Israël décide de débloquer les taxes dues aux Palestiniens

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Le premier ministre Benjamin Nétanyahou a accepté que soient versées les sommes retenues depuis janvier en représailles à l'adhésion des Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI), ont indiqué ses services dans un message.

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Laurent LOZANO
Agence France-Presse
Jérusalem

Israël a annoncé vendredi avoir décidé de débloquer des centaines de millions de dollars non versés à l'Autorité palestinienne par mesure de rétorsion, à un moment crucial d'une relation dangereusement dégradée.

Le premier ministre Benjamin Nétanyahou a accepté que soient versées les sommes retenues depuis janvier en représailles à l'adhésion des Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI), ont indiqué ses services dans un message.

Le message ne dit pas cependant si Israël, en plus de payer les sommes gelées (pour décembre, janvier et février), reprend ses versements mensuels d'environ 110 millions d'euros de taxes et de droits de douanes qu'il prélève chaque mois pour le compte des Palestiniens sur les marchandises leur étant destinées et transitant par Israël. Interrogé sur le sujet par l'AFP, un responsable gouvernemental a refusé de préciser.

Le gouvernement palestinien a réagi avec circonspection. «Jusqu'à présent, nous n'avons reçu ni argent, ni information officielle», a dit à l'AFP un porte-parole, Ihab Bseiso.

«C'est clairement la bonne décision à la fois pour l'amélioration des conditions (de vie) des Palestiniens et pour Israël», a assuré dans un communiqué Tony Blair, émissaire du Quartette (Nations unies, Union européenne, États-Unis et Russie) pour le Proche-Orient.

Aux États-Unis, le Département d'État a bien accueilli la décision israélienne. «C'est un pas important qui va aider à stabiliser la situation en Cisjordanie», a indiqué un porte-parole. «Nous espérons que les deux parties seront à même de travailler ensemble à atténuer les tensions».

«Responsables et raisonnables»

Le message israélien semble refléter une double motivation: faire un geste de bonne volonté à un moment extrêmement délicat des relations d'Israël avec l'Autorité palestinienne, mais aussi avec les États-Unis et le reste de la communauté internationale ; faire en sorte que l'Autorité, très dépendante de ces taxes pour ses recettes budgétaires propres (hors aide internationale), ne s'écroule pas en laissant un vide très aléatoire.

«Cette décision a été prise pour des raisons humanitaires et plus globalement en fonction des intérêts israéliens du moment», ont dit les services de M. Nétanyahou.

M. Nétanyahou, cité par ses services, affirme la nécessité de se montrer «responsables et raisonnables» compte tenu de «la détérioration de la situation au Moyen-Orient».

Cette décision intervient par ailleurs à un moment clé, juste après la désignation de M. Nétanyahou pour former le prochain gouvernement israélien après son triomphe aux élections et peu avant le 1er avril, date à laquelle les Palestiniens ont prévu de déposer à leurs premières plaintes pour crimes de guerre contre les dirigeants israéliens devant la CPI.

L'adhésion des Palestiniens à la CPI, qui a pour vocation de juger les responsables de génocides, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, révulse les Israéliens.

Le dépôt de ces plaintes, annoncées pour mercredi, s'inscrit dans la vaste offensive menée par la direction palestinienne contre Israël devant de grandes organisations internationales.

«Éviter un effondrement complet»

M. Nétanyahou est en outre soumis à une intense pression internationale, et plus encore depuis la surenchère à laquelle il s'est livré pendant la campagne électorale. Il a ainsi braqué le grand allié américain en enterrant l'idée d'un État palestinien s'il restait chef du gouvernement.

La coexistence de deux États israélien et palestinien coexistant dans la paix et la sécurité est pourtant le maître plan des États-Unis et de la communauté internationale pour résoudre un conflit qui dure depuis près de 70 ans et qui a encore causé une guerre meurtrière à Gaza en 2014.

L'administration américaine a récemment averti que les États-Unis allaient devoir réévaluer leur position vis-à-vis d'Israël à l'ONU, où ils lui apportent traditionnellement un soutien indéfectible.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé vendredi que la France allait entamer «dans les prochains jours» de nouvelles discussions pour faire adopter à l'ONU une résolution fixant les contours d'un accord entre Israël et les Palestiniens.

Il s'agit, a-t-il dit, de «rendre possible une solution à deux États et éviter un effondrement complet» du processus de paix. Il a espéré, dans une claire référence aux États-Unis, que «les partenaires qui ont été réticents (fin 2014) le seront moins».

Israël n'a pas chiffré le montant qu'il allait transférer à la direction palestinienne mais a dit qu'il en déduirait des sommes dues par les Palestiniens aux Israéliens pour des services comme l'électricité, l'eau ou les hôpitaux.

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