Les jeunes musulmans autorisés à prier sur l'esplanade des Mosquées

Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et... (PHOTO AHMAD GHARABLI, ARCHIVES AFP)

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Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, est en proie depuis l'été à des troubles qui se sont intensifiés au cours des dernières semaines et au coeur desquels se trouve l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam.

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Stephen WEIZMAN
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

La police israélienne a déclaré jeudi qu'elle laisserait les jeunes musulmans prier vendredi sur le site extrêmement sensible de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, pour la seconde semaine consécutive, après des mois de restrictions.

Cette décision intervient alors que des violences agitent Jérusalem depuis des semaines, faisant craindre un nouveau soulèvement palestinien.

«Des restrictions à l'entrée des fidèles ne seront pas imposées», a déclaré la porte-parole Louba Samri dans un communiqué, ajoutant cependant que la situation pourrait être réexaminée dans la nuit en cas de nécessité.

Pour la première fois depuis des mois, Israël avait laissé la semaine dernière des dizaines de milliers de musulmans accomplir sans restriction la grande prière du vendredi sur l'esplanade des Mosquées.

L'État hébreu interdit régulièrement aux jeunes hommes musulmans l'accès à l'esplanade le vendredi, estimant qu'ils sont les plus à même de se livrer à des violences à l'issue de la prière.

La mesure avait été prise peu après que le secrétaire d'État américain John Kerry eut affirmé à Amman que l'État hébreu et le royaume jordanien, gardien de l'esplanade des Mosquées, avaient convenu de prendre des mesures pour «faire baisser la tension» à Jérusalem et «rétablir la confiance».

Amman, signataire d'un traité de paix avec Israël, avait haussé le ton il y a quinze jours en rappelant son ambassadeur à Tel-Aviv face à l'intensification des violences à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël et où se trouve l'esplanade des Mosquées, troisième site le plus sacré de l'islam.

Les Palestiniens et les musulmans en général s'inquiètent des revendications de plus en plus pressantes d'une minorité juive extrémiste qui réclame le droit de prier sur l'esplanade. Ils craignent que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ne cède à la pression bien qu'il ait répété n'avoir aucune intention de modifier le statu quo.

Projet d'attentat contre Lieberman

La tension autour de l'esplanade s'est accompagnée de violences meurtrières ces dernières semaines à Jérusalem-Est, s'étendant parfois aux villes arabes israéliennes et à la Cisjordanie.

Mardi, deux Palestiniens ont tué cinq personnes dans une synagogue de Jérusalem-Ouest, dont quatre rabbins. Les deux assaillants ont ensuite été abattus par la police, dans l'attaque la plus meurtrière depuis 2008 dans la Ville sainte.

M. Nétanyahou a aussitôt averti qu'il répondrait avec «une main de fer» et le lendemain, Israël avait repris la destruction des maisons d'auteurs d'attentat à Jérusalem, une mesure très controversée.

Les services de sécurité ont ainsi fait sauter l'appartement d'Abdelrahmane Shalodi, un Palestinien qui avait tué le 22 octobre un bébé israélo-américain et une jeune femme équatorienne en fonçant avec sa voiture sur un arrêt du tramway à Jérusalem. La police l'avait ensuite abattu.

Les Palestiniens dénoncent ce genre de mesures comme une insupportable punition collective.

Selon la police, un Palestinien a avoué jeudi être responsable d'une autre attaque à la voiture bélier le 5 novembre en Cisjordanie occupée et au cours de laquelle il avait renversé et blessé trois soldats israéliens devant un camp de réfugiés palestiniens.

Aucune confirmation de source palestinienne n'a été obtenue dans l'immédiat.

Signe de la crainte d'attentats au sein de la communauté israélienne, le maire d'Ashkélon, ville de 110 000 habitants sur la Méditerranée, a décidé d'interdire aux ouvriers arabes de travailler dans les écoles maternelles.

Imad Mouna, propriétaire d'une librairie arabe à Jérusalem confie elle aussi sa peur : «On ne va plus seul dans les quartiers juifs, surtout la nuit. Si on doit s'y rendre, alors on y va en groupe. Et on l'interdit aux enfants.

Jeudi soir tard, les services de sécurité israéliens (Shin Beth) ont affirmé avoir arrêté des membres du mouvement islamiste palestinien Hamas qu'ils soupçonnent d'avoir voulu planifier l'assassinat du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

D'après le Shin Beth, les suspects «récoltaient des informations sur le convoi du ministre» sur ses trajets depuis et vers son domicile dans la colonie de Nokdim (bien Nokdim), en Cisjordanie, et cherchaient à se procurer un lance-roquette pour viser le véhicule.

Le Shin Beth a précisé que les trois suspects, Ibrahim al-Zir, Ziad al-Zir et Adnas Tzabih, tous trois originaires du village de Harmala, près de Nokdim, en Cisjordanie, ont été arrêtés lors d'une opération des services de sécurité israéliens, de l'armée et de la police.

Selon la même source, Ibrahim al-Zir a durant le conflit israélien à Gaza cet été «commencé à préparer un plan pour attaquer l'escorte motorisée du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, dans l'idée que cet attentat adresserait un message à Israël pour qu'il cesse le conflit à Gaza».

«Ces derniers jours», les suspects ont été accusés par un tribunal militaire en Cisjordanie de conspiration pour meurtre et trafic d'armes, selon le même communiqué du Shin Beth.

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