Les Palestiniens réclament la fin de l'occupation israélienne en 2016

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Le président Abbas a assuré dans un discours véhément devant l'ONU, le 26 septembre, son intention d'en finir avec le fonctionnement ancien des discussions de paix avec les Israéliens.

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES, New York

Les Palestiniens demandent au Conseil de sécurité des Nations unies d'exiger la fin de l'occupation israélienne au plus tard en novembre 2016, selon un projet de résolution obtenu mercredi par l'AFP.

Ce projet, remis à des membres du Conseil, s'inscrit dans la lignée du discours prononcé la semaine dernière par le président palestinien Mahmoud Abbas devant l'Assemblée générale de l'ONU, au cours duquel il a plaidé pour «l'indépendance de l'État de Palestine» et pour qu'elle intervienne «maintenant».

Le projet de résolution, soumis par le groupe des pays arabes, demande «le retrait complet d'Israël, puissance occupante, de la totalité des territoires palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, aussi vite que possible et que ce soit réalisé en vertu d'un calendrier spécifique n'allant pas au-delà de novembre 2016».

Il réclame également à l'institution internationale qu'elle respecte «l'indépendance et la souveraineté de l'État de Palestine et le droit à l'autodétermination du peuple palestinien».

Selon le texte de quatre pages, le Conseil de sécurité affirmerait «sa vision d'une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte en paix au sein de frontières sûres et reconnues».

Il demande aussi «l'arrêt complet de toutes les activités de colonisation d'Israël sur les territoires occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est».

Les diplomates onusiens ont précisé que ce texte avait très peu de chance d'être adopté, mais cette initiative arabe place le Conseil de sécurité dans l'inconfortable position de savoir comment faire progresser le processus de paix au Proche-Orient si ce projet de résolution devait être rejeté.

Les pays européens et les États-Unis ont toujours affirmé que la meilleure route vers un État palestinien passait par des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens, sans date butoir imposée.

«Nous sommes au courant des projets du président Abbas et nous continuons à penser - à penser fermement - que la seule façon d'aboutir à une solution négociée est au travers de négociations entre les deux parties», a commenté mardi l'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU, Samantha Power.

Les diplomates palestiniens ont bien conscience de l'opposition américaine à fixer une date butoir, mais ils espèrent obtenir un soutien fort de la part des autres pays.

«La résolution en elle-même s'appuie sur les paramètres qui ont constamment été réitérés par l'Union européenne, l'Assemblée générale elle-même et le Conseil de sécurité», a souligné un diplomate sous couvert de l'anonymat.

Abbas déterminé

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est dit déterminé mercredi à réclamer au Conseil de sécurité une date butoir pour l'occupation israélienne, en dépit des pressions américaines et même si la relation avec Washington est déjà «tendue».

Il a également prévenu qu'il ne renoncerait pas à adhérer à la Cour pénale internationale (CPI) en cas de veto américain à une future résolution sur la fin de l'occupation israélienne.

M. Abbas a fait cette déclaration à son retour de New York où il a assuré dans un discours véhément devant l'ONU son intention d'en finir avec le fonctionnement ancien des discussions de paix avec les Israéliens.

«Les relations avec l'administration américaine sont tendues», a-t-il dit à des journalistes au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah (Cisjordanie), en qualifiant de «partiale» la réaction américaine à son discours. Washington l'avait jugé «offensant».

«La direction palestinienne subit de fortes pressions pour ne pas aller au Conseil de sécurité et adhérer à des organisations internationales, la première de ces pressions portant sur l'aide», a dit M. Abbas. Les Palestiniens reçoivent chaque année 700 millions de dollars des États-Unis, a-t-il dit.

«L'atmosphère est tendue (...) et il n'est pas dans notre intérêt de la tendre davantage. Mais en même temps, je maintiens que nous ne pouvons pas revenir sur notre décision» de présenter une résolution au Conseil de sécurité, a-t-il martelé.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a annoncé mercredi que le groupe arabe à l'ONU avait «adopté le projet de résolution en y apportant des modifications très mineures» et que la Jordanie, qui représente les pays arabes au Conseil, le présenterait «sous trois semaines» au vote.

Les discussions sur ce texte se poursuivent désormais avec «les Européens, les Africains, l'Amérique latine, les Non-Alignés», a-t-il ajouté.

«Nous sommes déterminés à poursuivre la lutte politique et nous ne reprendrons aucune négociation ne prévoyant pas un calendrier pour la réalisation de nos objectifs».

M. Abbas a admis ne pas avoir la garantie de recueillir les voix des neuf membres nécessaires pour l'examen d'un projet de résolution et, «si nous les obtenons, il est fort probable que les États-Unis opposeront leur veto».

Dans ce cas, «nous irons devant les organisations internationales et en premier lieu nous signerons le Statut de Rome pour adhérer à la CPI». Simultanément, «nous réexaminerons tous les accords avec Israël et notamment la coopération sécuritaire», a-t-il menacé.

Depuis qu'il a obtenu le statut d'observateur à l'ONU en 2012, l'État de Palestine menace de rejoindre la CPI, ce qui lui permettrait de poursuivre les dirigeants israéliens pour crimes de guerre.

Évoquant le récent accord entre son parti le Fatah, et son rival islamiste du Hamas, qui contrôle toujours Gaza, M. Abbas a assuré que le gouvernement d'union, accepté par les deux partis, se rendrait à Gaza peu avant une conférence internationale des donateurs pour la reconstruction de Gaza le 12 octobre au Caire.

«L'Autorité palestinienne et le gouvernement d'union seront les seuls responsables de tout ce qui entrera à Gaza, tandis que l'ONU sera responsable de surveiller l'utilisation des matériaux de construction», a-t-il précisé.

Au lendemain de la prise à Jérusalem-Est de 25 appartements par des colons juifs, M. Abbas a par ailleurs dit avoir envoyé des messages «dans un langage ferme» à Israël et aux États-Unis. «Nous attendons une réponse et nous prendrons des mesures sous trois jours», a-t-il assuré.

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