Washington dément tout contact avec les talibans afghans

D'anciens combattants talibans sont photographiés, leur arme à... (PHOTO NOORULLAH SHIRZADA, ARCHIVES AFP)

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D'anciens combattants talibans sont photographiés, leur arme à la main, avant qu'ils ne les remettent aux autorités afghanes dans le cadre d'un programme gouvernemental de réconciliation, à Kaboul, le 8 février.

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Mamoon DURRANI, Sajjad TARAKZAI
Agence France-Presse
KANDAHAR et ISLAMABAD

Plusieurs cadres talibans afghans ont annoncé jeudi une reprise prochaine de contacts avec les Américains au Qatar en vue de pourparlers de paix, démentie par Washington qui a affirmé ne rien avoir de prévu «à ce stade».

La direction des talibans n'a quant à elle pas dissipé la confusion, soulignant que les conditions étaient encore loin d'être réunies pour l'ouverture de véritables négociations sans nier de possibles contacts.

Plusieurs tentatives de dialogue entre des talibans et Washington, principal soutien du gouvernement de Kaboul, ont eu lieu ces dernières années. Elles ont toutefois rapidement tourné court, faute de retrait total des soldats étrangers du pays réclamé par les rebelles.

Mais l'arrivée au pouvoir, l'automne dernier, du nouveau président afghan Ashraf Ghani - qui a fait des pourparlers de paix une de ses priorités - et des signes d'ouverture récents de la part des talibans et de l'influent Pakistan voisin ont ravivé ces derniers jours les espoirs de relance.

Jeudi, plusieurs cadres de la rébellion afghane ont annoncé sous couvert d'anonymat une reprise imminente des contacts à Doha (Qatar) entre certains talibans qui vivent sur place et des représentants américains.

«Les talibans vont parler directement aux Américains au Qatar», a déclaré l'un d'eux, ajoutant qu'ils aborderaient notamment la question «de la présence militaire américaine» en Afghanistan.

Un autre a précisé que la délégation qui rencontrerait les Américains comprendrait «cinq anciens membres du conseil suprême des talibans menés par Tayyeb Agha», ancien secrétaire particulier du mollah Omar, le chef des talibans afghans.

La première rencontre pourrait avoir lieu «dans la semaine», ont indiqué à l'AFP ces sources talibanes.

Quelques heures plus tard, la Maison-Blanche a toutefois démenti ces informations. «Les États-Unis n'ont pas à ce stade de rencontres prévues avec les talibans à Doha», a déclaré à l'AFP Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

Le porte-parole du commandement central des talibans, Zabiullah Mujahid a également démenti l'ouverture de négociations entre la rébellion et les États-Unis, alliés du gouvernement de Kaboul qu'elle combat depuis fin 2001.



«Signes de bonne volonté»

«Nous n'avons aucun projet de négocier quoi que ce soit au Qatar. Quant à d'éventuelles négociations, il n'y a pas de changement de position des talibans», a-t-il souligné.

M. Mujahid n'a toutefois pas démenti de possibles contacts entre les Américains et certaines factions de la rébellion, comme celle en exil à Doha et menée par M. Agha, favorable à des négociations de paix.

Et plusieurs responsables talibans ont souligné jeudi que le commandement taliban commençait à montrer en interne «des signes de bonne volonté» en vue de négociations.

Le départ à l'automne dernier du président afghan Hamid Karzaï et son remplacement par M. Ghani a créé un contexte plus favorable à des négociations, ont-ils expliqué.

«Cette fois, des talibans vont directement parler aux Américains, ce à quoi M. Karzaï s'opposait, car il ne voulait pas que les Américains représentent le gouvernement afghan», a expliqué un cadre taliban.

«Ashraf Ghani fait du bon travail pour favoriser un dialogue de paix», a abondé un commandant taliban. «Ses récents entretiens avec des chefs de tribus ont fait avancer les choses», a ajouté un autre membre de la rébellion.

«Il y a eu des changements de qualité à propos du processus de paix», s'est d'ailleurs félicité M. Ghani au cours d'une rencontre avec des responsables religieux jeudi à Kaboul.

Certains observateurs y voient également une possible influence du Pakistan, historiquement très proche des talibans afghans et considéré par beaucoup comme indispensable à tout processus de paix afghan.

M. Ghani s'est efforcé depuis son arrivée de se rapprocher de ce voisin, souvent accusé jusqu'ici en privé par les responsables afghans d'instrumentaliser les talibans, en les utilisant pour contrer l'influence de son rival indien en Afghanistan.

Le Pakistan, lui-même confronté à l'émergence d'une rébellion talibane meurtrière chez lui, s'est toutefois engagé ces derniers mois à éradiquer tous les groupes armés extrémistes et à favoriser la paix en Afghanistan.

Ce sujet a été évoqué la semaine dernière lors d'une visite à Kaboul du chef de l'armée pakistanaise, le général Raheel Sharif, un passage qui a, selon un responsable taliban afghan, «permis de faire des progrès» vers la paix.

En 2014, le conflit afghan a continué à faire de plus en plus de morts parmi les civils, selon l'ONU, avec une forte hausse de 22 % notamment due à l'intensification des combats au sol alors que l'OTAN se préparait à retirer ses troupes du pays.

Il ne reste plus aujourd'hui que 12 500 soldats étrangers, en majorité américains, chargés en principe d'encadrer et de former les forces afghanes face aux talibans, dont les diverses factions contrôlent une partie du pays.

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