La guerre de Gaza était «légitime» et «légale», dit Israël

Le 8 juillet 2014, Israël avait lancé une... (PHOTO ASHRAF AMRA, AFP)

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Le 8 juillet 2014, Israël avait lancé une offensive aérienne, et terrestre un temps, contre la bande de Gaza, dans le but de faire cesser les tirs de roquette depuis la petite enclave sous blocus vers son territoire. En 50 jours, près de 2200 Palestiniens ont été tués, dont plus de 500 enfants selon l'ONU, tandis que 73 personnes ont péri côté israélien, dont 67 soldats.

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Stephen WEIZMAN
Agence France-Presse
Jerusalem

Israël a rejeté dimanche en bloc les accusations contre son armée lors de la guerre de Gaza, justifiant des opérations ayant tué près de 2200 Palestiniens, en majorité des civils, dans un rapport officiel qui n'a en rien entamé la détermination des Palestiniens à réclamer justice.

Le gouvernement israélien a rendu un rapport dans lequel il estime que ses soldats n'ont «pas intentionnellement visé des civils ou des cibles civiles» et que leurs actions étaient «légitimes» et légales».

Des conclusions qui vont à l'encontre des rapports alarmants d'ONG et d'organisations internationales, de même que des déclarations de soldats israéliens qui ont récemment défrayé la chronique dans l'État hébreu. Tous ont dénoncé un usage «indiscriminé» de la force à l'encontre de civils dans un territoire exigu, surpeuplé et sous blocus terrestre, maritime et aérien israélien depuis huit ans.

«La plupart des faits qui ont semblé à des parties extérieures relever d'attaques sans discernement contre des civils ou des cibles civiles étaient en fait des attaques légitimes contre des cibles militaires, sous des apparences civiles, relevant des opérations militaires des groupes terroristes», rétorque le rapport, alors qu'Israël accuse régulièrement le Hamas, au pouvoir à Gaza et dont les hommes ont combattu les troupes israéliennes durant les trois offensives lancées par Israël ces six dernières années, de se servir des civils gazaouis comme de «boucliers humains» pour mener des «crimes de guerre».

Une accusation que les Palestiniens renvoient à l'État hébreu et pour laquelle ils ont adhéré à la Cour pénale internationale (CPI) dans le but avoué d'y poursuivre des dirigeants israéliens. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a décidé en janvier un examen préliminaire des événements pour «déterminer s'il existe un fondement raisonnable» pour ouvrir une enquête.

Rapport de l'ONU attendu fin juin

La prochaine échéance de ce long processus judiciaire approche à grands pas: fin juin, la Commission des droits de l'Homme de l'ONU doit rendre son propre rapport sur la guerre de Gaza, un texte qui n'a pas encore été publié, mais que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déjà rejeté comme une «perte de temps». La commission de l'ONU est «un organisme qui a voté plus de résolutions contre Israël que contre la Syrie, l'Iran et la Corée du Nord réunis», a-t-il martelé devant ses ministres.

«Israël est la cible d'une campagne de délégitimisation sans précédent (...), le but est de salir Israël et nous riposterons», a-t-il promis, alors que l'État hébreu mène actuellement une contre-offensive active contre les appels internationaux au boycottage et les critiques à l'étranger. Pour lui, le coupable, c'est le Hamas, «une organisation terroriste meurtrière coupable d'un double crime de guerre: d'une part, elle tire volontairement sur des civils et d'autre part, elle se cache derrière d'autres civils».

Le rapport israélien s'appuie sur les enquêtes de l'armée, dont la dernière en date, qui portait sur la mort de quatre enfants sous les yeux de la presse internationale et qui avait provoqué un scandale mondial, a été close cette semaine sans que personne ne soit condamné.

Les proches des quatre enfants âgés de 9 à 11 ans s'étaient indignés de cette clôture, réclamant «instamment à la communauté internationale d'agir sérieusement pour mettre fin à cette farce».

Une justice que les Palestiniens entendent bien obtenir. Ce rapport, «une suite logique de ce qu'Israël a fait dans la bande de Gaza», selon les mots d'Ehab Bseiso, porte-parole du gouvernement d'union palestinien depuis Ramallah en Cisjordanie occupée, «ne change rien», ils ne s'appuieront que sur les résultats d'une «enquête internationale», a-t-il poursuivi.

Le 8 juillet 2014, Israël avait lancé une offensive aérienne, et terrestre un temps, contre la bande de Gaza, dans le but de faire cesser les tirs de roquette depuis la petite enclave sous blocus vers son territoire. En 50 jours, près de 2200 Palestiniens ont été tués, dont plus de 500 enfants selon l'ONU, tandis que 73 personnes ont péri côté israélien, dont 67 soldats.

Ce bilan avait fait de 2014 l'année la plus meurtrière depuis 1967 et l'occupation israélienne des Territoires palestiniens, selon l'ONU, qui recense 11 Palestiniens tués depuis début 2015 par des soldats israéliens, le dernier dimanche matin près de Ramallah.

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