Israël rend hommage à Ariel Sharon

Des gardes d'honneur ont installé le cercueil d'Ariel... (PHOTO SEBASTIAN SCHEINER, AP)

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Des gardes d'honneur ont installé le cercueil d'Ariel Sharon sur un socle de marbre noir au bout de l'esplanade de la Knesset, le Parlement.

PHOTO SEBASTIAN SCHEINER, AP

Philippe AGRET
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Israël rendait hommage dimanche au général Ariel Sharon, «héros» selon les médias, mais «criminel de guerre» pour les Palestiniens, dont le cercueil était exposé devant le Parlement à Jérusalem.

Le président israélien Shimon Peres a déposé une... (PHOTO BERNARD ARMANGUE, AP) - image 1.0

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Le président israélien Shimon Peres a déposé une couronne de fleurs à côté du cercueil d'Ariel Sharon.

PHOTO BERNARD ARMANGUE, AP

Le décès d'«Arik» (diminutif d'Ariel), mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national, avant son enterrement lundi dans sa ferme familiale du sud du pays.

Des milliers d'Israéliens de toute condition ont défilé toute la journée devant son cercueil recouvert du drapeau bleu et blanc frappé de l'Étoile de David et déposé sur un socle de marbre noir au bout de l'esplanade de la Knesset, le Parlement.

Là, des gardes d'honneur veillaient la bière. Un chantre militaire et des rabbins ont psalmodié des prières de deuil.

Dans la file, des soldats côtoyaient des juifs ultra-orthodoxes en habit noir, un groupe de prêtres éthiopiens se mêlait à des familles.

Le visage grave, certains priaient silencieusement tandis que d'autres allumaient des bougies.

Beaucoup regrettaient le charisme et la bravoure du 11e chef de gouvernement d'Israël.

«Je n'ai jamais fréquenté ''Arik'' personnellement, mais je le connaissais en tant que dirigeant, un des derniers à rester en Israël», confiait Meir Gavron, 56 ans, venu de Ramat Gan, près de Tel-Aviv. «Je m'identifiais beaucoup avec l'homme».

Des navettes d'autobus avaient été spécialement mises en place pour éviter des embouteillages.

Le conseil des ministres hebdomadaire, présidé par Benyamin Nétanyahpu, a observé une minute de silence.

Le premier ministre a de nouveau salué en son rival politique - avec lequel il ne s'entendait guère - un de «nos plus éminents dirigeants et de nos plus audacieux commandants».

Lundi, une cérémonie officielle sera organisée à partir de 9 h 30 (2 h 30 à Montréal) à la Knesset, avant des funérailles militaires en début d'après-midi à la ferme des Sycomores, le ranch de la famille Sharon, non loin de la frontière avec Gaza.

Ariel Sharon a souhaité y être inhumé aux côtés de sa seconde épouse Lily. Ses deux fils, Gilad et Omri, ainsi que le chef d'état-major Benny Gantz prononceront les éloges funèbres.

Compte tenu de la proximité de la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, la police israélienne devait dépêcher des renforts dans le sud du pays, où est déjà déployé le système antimissile mobile «Iron Dome» (Dôme de Fer).

Le vice-président américain Joe Biden, l'ex-premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, en visite officielle au même moment, participeront à l'hommage officiel au Parlement.

Toutefois, la plupart des pays ne dépêcheront que des représentants subalternes.

Panégyriques

Tous les médias israéliens consacraient leur une à la mort de l'ancien chef de guerre et homme fort de la droite nationaliste, avec force panégyriques, photos et témoignages de compagnons d'armes.

«Il fut un génie, à la fois généreux et cruel», résumait l'éditorialiste Shalom Yerushalmi dans le Maariv.

L'influent commentateur Nahum Barnea rappelait dans le Yediot Aharonot qu'Ariel Sharon «incarnait tout ce que les ''Pères de la Nation'' rêvaient de voir avec la génération de leurs fils nés en Israël: beau, fort, travailleur de la terre et soldat toute sa vie».

Même à gauche, le quotidien Haaretz, pourtant farouche adversaire de Sharon, lui tressait des couronnes.

«Depuis le départ de Sharon, Israël manque d'un leadership politique qui reconnaisse les limites de la force, maintienne l'alliance avec les États-Unis et fasse preuve de courage dans les Territoires (palestiniens) sans se laisser impressionner par les colons».

Champion de la colonisation, Sharon fut pourtant le chef de gouvernement qui aura évacué les troupes et les 8000 colons de la bande de Gaza en 2005. Une décision que ne lui ont pas pardonné les colons de Gaza jusqu'à aujourd'hui.

Mais il restera aussi dans l'Histoire comme l'artisan en 1982 de la désastreuse invasion du Liban, alors qu'il était ministre de la Défense.

Une commission d'enquête israélienne a conclu à la «responsabilité indirecte», mais personnelle de Sharon dans le massacre de centaines de civils palestiniens par ses alliés phalangistes chrétiens libanais dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth en septembre 1982.

De Gaza à Ramallah, et de Jénine aux camps de réfugiés du Liban, les Palestiniens n'ont pas caché leur immense joie à l'annonce du décès du «criminel Sharon», mais aussi leurs regrets que le général israélien n'ait pas comparu devant la justice internationale.




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