Armes iraniennes: Nétanyahou dénonce «l'hypocrisie» de l'Occident

Le premier ministre Nétanyahou lors d'une conférence de... (PHOTO JACK GUEZ, AFP)

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Le premier ministre Nétanyahou lors d'une conférence de presse au port d'Eilat, dans le sud d'Israël, où a été déchargé le cargo arraisonné en mer Rouge par la marine israélienne.

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Stephen WEIZMAN
Agence France-Presse
Eilat, Israël

Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déploré amèrement lundi la «mollesse» des réactions internationales envers l'Iran après avoir inspecté un arsenal à destination de Gaza expédié par Téhéran, selon Israël, et saisi à bord d'un bateau intercepté en mer Rouge par un commando israélien.

M. Nétanyahou s'en est pris en particulier à l'UE, accusée d'«hypocrisie», et à sa chef de la diplomatie Catherine Ashton, lors d'une visite organisée dans le port d'Eilat, au sud d'Israël, où ont été présentées les armes saisies dans la soute du cargo battant pavillon panaméen Klos-C, arraisonné la semaine dernière en mer Rouge, dont 40 roquettes M-302 d'une portée allant de 60 à 160 km.

«Cette prise illustre une nouvelle fois l'ère d'hypocrisie dans laquelle nous vivons. Je n'ai entendu tout au plus que des condamnations isolées et molles envers l'Iran de la part de la communauté internationale», a regretté M. Nétanyahou en s'adressant aux journalistes et à des attachés militaires étrangers venus à Eilat.

«J'ai vu des sourires, des mains serrées entre des représentants occidentaux et des dirigeants iraniens à Téhéran, au moment même où nous étions en train de décharger les conteneurs» d'armes, a noté le Premier ministre israélien, en faisant allusion à la visite de Mme Ashton dimanche à Téhéran pour discuter du programme nucléaire iranien.

Selon «Bibi» Nétanyahou, les roquettes acheminées par le bateau auraient pu toucher «Tel-Aviv, Jérusalem et même la périphérie de Haïfa», dans le nord d'Israël.

Les roquettes tirées par les groupes armés palestiniens depuis la bande de Gaza s'abattent généralement dans la région d'Ashkélon et du nord du Néguev, même si des engins de plus longue portée ont été lancés lors de la dernière opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, en novembre 2012, atteignant notamment la région de Jérusalem.

M. Nétanyahou et son ministre de la Défense Moshé Yaalon ont passé en revue les roquettes, les obus de mortiers et les munitions exposés sur le quai. Des tableaux avaient été installés où figuraient le détail des armes confisquées ainsi que des certificats présentés comme «falsifiés» - les conteneurs étaient censés abriter des sacs de ciment - et visant à démontrer que toute l'opération avait été montée en Iran.

L'armée et le ministère de la Défense avait soigneusement organisé la présentation de l'arsenal de guerre en espérant déclencher des critiques internationales contre l'Iran, son soutien «à des organisations terroristes internationales» et son programme nucléaire.

«Hypocrisie»

Selon les commentateurs, M. Nétanyahou escomptait que l'interception du Klos-C lui donnerait de nouveaux arguments pour presser la communauté internationale de maintenir les sanctions économiques contre Téhéran.

Les médias n'avaient pas manqué de relever que l'annonce de l'arraisonnement a coïncidé avec une visite du Premier ministre israélien aux États-Unis qu'il tente de convaincre de ne pas baisser la garde face à l'Iran.

Au grand dam d'Israël, une partie des sanctions a été levée en échange d'un gel de certaines activités nucléaires par Téhéran, en vertu d'un accord signé le 24 novembre à Genève entre l'Iran et les grandes puissances.

La plupart des analystes israéliens avaient, dès l'annonce de l'interception du cargo, exprimé de sérieux doutes sur le fait qu'elle suffise à convaincre la communauté internationale de se monter plus ferme envers l'Iran du président Hassan Rohani qui nie vouloir se doter de l'arme atomique.

L'Iran et les principaux mouvements palestiniens à Gaza ont catégoriquement démenti tout lien avec le bateau arraisonné.

Ne cachant pas un certain dépit, M. Nétanyahou a reproché à la communauté internationale de conduire une politique de deux poids deux mesures à l'encontre d'Israël.

Selon lui, les réactions internationales après la découverte des armes du Klos-C n'ont pas été à la hauteur du «choeur de critiques» qui accueille chaque annonce de constructions dans les colonies juives de Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

«Dès que l'on construit un balcon dans un quartier de Jérusalem, nous entendons un choeur de critiques acerbes contre Israël. Cette hypocrisie est intolérable moralement et dangereuse», a estimé M. Nétanyahou.

«Avant qu'il ne soit trop tard, le monde doit se réveiller et empêcher l'Iran de développer ses capacités à se doter de l'arme nucléaire», a-t-il plaidé encore une fois.




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