Yémen: les rebelles demandent l'arrêt des raids

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En proclamant mardi soir la fin de la campagne aérienne de la coalition qu'elle dirige, l'Arabie saoudite a affirmé que la coalition se réservait le droit de bombarder des mouvements suspects d'insurgés Houthis.

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Jamal AL-JABIRI, Ian TIMBERLAKE
Agence France-Presse
TAËZ

Les rebelles au Yémen ont exigé l'arrêt total des raids aériens de la coalition menée par l'Arabie saoudite avant une éventuelle reprise des pourparlers sous l'égide de l'ONU, au lendemain de l'annonce par Riyad de la fin des frappes, qui se sont pourtant poursuivies mercredi.

Mardi soir, Riyad a annoncé la fin de la campagne aérienne menée depuis le 26 mars pour stopper l'avancée à travers le Yémen des rebelles chiites Houthis, soutenus par l'Iran, et déclaré l'ouverture d'une nouvelle phase politique et humanitaire. Le blocus maritime du Yémen reste par contre maintenu.

Cela n'a pas empêché la coalition - qui s'est réservé le droit de mener de nouvelles frappes si des mouvements rebelles se faisaient menaçants - de cibler plusieurs positions Houthis mercredi près de Taëz et à Wahat (sud).

L'Arabie saoudite «répondra» en cas d'action «agressive» des Houthis, a déclaré dans la soirée depuis Washington l'ambassadeur saoudien aux États-unis, Adel Al-Joubeir.

Quelques heures auparavant, les Houthis ont demandé un arrêt total des raids, la levée du blocus, et des pourparlers sous l'égide de l'ONU.

«Après un arrêt complet de l'agression contre le Yémen et la levée du blocus (aérien et maritime), nous exigeons la reprise du dialogue politique, là où il s'était arrêté (...), sous le parrainage des Nations unies», a déclaré Mohammed Abdelsalam, porte-parole des rebelles, dans un communiqué.

Il a aussi salué «les efforts positifs» des Nations unies et leur «soutien déclaré au dialogue national».

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Un soldat saoudien tire au mortier en direction d'une position tenue par les Houthis, à la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen, le 21 avril.

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Vers un retour au dialogue?

Les rebelles ont libéré en signe de bonne volonté trois personnalités capturées le 25 mars dans le sud, dont le ministre de la Défense Mahmoud el-Soubeihi et le général Nasser Mansour Hadi, un frère du président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite.

L'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh, allié aux Houthis, a lui aussi bien accueilli la décision de Ryad et espéré que «tout le monde coopèrera pour revenir au dialogue et trouver des solutions.»

Dans un discours retransmis à la télévision depuis Ryad, le président Hadi a lui promis «la victoire». «Nous allons bientôt retourner dans notre patrie, à Aden et à Sanaa».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a «salué l'annonce par la coalition qu'elle soutient une reprise rapide du processus politique au Yémen et son engagement à protéger les civils et à faciliter l'accès de tous les Yéménites à l'aide humanitaire».

«J'espère qu'il y aura une fin des combats dès que possible», a ajouté M. Ban, se déclarant «prêt à fournir les facilités diplomatiques nécessaires pour résoudre cette crise par le dialogue».

L'annonce de la coalition a été saluée aussi bien par Téhéran que par Washington, et le président Barack Obama a appelé l'Iran à contribuer à trouver un accord politique.

Faisant le bilan des dernières semaines, le ministère saoudien de la Défense a estimé que les frappes aériennes étaient parvenues «avec succès à éliminer les menaces pesant sur la sécurité de l'Arabie saoudite et des pays voisins».

Mais en dépit du succès revendiqué par Ryad, la capitale Sanaa et d'autres secteurs restent aux mains des rebelles et de violents affrontements continuent de secouer le sud du pays.

Situation humanitaire «catastrophique» 

Quant à la situation humanitaire, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) l'a qualifiée de «tout à fait catastrophique».

«La résilience des Yéménites atteint un point de rupture», a déclaré depuis Genève Robert Mardini, qui dirige les opérations du CICR au Moyen-Orient. «Au moins 50 personnes sont tuées et environ 500 blessées chaque jour, et le nombre de pertes civiles augmente de façon dramatique», a-t-il ajouté.

La veille, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait mis en garde contre un effondrement imminent des systèmes de soins, et fait état de 944 morts et 3.487 blessés --civils et militaires-- entre le 19 mars et le 17 avril.

Tout en annonçant l'arrêt des raids, la coalition a annoncé le début d'une nouvelle phase, baptisée «Redonner l'espoir», en vue de la reprise du processus politique au Yémen, de la fourniture d'une aide humanitaire et de la «lutte contre le terrorisme», dans un pays où Al-Qaïda reste très actif.

Sept membres présumés d'Al-Qaïda ont d'ailleurs été tués dans la nuit dans une attaque de drone américain contre leur voiture à Moukalla, capitale de la province du Hadramout (sud-est) contrôlée depuis début avril par le réseau extrémiste, selon des témoins.

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