Yémen: la coalition intensifie ses raids sur Sanaa

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«Au moins 20 civils et 25 soldats et officiers ont été tués» dans ces frappes, a déclaré à l'AFP une source médicale, un bilan proche des 44 morts annoncé par les rebelles.

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Jamal AL-JABIRI, Fawaz AL-HAIDARI
Agence France-Presse
SANAA et Aden

La coalition arabe sous commandement saoudien a intensifié ses raids dimanche au Yémen, visant un QG militaire aux mains des rebelles dans la capitale Sanaa en faisant au moins 45 morts, malgré l'approche de pourparlers de paix le 14 juin.

Parmi les morts figurent 20 civils, victimes d'explosions collatérales.

Des accrochages ont par ailleurs eu lieu dimanche à la frontière saoudo-yéménite où l'armée saoudienne a convoyé des renforts en hommes et en armements, dont des chars, a rapporté la télévision satellitaire Al-Arabiya, qui a diffusé des images montrant des colonnes de véhicules militaires transportant du matériel lourd et convergeant vers le sud du royaume.

Dimanche, les bombardements de l'Arabie saoudite ont notamment touché le siège du Commandement général de l'armée, au coeur de la capitale.

Au moins quatre frappes aériennes ont visé le site, contrôlé par les miliciens chiites Houthis et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l'ancien président. Ces raids ont provoqué des explosions qui ont endommagé des maisons voisines et poussé des familles à fuir le quartier, a rapporté un photographe de l'AFP.

«Au moins 20 civils et 25 soldats et officiers ont été tués» dans ces frappes, a déclaré à l'AFP une source médicale, un bilan proche des 44 morts annoncé par les rebelles.

La veille, les rebelles et leurs alliés avaient tiré un missile Scud contre le sud du royaume saoudien, le premier annoncé publiquement depuis le déclenchement le 26 mars de la campagne de frappes au Yémen.

La rébellion a accepté vendredi de participer, avec le gouvernement yéménite en exil à Ryad, à des pourparlers initiés par les Nations unies, pour tenter de mettre fin à un conflit qui a fait plus de 2000 morts selon l'ONU.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a confirmé samedi que ces pourparlers auraient lieu à partir du 14 juin à Genève. Il a réitéré son «appel urgent à toutes les parties au Yémen à engager des consultations de bonne foi et sans conditions préalables».

Des rebelles à Moscou

Le porte-parole des rebelles, Mohammed Abdessalam, a réaffirmé dimanche que son groupe irait à Genève «sans conditions préalables», ajoutant que cette position avait été notifiée à l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, lors d'une rencontre samedi dans le Sultanat d'Oman.

Une délégation des rebelles, qui se trouvait depuis plusieurs jours à Mascate où elle a eu des contacts diplomatiques avec les États-Unis, s'est rendue samedi soir à Moscou à l'invitation du ministère russe des Affaires étrangères, selon l'agence yéménite Saba, sous contrôle rebelle.

Sur le terrain, les frappes se sont cependant intensifiées et les combats continuent de faire rage dans le sud.

Outre le QG militaire, des avions de la coalition ont aussi bombardé dans la matinée le camp de Jumaineh, dans l'est de Sanaa, visé par sept raids, et un dépôt d'armes situé à al-Nahdain (sud), sur une colline surplombant la capitale, selon des habitants.

Le camp de Jumaineh relève de la Garde républicaine, unité d'élite de l'armée restée en partie fidèle à l'ex-président Ali Abdallah Saleh. Ce dernier s'est allié aux Houthis dans l'offensive qui leur a permis depuis l'an dernier de prendre le contrôle de la capitale et de vastes régions du nord, de l'ouest et du centre.

Dans le sud, l'aviation a mené plusieurs raids contre des positions rebelles dans la banlieue d'Aden, deuxième ville du pays, en soutien aux forces gouvernementales qui résistent aux tentatives des rebelles d'avancer vers certains quartiers, a indiqué à l'AFP le général Fadhl Baech, chef militaire des forces gouvernementales.

Dans la province de Taëz (sud-ouest), les avions de la coalition ont visé des positions rebelles non loin du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, à l'embouchure de la mer Rouge, selon des témoins.

En outre, quatre civils ont été tués et 20 blessés par des bombardements nocturnes de quartiers résidentiels de Taëz, selon des sources médicale et locale.

À Dhaleh, chef-lieu de la province voisine du même nom, 10 rebelles ont été tués et 12 capturés dans des combats qui les opposaient depuis samedi soir à des combattants pro-gouvernementaux.

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