Transition à haut risque en Afghanistan

Des membres des forces de sécurité afghanes sont... (PHOTO PARWIZ, ARCHIVES REUTERS)

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Des membres des forces de sécurité afghanes sont aperçus autour du corps d'un présumé taliban tué après s'être attaqué au ministère de la Justice de la province Jalalabad, dans l'est du pays, le 12 mai

PHOTO PARWIZ, ARCHIVES REUTERS

Le retrait, d'ici la fin de l'année, de la majeure partie des troupes occidentales toujours basées en Afghanistan représente un défi majeur pour le gouvernement du pays, qui peine à assurer la sécurité des zones déjà passées sous son contrôle.

Une nouvelle étude de l'International Crisis Group (ICG) indique que les régions où l'armée nationale a pris le relais des forces étrangères au cours des dernières années ont généralement assisté à une flambée de violence.

Des quatre régions considérées dans l'étude, une seule a connu une amélioration de sa situation sécuritaire.

Des évaluations n'ayant pas été diffusées indiquent, selon l'ICG, que la violence a globalement crû de 15 à 20% en 2013 dans le pays par rapport à l'année précédente et que le phénomène s'est poursuivi au début de 2014.

«La tendance globale est à l'augmentation de la violence et à l'augmentation des attaques des insurgés. Les retraits des troupes internationales ont généralement coïncidé avec une détérioration de l'emprise de Kaboul sur les districts touchés», prévient l'étude d'une soixantaine de pages.

Le problème sécuritaire risque d'être exacerbé dans certaines régions où les tensions ethniques ou tribales mises sous le tapis en raison de la présence de troupes étrangères sont susceptibles de revenir à la surface.

Bien que le déroulement du premier tour de l'élection présidentielle en mars ait donné espoir à certains analystes quant à la capacité de l'armée à tenir tête aux talibans, il faut se garder de tout optimisme prématuré, prévient l'ICG.

Le groupe de recherche estime qu'il est peu probable que le gouvernement réussisse à faire face à la menace posée par les groupes insurgés sans un «soutien sécuritaire, politique et économique constant et substantiel» de la communauté internationale.

L'octroi de ce soutien, prévient l'organisation, passe notamment par la conclusion d'une entente sécuritaire entre les États-Unis et le gagnant à venir du scrutin présidentiel, pour lequel le favori est Abdullah Abdullah, un ancien ministre des Affaires étrangères.

Hier, l'envoyé spécial américain dans le pays, James Dobbins, a déclaré que la présence militaire des États-Unis et des pays alliés demeurera «significative» malgré le retrait annoncé en 2014 et visera à poursuivre le renforcement des forces armées afghanes.

«Les retraits des troupes internationales ont généralement coïncidé avec une détérioration de l'emprise de Kaboul sur les districts touchés.»

L'International Crisis Group

Les insurgés et le pouvoir

Le professeur Jabeur Fathally, de l'Université d'Ottawa, estime que les talibans pourraient perturber le deuxième tour de l'élection de manière sensiblement plus importante que le premier tour.

Il pense que les insurgés, «quoi qu'on dise du niveau de préparation de l'armée afghane», seront en mesure de reprendre le pouvoir à Kaboul dans les mois suivant le retrait des troupes occidentales, à moins que le Pakistan, soutien traditionnel des talibans, ne décide de miser sur une solution négociée pour préserver ses intérêts dans le pays, note l'analyste.

Bien que des pourparlers de paix aient été tentés, la perspective d'une résolution du conflit semble peu probable dans l'année qui vient, juge l'ICG.

Les opposants au régime de Kaboul n'ont montré sur le terrain «aucune volonté de réduire le rythme des combats» et mobilisent des groupes de combattants de plus en plus importants pour affronter les forces de sécurité afghanes.

Les talibans ont illustré leur détermination lundi en lançant une série d'attaques aux quatre coins du pays qui marquent le retour du printemps - une période traditionnellement fertile en affrontements.

Selon l'Agence France-Presse, les insurgés ont indiqué qu'ils entendaient cibler «principalement les envahisseurs étrangers et ceux qui les soutiennent», la dernière expression désignant les forces afghanes.

Certains officiels afghans interrogés par l'ICG expriment le souhait que les combats à venir permettront de convaincre les insurgés de la «résilience» de l'armée et du gouvernement et de la nécessité de rechercher une solution négociée.

EN CHIFFRES

132 000

Nombre de soldats de la force internationale déployés en Afghanistan en 2011

55 000

Nombre de soldats internationaux dans le pays au début de 2014

8000 à 12 000

Taille estimée par l'armée américaine du contingent militaire international qui pourrait demeurer dans le pays après la fin de l'année

345 000

Nombre de membres des forces de sécurité afghanes




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