Un ministre palestinien tué lors d'une manifestation

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Ziad Abou Zeïn est mort au cours d'une manifestation qui se voulait pacifique contre la confiscation des terres palestiniennes au profit de la colonisation israélienne.

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Hossam EZZEDINE, Abbas MOMANI
Agence France-Presse
Turmus Ayya

Un haut responsable palestinien est mort mercredi à la suite de heurts avec des soldats israéliens, une disparition qui menace la poursuite de la coopération entre l'Autorité palestinienne et Israël en Cisjordanie occupée.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé que toutes les options étaient «ouvertes» pour répondre à la mort de Ziad Abou Eïn, 55 ans, chargé du dossier de la colonisation au sein de l'Autorité palestinienne, autrefois vice-ministre en charge des prisonniers. Selon un responsable, l'autorité palestinienne rendra sa décision vendredi.

Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a envoyé un message via un de ses conseillers à M. Abbas, «soulignant la nécessité de calmer les choses et d'agir de façon responsable».

Emprisonné à de nombreuses reprises par Israël, M. Abou Zeïn est mort au cours d'une manifestation qui se voulait pacifique contre la confiscation des terres palestiniennes au profit de la colonisation israélienne.

Environ 300 personnes s'étaient rassemblées pour marcher du village palestinien de Turmus Ayya, près de Ramallah, vers la colonie d'Adei Ad, avec l'intention de planter des oliviers, selon un photographe de l'AFP.

Les personnes ont été arrêtées par un barrage de soldats israéliens, dont certains ont repoussé brutalement Ziad Abou Eïn en l'empoignant au col et à la gorge après qu'elles eurent refusé d'obtempérer.

Des témoignages directs ou indirects ont fait état de coups de poing portés à son torse, et même d'un coup de crosse. Mais ils n'ont été confirmés ni par le photographe de l'AFP ni par les différentes images de la scène.

Celles-ci montrent une empoignade confuse et véhémente, et sur une vidéo on peut voir une bombe lacrymogène exploser au pied du responsable palestinien, qui semble ensuite respirer à grand peine.

Quelque minutes après, Ziad Abou Eïn s'est affaissé en se tenant la poitrine. Une soldate israélienne a tenté de lui apporter les premiers secours avant qu'il ne soit emmené à l'hôpital, où il a succombé.

Ses dernières paroles à la presse, avant les incidents, ont été pour dénoncer «une armée d'occupation qui pratique la terreur et l'oppression».

L'armée a indiqué examiner les circonstances de la mort de M. Abou Eïn, et Israël a proposé aux Palestiniens la constitution d'une équipe d'enquête commune.

Le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, a dit «regretter» son décès, tout en indiquant que «la stabilité de la sécurité est importante pour les deux camps».

Peu après l'annonce de sa mort, des affrontements ont éclaté dans le camp de réfugiés de Jelazoun, en Cisjordanie occupée, au cours desquels un adolescent palestinien de 14 ans a été très grièvement blessé à la tête par un tir de l'armée israélienne.

La coopération en suspens? 

La mort de Ziad Abou Eïn survient dans un contexte de regain de tensions entre Palestiniens et Israéliens depuis l'été à Jérusalem-Est et en Cisjordanie où, selon un décompte de l'AFP, une vingtaine de Palestiniens ont été tués depuis fin juin par l'armée israélienne.

Sa disparition a immédiatement soulevé la question cruciale de la poursuite de la coopération entre la direction palestinienne et Israël dans le domaine de la sécurité en Cisjordanie.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a dénoncé une «attaque brutale» et décrété trois jours de deuil, a également affirmé que toutes les options étaient ouvertes en réponse à la mort de M. Eïn, à l'ouverture d'une réunion extraordinaire des dirigeants palestiniens mercredi soir.

«Nous avons discuté d'un arrêt immédiat de la coordination sécuritaire et d'une révision des accords conclus avec Israël notamment en matière de sécurité», a déclaré à l'AFP un responsable palestinien à la fin de la séance.

La direction palestinienne «reste en état de réunion permanente et annoncera sa décision vendredi soir», a ajouté ce responsable, Wassel Abou Youssef, précisant que les discussions avaient également porté sur «l'adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) et la signature de conventions internationales ainsi que l'adhésion à toutes les organisations internationales».

L'organisation islamiste Hamas a réclamé la fin de «toute coordination sécuritaire avec l'occupant».

Une telle annonce aurait une portée considérable, puisqu'elle mettrait fin à la collaboration entre les forces palestiniennes et israéliennes, contre les projets d'attentats anti-israéliens par exemple.

La disparition du leader palestinien a suscité de nombreuses réactions à l'étranger.

La France a condamné «les violences» qui ont conduit à la mort de Ziad Abou Eïn» et appelé «les autorités israéliennes à faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

«Dans le contexte actuel de vives tensions en Cisjordanie et à Jérusalem, la France appelle toutes les parties à l'apaisement et à la responsabilité», a ajouté le communiqué.

La Jordanie a de son coté dénoncé «un crime de plus sur la liste des crimes israéliens répétés contre le peuple palestinien sans défense», et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé à Israël une «enquête rapide et transparente».

L'Iran a dénoncé un «acte inhumain», estimant que la mort de M. Abou Eïn allait «renforcer l'unité» des Palestiniens.

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