrice des trois guerres qui ont ravagé Gaza ces sept dernières années, 2251 Palestiniens avaient été tués, dont plus de 550 enfants, et 73 personnes côté israélien, la quasi-totalité des soldats.

Depuis, le cessez-le-feu est respecté mais aucun des problèmes ayant mené à l'affrontement n'a été résolu. En premier lieu, le blocus, instauré il y a neuf ans, qui a virtuellement tué toute exportation de Gaza et empêche quasiment toute entrée de matériaux de construction --Israël redoute que les groupes armés ne s'en servent pour se renforcer-- créant, selon l'ONG Oxfam «une génération entière privée d'avenir».

«Les effets dévastateurs du blocus sur Gaza sont indéniables et inexcusables», a déploré mercredi Robert Turner, en charge des opérations de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens, à Gaza. «Israël montre une réelle volonté de s'attaquer à certains de ses effets les pires, mais ce n'est pas ce qui lui est demandé. Ce qui lui est demandé, c'est une levée totale du blocus», a-t-il poursuivi.

Un an après un conflit dans lequel le Hamas islamiste, qui tient toujours Gaza, a revendiqué la «victoire», seuls 35% des Palestiniens -Cisjordanie et bande de Gaza confondues- se disent satisfaits des gains obtenus. Pourtant, une fois le cessez-le-feu conclu, aucune des questions épineuses n'a été discutée. Palestiniens et Israéliens devaient se retrouver pour évoquer la construction d'un port, la rénovation de l'aéroport de Gaza et la levée du blocus. Mais aucune rencontre n'a eu lieu.

«Dans les ruines»

Ce conflit, bien plus que les autres s'accordent à dire les humanitaires, a laissé des stigmates indélébiles parmi les 1,8 millions de Gazaouis, dont la moitié ont moins de 18 ans. Selon l'ONU, au sortir de la guerre, près de 400 000 enfants devaient être suivis psychologiquement.

Un an après, la moitié des blessés de guerre traités par Médecins sans Frontières sont des enfants. Et, explique Pernille Ironside, qui dirige l'Unicef à Gaza, «l'un des plus grands défis, c'est d'essayer de faire retrouver aux enfants le sentiment de sécurité», un défi immense quand «beaucoup d'entre eux vivent encore dans les ruines de leur maison». Cet environnement «leur rappelle chaque jour ce qu'ils ont perdu et la terreur qu'ils ont vécue», dit-elle encore à l'AFP.

Avec 18 000 maisons totalement ou presque totalement détruites, 100 000 Gazaouis sont toujours hébergés par des proches ou installés dans des abris précaires, après que l'UNRWA a fermé ses derniers centres d'accueils il y a peu. Et l'agence onusienne a de nouveau récemment tiré la sonnette d'alarme: elle a reçu des fonds qui ne lui suffiront pour reconstruire que 200 maisons alors qu'elle est censée en reconstruire 7000.

A Chajaya, l'un des quartiers les plus ravagés de la ville de Gaza, la famille de Mohammed Zaza, 19 ans, possédait un imposant bâtiment de quatre étages. Aujourd'hui, elle vit dans un appartement loué à prix d'or, et «tout ça, de notre poche, car on ne reçoit aucune aide», jure Mohammed.

Depuis un an, ce Gazaoui au look de minet qui étudie pour devenir infirmier, ne vit plus qu'«au jour le jour». «On se débrouille pour gérer le quotidien», mais impossible de faire des projets pour l'avenir parce qu'ici, dit-il, c'est «no future».

«De leur sang» 

Sur ce terreau de colère et de frustration prospèrent les radicaux. Le Hamas, qui conserve le pouvoir à Gaza au prix d'un bras de fer de plus en plus tendu avec l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, fait désormais face à une nouvelle contestation: celle de salafistes qui le jugent trop compromis avec l'État hébreu.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu lundi lors des cérémonies en l'honneur des soldats tués: «Ceux qui tentent d'attaquer notre peuple le paieront de leur sang».

Et dans la soirée, le visage caché derrière son habituel keffieh rouge, Abou Obeida, le porte-parole des brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, a dévoilé à des centaines de partisans et d'hommes en armes deux nouveaux missiles. Ces projectiles, des modèles de trois à quatre mètres de long, fabriqués par al-Qassam, constituent un «saut qualitatif», a-t-il assuré, sans toutefois donner aucun détail sur leur charge ou leur portée.

Pour les experts, le Hamas comme Israël ne veulent pas s'engager dans l'immédiat dans un nouveau conflit. Ils ont repris langue pour «échanger des idées» sur une possible trêve de longue durée en échange d'une levée du blocus et des deux côtés, les discours se sont fait moins belliqueux qu'à l'habitude lors des commémorations.

Même si aucun conflit ne semble se profiler dans un avenir proche, pour les Gazaouis, l'horizon est loin d'être dégagé. Le taux de chômage atteint 44% et les trois-quarts de la population dépend de l'aide humanitaire, une situation de plus en plus intenable alors que les donateurs internationaux n'ont pas tenu les promesses faites à la fin de la guerre.

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