Le Hamas à l'écart d'un nouveau gouvernement palestinien?

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Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius (à gauche) en compagnie du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à Ramallah, le 21 juin.

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Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Le président palestinien Mahmoud Abbas a dit dimanche au ministre français des Affaires étrangères que les membres du nouveau gouvernement palestinien qui pourrait être formé prochainement devraient reconnaître Israël, a rapporté Laurent Fabius, ce qui exclut de fait le Hamas.

L'avenir du gouvernement d'union palestinien pourrait se décider lundi lors d'une réunion prévue du comité exécutif de l'OLP, direction palestinienne collégiale et resserrée.

Le président Abbas souhaiterait remplacer ce gouvernement composé de technocrates soutenus par le Fatah et le Hamas, mais non affilié officiellement aux deux principaux mouvements palestiniens, par un gouvernement de politiques.

M. Abbas tirerait ainsi les conséquences des dissensions palestiniennes et de l'incapacité du gouvernement actuel à exercer son autorité dans la bande de Gaza, où le Hamas ne donne aucun signe de vouloir céder le pouvoir.

Surtout, M. Abbas s'alarmerait des contacts indirects que le Hamas, court-circuitant l'Autorité palestinienne, aurait avec Israël pour tenter de conclure une trêve durable dans la bande de Gaza.

La formation d'un nouveau gouvernement pose la question de la place qui y serait faite au Hamas, considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne, les États-Unis ou Israël.

«Le président Abbas m'a dit qu'il essayait de construire un gouvernement d'union nationale, donc la question (des relations avec ce gouvernement) peut se poser», a dit le chef de la diplomatie française lors d'une conférence de presse à Jérusalem après avoir rencontré M. Abbas plus tôt à Ramallah.

«Il m'a précisé que dans ce gouvernement d'union nationale ne pourraient siéger que des femmes et des hommes qui reconnaissent Israël, qui renoncent à la violence et qui sont en accord avec les principes du quartette» pour le Proche-Orient (Nations unies, Union européenne, États-Unis et Russie), a dit M. Fabius. «Et ça nous convient parfaitement», a ajouté M. Fabius, rappelant que la France n'avait pas de contact avec le Hamas.

L'adhésion à ces principes exclut de facto le Hamas en tant qu'entité. Cela n'exclut pas en revanche la participation de membres du Hamas qui adhéreraient à titre individuel à ces principes, souligne-t-on de source diplomatique.

M. Fabius a aussi dit avoir interrogé le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou sur les contacts qu'aurait Israël avec le Hamas. «Si j'ai compris sa réponse, cela veut dire que, d'une façon que j'ignore, il y a des conversations à propos de Gaza et à propos de l'amélioration de la situation humanitaire», a dit M. Fabius.

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