Arabie: une Indonésienne décapitée pour meurtre

Cette décapitation porte à 60 le nombre d'exécutions... (Archives AFP)

Agrandir

Cette décapitation porte à 60 le nombre d'exécutions en Arabie saoudite depuis le début de l'année.

Archives AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Riyad

Une domestique indonésienne, condamnée à mort pour le meurtre d'une Saoudienne, a été décapitée au sabre mardi en Arabie saoudite, a annoncé le ministère de l'Intérieur à Riyad.

Sitti Zeineb a été reconnue coupable d'avoir tué Nora al-Morawba à coups de couteau, en la frappant à la tête et en l'aspergeant d'eau chaude et de pesticides, a précisé le ministère dans un communiqué reproduit par l'agence officielle SPA.

L'Indonésienne a été exécutée à Médine, ville sainte de l'islam dans l'ouest du royaume. La victime serait son employeur, selon des informations de presse.

Sa décapitation porte à 60 le nombre d'exécutions en Arabie saoudite depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP.

L'organisation internationale des droits de l'Homme Amnesty International a dénoncé l'exécution de la sentence, en dépit de soupçons sur de possibles troubles mentaux chez l'accusée. Amnesty a cité des sources indonésiennes disant qu'elle avait poignardé son employeur 18 fois car elle aurait été maltraitée.

«Imposer la peine capitale à une personne soupçonnée d'avoir des troubles mentaux et la mettre à exécution témoignent d'un manque d'humanité», a dit Philip Luther, directeur d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

«Elle n'avait aucune représentation légale et n'avait pas eu accès à un représentant consulaire durant l'interrogatoire de la police lorsqu'elle avait fait des 'aveux'«, a protesté Amnesty.

Selon le quotidien indonésien Kompas, la suppliciée a tué son employée saoudienne en 1999. Elle n'a pas été exécutée de suite, dans l'attente que les fils de la victime atteignent leur majorité.

Ces derniers ont le droit de pardonner à la meurtrière de leur mère, d'avoir une compensation financière, de renoncer à l'exécution ou de demander l'exécution.

En avril 2014, le gouvernement indonésien avait payé 1,9 million de dollars pour empêcher l'exécution d'une employée de maison indonésienne condamnée à mort pour le meurtre de sa patronne en Arabie Saoudite.

Avant cette date, les relations entre les deux pays avaient traversé une période de tension après la décapitation d'une autre domestique indonésienne pour le meurtre de sa patronne. L'Indonésie avait alors décidé un moratoire sur l'envoi d'employées de maison en Arabie Saoudite.

Les deux pays ont néanmoins signé en février 2014 un accord destiné à mieux protéger les droits des employés de maison dans le royaume.

Environ un million d'employées de maison indonésiennes travaillent en Arabie Saoudite.

Après 27 décapitations en 2010, le nombre d'exécutions a bondi et atteint environ 80 chaque année. En 2014, l'AFP en a recensé 87, ce qui fait de l'Arabie saoudite un des pays au monde où la peine de mort est la plus usitée.

Ces exécutions ont été dénoncées à plusieurs reprises par des organisations internationales de défense des droits de l'Homme.

Viol, meurtre, apostasie, vol à main armée et trafic de drogue sont passibles de la peine capitale dans ce royaume régi par une version rigoriste de la charia.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer