Des extrémistes juifs appellent à une marche sur l'esplanade des Mosquées

Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et... (PHOTO AHMAD GHARABLI, ARCHIVES AFP)

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Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, est en proie depuis l'été à des troubles qui se sont intensifiés au cours des dernières semaines et au coeur desquels se trouve l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam.

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Laurent LOZANO
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Des extrémistes juifs ont appelé à marcher jeudi après-midi jusqu'au site ultra-sensible de l'esplanade des Mosquées, faisant redouter une nouvelle montée de tension à Jérusalem après la flambée de violences de la veille.

Les extrémistes ont annoncé leur intention de marcher à partir de 17 h (10 h à Montréal) «jusqu'aux portes du mont du Temple», nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées, un peu plus de 24 heures après y avoir provoqué l'un des plus vifs accès de fièvre récents à Jérusalem-Est.

Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, est en proie depuis l'été à des troubles qui se sont intensifiés au cours des dernières semaines et au coeur desquels se trouve l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam.

Neuf personnes, dont quatre auteurs ou auteurs présumés d'attaques, ont été tuées depuis juillet.

Dans ce contexte, l'appel à la marche est susceptible d'échauffer encore les esprits, même si l'esplanade sera fermée aux non-musulmans à cette heure. Il est peu probable en outre que les policiers laissent les extrémistes juifs approcher de l'esplanade.

Mais, dans le climat actuel, les termes de l'appel ne peuvent qu'être perçus comme une provocation supplémentaire par des musulmans exaspérés. «Nous voulons un véritable État juif. Nous voulons voir le Temple (reconstruit) sur le mont du Temple. Nous voulons voir Jérusalem reconstruite», proclame l'affiche du rassemblement.

Délicat exercice pour Nétanyahou

Les extrémistes juifs indignent les musulmans en réclamant le droit de prier sur l'esplanade des Mosquées qu'ils vénèrent comme le site du Temple juif détruit par les Romains en l'an 70 et dont l'unique vestige est le mur des Lamentations, en contrebas de l'esplanade. Les plus ultras dressent des plans pour le reconstruire.

Leurs revendications de plus en plus bruyantes alarment Palestiniens et Jordaniens, responsables du site. Ils s'inquiètent du risque que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ne cède à la pression pour donner des gages à l'ultra-droite en vue des élections attendues en 2015.

Ils dénoncent aussi le nombre grandissant, selon eux, de visiteurs juifs sur l'esplanade et de leurs provocations. Ils s'indignent des restrictions imposées aux musulmans, comme l'exceptionnelle fermeture complète de l'esplanade la semaine passée.

M. Nétanyahou a répété à plusieurs reprises n'avoir aucune intention de modifier le statu quo qui dispose que les juifs sont autorisés à visiter l'esplanade, mais pas à y prier.

À la tête d'une coalition gouvernementale précaire, M. Nétanyahou s'emploie à contenir les ardeurs de sa droite sans pour autant la heurter.

Occupation, guerre à Gaza, colonisation, arrestations, brimades, chômage... Une conjonction de facteurs explique des crispations qui font craindre une troisième Intifada. Mais l'esplanade des Mosquées et la mosquée Al-Aqsa qui s'y trouve représentent une véritable «ligne rouge».

De jeunes Palestiniens y ont encore affronté les policiers israéliens mercredi et, fait rare, ces derniers sont entrés de plusieurs mètres à l'intérieur d'Al-Aqsa.

Attaques à la voiture bélier

Quelques heures plus tard, un Palestinien a foncé sur des passants et tué un policier avec son véhicule avant d'être abattu.

L'armée a en revanche fait machine arrière jeudi au sujet d'un autre incident qu'elle a d'abord qualifié de nouvelle attaque. Peter Lerner, porte-parole de l'armée, a laissé entendre que les faits survenus mercredi soir près de la colonie de Goush Etzion, en Cisjordanie occupée, où un chauffeur a percuté un groupe de soldats israéliens, pourraient être un accident. C'est ce qu'affirme le chauffeur, un Palestinien de 23 ans, qui s'est rendu.

Un des soldats blessés est dans un état critique.

Les affrontements qui se sont propagés mercredi à plusieurs quartiers de Jérusalem-Est ont continué dans la nuit de mercredi à jeudi. La police a dressé des barrages dans plusieurs quartiers et déployé des forces supplémentaires aux principaux carrefours, a constaté un photographe de l'AFP.

Les forces de sécurité ont également entrepris de disposer des blocs de béton pour protéger les arrêts de tramway de nouvelles attaques à la voiture bélier.

Depuis une première attaque de la sorte le 22 octobre, «188 personnes, dont 71 mineurs, ont été arrêtés» à Jérusalem-Est, a indiqué la police. Depuis l'été, ce sont près d'un millier de Palestiniens qui ont été interpellés.

Pour le premier ministre israélien, la situation à Jérusalem constitue aussi un défi diplomatique. La Jordanie, un des deux seuls pays arabes à avoir un traité de paix avec Israël, a rappelé son ambassadeur.

Amman a dit vouloir faire appel à l'ONU pour faire cesser les agissements «graves et scandaleux» d'Israël sur l'esplanade.

Dans ce contexte, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a accusé les députés de l'ultra-droite qui se sont rendus récemment sur l'esplanade de faire une «utilisation politique cynique d'une situation particulièrement complexe».

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