Accord de sortie de crise au Yémen

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Un combattant houthi en poste près du palais présidentiel, à Sanaa.

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Jamal AL-JABIRI
Agence France-Presse
Sanaa

Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi et les miliciens chiites ont conclu mercredi un accord de sortie de crise après plusieurs jours de violences meurtrières dans la capitale et la prise du palais présidentiel.

Selon le texte de l'accord, publié par l'agence de presse officielle Saba, les miliciens de Ansaruallah, aussi appelés Houthis, se sont engagés à quitter le palais, où ils étaient entrés mardi et avaient saisi d'importantes quantité d'armes et équipement militaires, et à libérer le directeur de cabinet de M. Hadi, Ahmed Awad ben Moubarak, enlevé samedi.

En échange, le projet de Constitution auquel ils sont opposés, pourra être amendé et les Houthis ainsi que «le mouvement sudiste pacifique, et toutes les autres factions politiques privées de représentation équitable dans les institutions de l'État auront le droit d'être nommés dans ces institutions».

Ces mesures seront mises en place «immédiatement».

Le secrétaire d'État américain John Kerry a immédiatement réagi, estimant que l'accord accédait à la plupart des demandes des miliciens.

Les États-Unis avaient appelé mercredi à une résolution pacifique du conflit au Yémen, qu'ils considèrent comme un pays clé de la lutte, notamment à l'aide de drones, contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).



Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, à... (PHOTO NATALIA KOLESNIKOVA, ARCHIVES AFP) - image 3.0

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Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, à Sanaa, en avril 2013.

PHOTO NATALIA KOLESNIKOVA, ARCHIVES AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait aussi fustigé le coup de force des Houthis, et apporté son soutien à M. Hadi, tout comme le Conseil de coopération du Golfe (CGG), qui regroupe les monarchies arabes voisins du Yémen.

«Les Houthis veulent diriger, mais pas gouverner. Ils sont prêts pour cela à laisser Hadi comme président, mais ils exigent qu'il soit, tout comme le gouvernement, totalement à l'écoute de leurs demandes», a estimé Ibrahim Sharquieh, expert au Brookings Institute à Doha. «C'est sur cette base qu'ils vont ou non continuer avec Hadi».

Aéroport fermé dans le sud 

La pression était également forte sur le Premier ministre Khaled Bahah, qui a été autorisé mercredi à quitter la résidence du centre de Sanaa où il était bloqué depuis deux jours par des miliciens chiites. Il a pu se rendre vers une «destination sécurisée» après avoir négocié sa sortie, selon un porte-parole du gouvernement.

Affaiblis à Sanaa, les dirigeants ont reçu le soutien des autorités du sud du pays, dont M. Hadi est originaire et qui est majoritairement sunnite.

À Aden, la grande ville du sud, l'aéroport et le port ont été fermés sur décision du Comité de la province, pour protester contre les «atteintes au symbole de la souveraineté nationale» qui est le président Hadi.

Cette réaction met de nouveau en lumière les profondes divisions entre le nord, fief des chiites, et le sud du Yémen, qui se sont fréquemment opposés par les armes dans le passé.

Le jeune chef du mouvement chiite, Abdel Malek al-Houthi, était sorti du silence pour fustiger, dans un discours télévisé mardi soir, les autorités, dénoncées pour leur «corruption».

M. Houthi leur a également reproché de ne pas avoir associé suffisamment son mouvement à la rédaction du projet de Constitution, qui prévoit un État fédéral composé de six régions.

Les chiites estiment que ce projet démantèlerait le Yémen et priverait le nord d'un accès à la mer, l'une des priorités d'Ansaruallah.

M. Houthi a par ailleurs assuré que la milice était prête à faire face à «toute mesure» du Conseil de sécurité de l'ONU.

Des responsables militaires favorables au chef de l'État ont accusé des fidèles de l'ex-président Ali Abdallah Saleh de soutenir activement les miliciens Houthis.

Chassé du pouvoir à la suite d'un soulèvement populaire en 2011, M. Saleh garde une forte influence et des réseaux qu'il a soigneusement tissés dans l'armée et parmi des tribus durant ses 33 ans de présidence. Son parti a indiqué mercredi que M. Saleh était favorable à des élections présidentielle et législatives anticipées.

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