Enlèvement d'une jeune Française à Sanaa

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Une manifestation à Sanaa mardi contre la prise de pouvoir des rebelles Houthis.

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Martine NOUAILLE
Agence France-Presse
Paris

Une jeune ressortissante française, Isabelle Prime, employée d'une société de conseil américaine, a été enlevée mardi à Sanaa au Yémen, ont annoncé à Paris les autorités françaises en réclamant sa libération «dans les meilleurs délais» et son employeur américain.

«Nous demandons que sa libération intervienne dans les meilleurs délais, nous cherchons à la localiser», a déclaré le président français François Hollande à la presse.

L'employeur de la Française de 30 ans, Francisco Ayala, président de Ayala Consulting, basée dans la banlieue de Miami et en Équateur, a indiqué qu'«Isabelle était la dernière» des expatriés de sa société encore au Yémen et qu'elle «devait partir dans quelques jours».

Selon M. Ayala, elle se rendait en voiture à son travail avec une accompagnatrice yéménite quand son chauffeur a été arrêté par des hommes habillés en policiers.

Selon de premières informations, la jeune femme aurait travaillé pour la Banque Mondiale, ce que l'institution a ensuite démenti. Les «deux femmes travaillent comme contractuelles pour une société de conseil, elle-même sous contrat du Social Welfare Fund qui développe un projet financé par la Banque Mondiale», a indiqué l'institution financière basée à Washington.

«Tout s'est passé très vite» 

L'employeur de la jeune Française a raconté que «tout s'est passé très vite». «Deux voitures ont arrêté la nôtre, ces gens étaient habillés en policiers», a-t-il ajouté.

La voiture a tourné dans la ville puis le chauffeur a été libéré et a prévenu les autorités. Selon lui, les ravisseurs ont voulu libérer l'accompagnatrice mais cette dernière a refusé pour rester avec la Française, a encore dit M. Ayala.

«Il y a des contacts. Nous ne sommes pas informés, le ministère de l'Intérieur (yéménite) s'en occupe, on attend», a-t-il ajouté.

Selon le site d'Ayala Consulting, Isabelle Prime est consultante spécialisée en développement durable et en communication. Elle avait auparavant travaillé en Jordanie et en France dans les télécommunications et l'assainissement de l'eau.

Selon une source des services de sécurité yéménites, la jeune femme a été enlevée dans la matinée dans le centre de Sanaa, par des hommes armés non identifiés, alors qu'elle et son accompagnatrice se trouvaient à bord d'un taxi. Elles ont été conduites vers une destination inconnue, selon la même source.

«Tous nos services sont mobilisés pour localiser et obtenir la libération rapide de notre compatriote», a assuré dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères, qui avait appelé début février les Français à quitter ce pays en proie à des troubles «dans les meilleurs délais». «Le centre de crise du Quai d'Orsay est en contact avec sa famille», a ajouté le ministère.

La capitale du Yemen est actuellement contrôlée par les miliciens chiites Houtis.

Début février, la France et d'autres pays occidentaux avaient fermé leurs ambassades et les intérêts français au Yemen avaient été pris en charge en début de mois par la représentation marocaine dans le pays. Mais depuis le Maroc s'est aussi retiré du Yémen et Paris étudie les possibilités de représentation, selon des sources diplomatiques.

Le président yéménite Abd Rabbo Manour Hadi, retenu un temps à Sanaa mais désormais libre de ses mouvements et protégé par ses partisans à Aden, revendique son statut de chef d'État légitime face à la milice chiite qui contrôle la capitale, au risque d'accentuer les divisions.

Dès son arrivée à Aden, il a déclaré assumer ses fonctions et a qualifié de «nulles et non avenues» toutes les mesures prises par les Houthis.

Six monarchies sunnites du Golfe - Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Oman, Qatar, Koweït - ont salué la fuite de M. Hadi de Sanaa, évoquant «un pas important qui affirme sa légitimité».

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait déjà sommé le 16 février les Houthis de «retirer leurs forces des institutions de l'État» et de «céder le contrôle des institutions gouvernementales et de sécurité».

Les États-Unis avaient également dès le 7 février rejeté la création par les Houthis d'un «Conseil présidentiel» pour remplacer M. Hadi, allié de premier plan de Washington dans la lutte contre Al-Qaïda, cible d'attaques de drones américains au Yemen.

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