Ban Ki-moon à Gaza: entre compassion, espoir et fermeté

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Ban Ki-moon est arrivé avec la promesse d'une aide de 5,4 milliards de dollars de la communauté internationale et avec l'annonce que des camions chargés de ciment et d'acier destinés à la reconstruction entraient le jour même dans Gaza pour la première fois depuis la guerre de juillet et août.

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John DAVISON, Adel ZAANOUN
Agence France-Presse
GAZA

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a mesuré par lui-même mardi l'ampleur de la destruction dans la bande de Gaza et a réclamé qu'une enquête fasse toute la lumière sur la mort de civils tués par la guerre.

Le secrétaire général est arrivé avec la promesse d'une aide de 5,4 milliards de dollars de la communauté internationale et avec l'annonce que des camions chargés de ciment et d'acier destinés à la reconstruction entraient le jour même dans Gaza pour la première fois depuis la guerre de juillet et août.

Mais, à l'école pour filles de Jabaliya, qui symbolise plus qu'aucun autre endroit les souffrances de l'été selon lui, il a aussi mis à profit sa première visite dans la bande de Gaza depuis la guerre pour délivrer un message d'intransigeance qui risque d'irriter Israël.

L'école de l'ONU transformée en refuge pour les civils a été frappée par des obus de char le 30 juillet. Une quinzaine de personnes y ont été tuées. Environ 25 autres ont trouvé la mort dans des circonstances apparemment similaires dans deux autres écoles de l'ONU pendant le conflit.

«Bombarder des écoles des Nations unies est absolument inacceptable, ces agissements doivent faire l'objet d'une enquête complète et approfondie. J'appelle une nouvelle fois à ce que justice soit faite», a-t-il dit.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a constitué en août une commission d'enquête sur d'éventuels crimes de guerre dans la bande de Gaza.

«Naître à Gaza n'est pas un crime»

Les propos de M. Ban risquent de ne pas apaiser les tensions entre le gouvernement israélien et l'ONU, qui se sont étalées au grand jour lundi lors de la rencontre à Jérusalem entre le premier ministre Benyamin Nétanyahou et M. Ban.

Aussitôt après avoir traversé le point de passage entre Israël et la bande de Gaza, M. Ban était allé se rendre compte de l'étendue du désastre à Chejaiya, où des blocs entiers ont été écrasés sous les bombes.

«Toutes les sessions, rapports, breffages du Conseil de sécurité au monde n'auraient pas pu me préparer à ce que j'ai vu aujourd'hui», a-t-il dit, le coeur «très, très lourd».

Le territoire exigu sur lequel s'entassent environ 1,8 million de personnes - dont 1,2 million sont déjà des réfugiés des conflits antérieurs - sort de sa troisième guerre en six ans avec Israël.

La dernière en date a fait plus de 2100 morts palestiniens et 73 morts israéliens. «Plus de 500 enfants ont été tués durant le conflit, bien plus encore ont été blessés. Qu'ont-ils fait de mal? Naître à Gaza n'est pas un crime», a-t-il lancé dans l'école de Jabaliya, avec des accents passionnés rares chez lui.

L'éducation est l'un des besoins humanitaires que la guerre a rendus criants et qui font de l'ONU un acteur encore plus primordial dans le territoire.

La guerre a aussi mis à genoux une économie déjà privée d'air par les blocus israélien et égyptien.

Soixante camions avec 600 tonnes de ciment

M. Ban a dit venir à Gaza «avec un message d'espoir» délivré dimanche au Caire, où la communauté internationale a promis 5,4 milliards de dollars d'aide pour Gaza.

M. Ban a annoncé que les premiers camions transportant du matériel de reconstruction en vertu d'un mécanisme convenu en septembre entre l'ONU, Israël et l'Autorité palestinienne arrivaient le jour même à Gaza.

L'importation de ce matériel est un enjeu majeur entre Israéliens et Palestiniens. Sans lui, les Palestiniens ne peuvent reconstruire. Mais les Israéliens veulent la garantie que ce matériel ne sera pas détourné pour produire des armes ou creuser des tunnels, comme ceux dont s'est servi le Hamas pour attaquer Israël.

Soixante camions chargés de 600 tonnes de ciment, ainsi que d'acier et d'agrégat sont entrés dans la bande de Gaza, a indiqué l'armée israélienne.

Des agents de l'ONU superviseront et inspecteront les chantiers, selon l'armée.

En ressortant de Gaza, M. Ban s'est rendu de l'autre côté de la frontière dans la famille de Daniel Tregerman, le seul enfant israélien tué à 4 ans par la guerre. M. Ban, qui a toujours affirmé la nécessité d'assurer la sécurité israélienne, a redit que le Hamas devait cesser ses tirs. Il est aussi descendu dans les vestiges d'un des tunnels du Hamas détruits par l'armée israélienne.

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