Les artistes selon la ministre israélienne de la Culture: «des m'as-tu-vu» et «des hypocrites»

Miri Regev, ex-général de l'armée jamais rebutée par... (PHOTO GIL COHEN-MAGEN, AFP)

Agrandir

Miri Regev, ex-général de l'armée jamais rebutée par la confrontation, ancienne censeure en chef de l'armée (2004-2005) chargée de veiller à ce que les informations publiées ne remettent pas en cause la sécurité d'Israël, est entrée en mai dans le quatrième gouvernement de Benyamin Nétanyahou, l'un des plus à droite de l'histoire du pays.

PHOTO GIL COHEN-MAGEN, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Agence France-Presse
JÉRUSALEM

La très controversée ministre israélienne de la Culture Miri Regev a causé un nouvel éclat en disant ouvertement ce qu'elle pensait des artistes, un milieu «ingrat», «m'as-tu-vu» et «hypocrite», selon des propos diffusés vendredi à la radio.

«Pour qui est-ce que je travaille? Voilà ce que je me demande. Pour une bande d'ingrats qui croient tout savoir et dont certains sont des hypocrites qui vous empoisonnent la vie», a déclaré la ministre de droite dans un entretien au magazine féminin At, qui a rendu publique la bande.

«Je savais pourquoi je ne voulais pas de ce poste. Je savais que je travaillerais pour des m'as-tu-vu», ajoute-t-elle dans la version imprimée de l'interview, parue jeudi.

Miri Regev, ex-général de l'armée jamais rebutée par la confrontation, ancienne censeure en chef de l'armée (2004-2005) chargée de veiller à ce que les informations publiées ne remettent pas en cause la sécurité d'Israël, est entrée en mai dans le quatrième gouvernement de Benyamin Nétanyahou, l'un des plus à droite de l'histoire du pays.

Les hostilités sont déclarées entre elle et une grande partie du monde culturel depuis deux semaines et ses menaces de couper les subventions à un théâtre, dont le directeur, un Arabe israélien, refusait de se produire devant des colons israéliens en Cisjordanie occupée.

Depuis, Mme Regev est devenue l'une des figures les plus actives de la campagne engagée par le gouvernement contre ce qu'il considère comme un vaste mouvement visant à saper la légitimité de l'État d'Israël, qu'il s'agisse des pressions internationales ou d'une initiative globale et non gouvernementale de boycottage d'Israël destinée à soutenir les Palestiniens.

Mme Regev répète à l'envi que l'État ne soutiendra plus financièrement des spectacles qui attentent à sa légitimité.

«Je suis sidéré», a dit l'acteur Moshe Ivgi cité dans la presse, «elle a franchi la ligne rouge depuis longtemps».

Devant le nouveau scandale causé par ses propos, Mme Regev a publié un communiqué pour assurer qu'elle ne visait que certains artistes, qui avaient dénigré l'électorat de droite. Elle affirme sa volonté de travailler avec le monde culturel et d'augmenter le budget de la culture.

Cela n'a pas empêché l'organisation d'une manifestation vendredi lors de son arrivée à une cérémonie de remise de prix théâtraux à Tel-Aviv.

Un petit groupe de protestataires, selon des vidéos de l'évènement, ont manifesté à l'initiative de l'actrice, danseuse et vidéaste arabe-israélienne Raida Alon, qui accuse le gouvernement de vouloir museler les artistes.

«Il commence à y avoir une atmosphère très inconfortable ici, une sorte de dictature dans laquelle on ne sent plus la liberté», a déclaré cette dernière. «On en arrive à un point où ils vous menacent si vous ne faites qu'exprimer une opinion».

Parmi les manifestants, qui ont hué la ministre à son arrivée, l'acteur Ishai Golan a qualifié les actions de la coalition de M. Nétanyahou de «très très inquiétantes».

«La culture n'a jamais connu une période aussi dorée», écrivait avec ironie, dans un éditorial, le quotidien populaire Yedioth Ahronoth: «depuis que Miri Regev est ministre de la Culture, tout le monde s'intéresse au théâtre et au cinéma».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer