Attaque dans une école symbole de la coexistence à Jérusalem

L'école, fondée en 1998 pour promouvoir l'enseignement bilingue... (PHOTO RONEN ZVULUN, REUTERS)

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L'école, fondée en 1998 pour promouvoir l'enseignement bilingue et la coexistence entre Israéliens et Palestiniens, accueille 624 élèves du cours préparatoire à la terminale.

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Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Dans la cour du seul établissement bilingue arabe-hébreu de Jérusalem, parents d'élèves israéliens et palestiniens partagent choc et colère après un incendie et des tags anti-arabes contre leur école, rare lieu de coexistence dans la Ville sainte.

Samedi soir, des inconnus ont rassemblé des livres et des cahiers dans une salle de classe avant d'y mettre le feu. Puis ils ont recouvert les murs de slogans racistes.

Dimanche, aux «Mort aux Arabes» et «Stop à l'assimilation» tagués en lettres hébraïques en noir, l'école publique Max Rayne a répondu par de larges banderoles en arabe et en hébreu proclamant: «Non à la haine et au racisme, oui à la coexistence et au vivre ensemble».

À l'intérieur, la salle de classe sent encore le brûlé, mais on s'active pour balayer les débris de verre et les cendres, tandis que des dizaines de personnes sont attroupées dehors, venues en solidarité avec les 624 élèves qui étudient en arabe et en hébreu du cours préparatoire à la terminale.

Dans chaque classe de cette école fondée en 1998 par l'association «Hand in Hand» («Main dans la main»), il y a deux professeurs, l'un s'exprimant en hébreu, l'autre en arabe. Et les élèves sont tenus de répondre dans les deux langues.

Une expérience unique à Jérusalem, divisée en deux parties où l'on enseigne en hébreu à l'Ouest et en arabe à l'Est, et rare en Israël, où seules six autres écoles ont choisi ce modèle.

Miser sur un avenir meilleur

Les deux enfants de Hatem Matar, co-président palestinien du Conseil des parents d'élèves, y sont passés - l'aînée, Imane, a rejoint l'université cette année et sa soeur la suivra l'an prochain. S'il a fait ce choix, dit-il, c'est pour miser sur un avenir meilleur.

«Le racisme est toujours présent, ça, on le sait, mais notre devoir c'est de changer les choses par l'éducation, car on ne pourra rien changer par la force», assure-t-il.

Ici, raconte Imane, «nous avons appris à respecter et comprendre l'autre sans faire de distinction de religion ni de couleur, à regarder l'autre comme un être humain». Alors quand elle est revenue dans son ancienne école ce matin, elle a «beaucoup pleuré», dit-elle, car «des élèves de CP ne devraient pas avoir à aller à l'école la peur au ventre».

Les trois enfants de Orli Beham-Iran fréquentent aussi l'école Max Rayne. Cette Israélienne a fait le choix de la mixité. «Mes enfants ont des amis arabes et je ne veux pas qu'ils les voient comme différents, mais comme leurs amis seulement», assure-t-elle.

Cette école, jure Imane, a toujours été «l'endroit le plus sûr du monde», malgré d'autres attaques d'extrémistes partisans d'une séparation totale entre Israéliens et Palestiniens. C'est la première fois qu'ils parviennent à entrer dans l'établissement, note d'ailleurs la directrice de l'école.

Mais aujourd'hui, Khawla, qui reste tard pour nettoyer les classes de classe, dit à l'AFP redouter de travailler une fois la nuit tombée.

Alors que les tensions sont très vives entre Palestiniens et Israéliens dans la Ville sainte, les autorités israéliennes ont promis la fermeté face à cette nouvelle attaque qui rappelle les nombreuses autres commises par des colons extrémistes ainsi que par l'extrême-droite israélienne.

Sous le label «le prix à payer», ils taguent, incendient, agressent et commettent des actes de vandalisme contre des Palestiniens, des Arabes-israéliens, des lieux de culte musulmans et chrétiens, ou même l'armée israélienne.

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