Yémen: 60 morts dans des violences

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Un rebelle chiite est assis dans la boîte d'un camion, le 20 octobre à Saada.

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Hammoud MOUNASSAR
Agence France-Presse
SANAA

Au moins 60 personnes ont été tuées dans de nouvelles violences entre membres d'Al-Qaïda, soutenus par des tribus, et rebelles chiites qui cherchent à étendre leur influence au Yémen en plein vide étatique, mais se heurtent à une vive résistance sunnite.

La rébellion chiite, dont le bastion se trouve à Saada (nord), a profité de l'instabilité chronique depuis le soulèvement de 2011 contre l'ancien président Ali Abdallah Saleh, pour prendre le 21 septembre la capitale Sanaa.

Ils sont depuis descendus plus au sud, s'emparant la semaine passée du port stratégique de Hodeida sur la mer Rouge et gagnant des territoires dans les provinces de Dhamar, d'Ibb et de Baïda.

Si les forces gouvernementales n'ont pas véritablement réagi face à cette avancée, les rebelles font désormais face à de violentes représailles de la part des djihadistes d'Al-Qaïda et des membres de tribus sunnites locales.

Au moins 15 personnes, dont des enfants, ont été ainsi tuées lundi dans un attentat-suicide à la voiture piégée contre un barrage tenu par des rebelles chiites à Radha, une ville située à 150 kilomètres au sud de Sanaa, dans la province de Baïda, selon des témoins et une source tribale.

Dans la nuit de dimanche à lundi, 20 combattants chiites y avaient déjà péri dans un autre attentat à la voiture piégée visant un bâtiment qu'ils occupaient dans cette ville et les violents combats ayant suivi, selon des sources sécuritaires et tribales. Douze rebelles chiites, également dits houthis, ont par ailleurs été enlevés.

L'autre camp a perdu au moins 15 combattants, selon des sources tribales.

Radha a été secouée par des violentes explosions, et les combattants ont fait usage durant de longues heures de grenades et de l'artillerie, ont indiqué des responsables.

Lundi, dix rebelles chiites ont par ailleurs été tués dans des affrontements dans le secteur d'Anas dans la province voisine de Dhamar, selon des sources médicales et tribales.

Al-Qaïda reprend une ville 

Les combattants d'Al-Qaïda et des membres des tribus ont par ailleurs repris la ville d'Udayn, dans la province d'Ibb (sud-ouest), dont ils s'étaient brièvement emparés la semaine passée.

Ils ont ensuite avancé vers la ville proche d'Ibb - dont les rebelles ont pris le contrôle mercredi - déclenchant de violents affrontements lundi soir.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) est considérée par les États-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau extrémiste. Elle mène régulièrement des attaques meurtrières contre les forces de l'ordre et a promis de livrer une guerre sans merci aux rebelles houthis, sur fond de passivité des autorités.

Malgré la signature d'un accord de paix sous l'égide de l'ONU, les rebelles continuent d'occuper la capitale Sanaa et les hommes des tribus sunnites ont accusé les forces gouvernementales de collaborer avec les rebelles dans leur avancée.

«Les hommes des tribus combattent au côté d'Al-Qaïda parce que l'armée soutient les houthis», a déclaré un chef tribal sous le couvert de l'anonymat.

À Sanaa, les forces de sécurité ont confisqué des dizaines de motos lundi, en vertu d'une interdiction temporaire de conduire des deux-roues pour prévenir les attaques que pourrait notamment mener Al-Qaïda.

Les nouvelles violences font craindre que le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, ne s'enfonce complètement dans le chaos.

Outre ces affrontements, le Yémen doit en effet également faire face à la relance d'un mouvement séparatiste dans le sud du pays, qui a été un État indépendant jusqu'en 1990.

Face à cette situation de plus en plus critique, le président Abd Rabbo Mansour Hadi s'est entretenu vendredi avec son homologue américain Barack Obama dont le pays est un allié clé du Yémen dans la lutte antiterroriste.

Les autorités yéménites et l'Arabie saoudite, majoritairement sunnite, ont accusé l'Iran chiite d'apporter un soutien aux rebelles yéménites, sur le même modèle que l'appui fourni par Téhéran au Hezbollah libanais.

Les pays arabes du Golfe ont pour leur part affirmé que la sécurité régionale était menacée par l'instabilité régnant dans ce pays.

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