Israël: une proposition de loi pour bannir la terminologie nazie

Un député de gauche, Dov Khenin, du parti... (Photo: AFP)

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Un député de gauche, Dov Khenin, du parti communiste Hadash, a souligné que les politiciens israéliens, dont le premier ministre de droite Benyamin Nétanyahou (photo), faisaient un grand usage de la terminologie nazie.

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Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Le Parlement israélien a examiné une proposition de loi prohibant l'utilisation du mot «nazi» et de symboles du IIIe Reich, mais ce texte, considéré par l'opposition comme une atteinte à la liberté d'expression, a peu de chances d'être adopté, selon les médias.

Ce projet de loi a été adopté mercredi lors d'un vote préliminaire grâce à une majorité de représentants de la coalition gouvernementale.

Il doit toutefois être encore débattu devant une commission parlementaire, puis être soumis à une série de votes des députés avant de pouvoir avoir force de loi.

Selon la proposition de loi, rédigée par un député du parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou, toute personne utilisant le mot «nazi» ou un dérivatif, ou un symbole de la Shoah (comme l'étoile jaune), ou nazi, encourrait une peine de prison de six mois et une amende équivalent à 21.015 euros.

La texte précise néanmoins dans son introduction que l'utilisation de la terminologie et de symboles du nazisme pour des raisons liées à l'éducation ou à l'histoire est autorisée.

Une des dirigeantes du Parti travailliste (centre-gauche), Shelly Yachimovich, a critiqué ce texte, estimant que «le fossé est grand entre le fait d'utiliser une expression blessante et inappropriée, et le fait de l'interdire légalement».

Un autre député de gauche, Dov Khenin, du parti communiste Hadash (à majorité arabe), a souligné que les politiciens israéliens, dont le premier ministre de droite Benyamin Nétanyahou, faisaient un grand usage de la terminologie nazie. «Quiconque fera un film sur les nazis risquera la prison?» s'est-il interrogé.

Il est probable toutefois que ce texte ne sera pas approuvé par la Knesset, l'avocat général Yéhuda Weinstein jugeant une telle loi inutile.

Le directeur du mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, Avner Shalev, a estimé que ce type de législation n'était pas adapté. «Je préfèrerais qu'à travers l'éducation, l'esprit de débat public, on crée une atmosphère qui fera qu'on ne puisse pas facilement user et abuser de ces termes», a-t-il dit à l'AFP.




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