Liban: des milliers de civils fuient les combats

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Les affrontements ont éclaté vendredi soir dans le coeur de Tripoli entre militaires et hommes armés.

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Agence France-Presse
Tripoli

Des milliers de civils fuyaient dimanche soir un quartier de Tripoli, grande ville du nord du Liban en proie aux violences depuis trois jours, à la faveur d'une trêve humanitaire.

Dans le même temps, le Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a réitéré ses menaces d'exécuter l'un des soldats qu'il retient depuis des combats en août à Aarsal, près de la frontière syrienne.

A Tripoli, la trêve non déclarée a été négociée par des leaders religieux entre l'armée libanaise et des islamistes armés soupçonnés de liens avec le Front al-Nosra et retranchés dans le quartier pauvre de Bab al-Tebbané.

L'armée bombardait dimanche ce secteur, où un soldat a été enlevé tandis que quatre militaires ont été tués dans les environs de Tripoli.

La deuxième ville du Liban, déjà minée par les répercussions du conflit syrien depuis plus de trois ans, connaît régulièrement des affrontements sanglants entre des sunnites partisans de la rébellion et des alaouites sympathisants du régime de Bachar al-Assad.

Des islamistes sunnites armés s'en prennent également à l'armée libanaise qu'ils accusent de coopérer avec les combattants du Hezbollah chiite, formation libanaise alliée de Damas.

Mais c'est la première fois que des combats de cette ampleur ont lieu dans le centre la «capitale du nord» du Liban.

Les affrontements ont éclaté vendredi soir dans le coeur de Tripoli entre militaires et hommes armés. Les islamistes, chassés du centre-ville samedi, se sont alors retranchés dans Bab al-Tebbané.

Des combats les opposaient dimanche à l'armée, qui bombardait le quartier au mortier, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les violences ont tué cinq civils depuis vendredi, dont trois pour la seule journée de dimanche, et les bombardements ont provoqué des incendies dans des dizaines de maisons, ont indiqué à l'AFP des habitants de Bab al-Tebbané, où vivent 100 000 personnes, dont 15000 dans le secteur où se déroulent les combats les plus violents.

Après des suppliques des habitants pris au piège et la médiation de leaders religieux, l'armée a finalement autorisé des milliers de civils à fuir.

Un journaliste de l'AFP sur place a décrit des scènes chaotiques alors que des habitants de tous âges quittaient leur quartier ravagé.

«Jusqu'au bout» 

Des femmes, en pyjama, pleuraient, tandis que les hommes étaient fouillés par les forces de l'ordre. Certains hommes portaient des enfants, mais aussi des personnes âgées.

Cinq civils blessés et des dizaines de malades ont été évacués dans des ambulances de la Croix-Rouge.

De nombreux habitants sont allés trouver refuge chez des proches, d'autres dans des écoles. Les autorités avaient annoncé plus tôt que les écoles et universités à Tripoli seraient fermées lundi en raison des violences.

La durée de cette trêve reste inconnue, et l'armée a déclaré sa ferme intention de poursuivre les combats.

«Nous mènerons cette opération jusqu'au bout», a affirmé une source militaire.

Par ailleurs, quatre soldats ont été tués dimanche après-midi dans une embuscade alors qu'ils effectuaient une patrouille au nord de Tripoli, a annoncé l'armée, accusant un «groupe terroriste».

Et un soldat libanais a été enlevé dimanche à Bab al-Tebbané. L'adjudant Fayez al-Ammouri est le deuxième militaire enlevé depuis le début des combats à Tripoli, un soldat ayant été kidnappé sur une autoroute du nord samedi soir.

Le Front al-Nosra a réitéré tard dimanche soir ses menaces d'exécuter l'un des soldats libanais qu'il retient comme otages si l'armée libanaise ne cessait pas les combats.

Le groupe djihadiste sunnite avait, plus tôt dans la journée, menacé à deux reprises d'exécuter des otages, apparemment sans franchir le pas.

Dans son nouvel ultimatum, diffusé via Twitter, le groupe déclare qu'il exécutera un soldat lundi à l'aube si l'armée ne cesse pas ses opérations à Tripoli.

Le Front al-Nosra et le groupe djihadiste rival de l'État islamique (EI) ont fait prisonniers une trentaine de militaires et policiers à Aarsal en août. Deux d'entre eux ont été exécutés depuis.

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