Pas de femme à la Cour suprême afghane

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Le rejet par les parlementaires de la nomination d'Anissa Rassouli à la Cour suprême constitue un nouveau revers pour le président Ashraf Ghani, ci-dessus en compagnie de sa femme Rula, à Kaboul, en avril 2014.

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Agence France-Presse
KABOUL

Les députés afghans ont rejeté mercredi la nomination de la première femme désignée par le président pour siéger à la Cour suprême, un nouveau revers pour Ashraf Ghani et la cause des femmes afghanes qui continuent à souffrir de discriminations.

«Malheureusement, Anissa Rassouli n'a pas obtenu le vote de confiance qui lui aurait permis de siéger à la Cour suprême», a regretté Abdul Zahir Qadeer, vice-président de la Chambre basse du Parlement afghan, la Wolesi Jirga, où siègent de nombreux dignitaires religieux aux vues conservatrices.

Mme Rassouli n'a recueilli que 88 votes favorables, alors qu'elle avait besoin de rallier 97 voix pour siéger avec ses huit pairs de la Cour suprême, véritable «gardienne» de la Constitution afghane. En revanche, les élus ont approuvé la candidature d'un homme, Mohammed Youssouf Alim, à la plus haute juridiction du pays.

Anissa Rassouli, une juriste chevronnée, avait été désignée fin juin par le président Ashraf Ghani, qui a montré ainsi sa détermination à faire évoluer le sort de ses concitoyennes.

«Ce qui s'est passé aujourd'hui est dramatique», s'est lamentée la députée Choukria Barekzai après le vote des députés. «Nous espérons que le président désignera une autre femme pour compenser cet échec», a-t-elle ajouté.

Les droits des femmes afghanes se sont nettement améliorés depuis la chute du régime des talibans en 2001, mais la société afghane reste largement patriarcale et les violences contre les femmes y sont fréquentes.

À ce titre, la mort de Farkhunda en mars avait provoqué un vif émoi. Cette jeune femme avait été accusée à tort d'avoir brûlé un Coran, puis lynchée sans que les policiers présents sur place n'interviennent.

La Cour d'appel de Kaboul a annulé la semaine dernière la peine capitale prononcée en première instance à l'encontre de quatre hommes coupables d'avoir lynché la jeune femme.

Au plan purement politique, le rejet par les parlementaires de la nomination de Mme Rassouli constitue un nouveau revers pour Ashraf Ghani.

Samedi dernier, ces mêmes députés ont rejeté Mohammed Massoum Stanekzaï, le candidat qu'il avait désigné au poste de ministre de la Défense, vacant depuis l'élection présidentielle de 2014, alors que les talibans mènent une offensive estivale de grande envergure dans tout le pays.

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