Rohani: la politique étrangère «ne se fait pas à coup de slogans»

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Le président Rohani a affirmé la semaine dernière qu'il souhaitait mener des «négociations sérieuses sans perte de temps» avec les grandes puissances, sans pour autant céder sur les «droits indéniables» de l'Iran dans le domaine nucléaire, en particulier concernant l'enrichissement d'uranium, au centre des inquiétudes des Occidentaux.

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Agence France-Presse
TÉHÉRAN

La politique étrangère «ne se fait pas à coups de slogans», a affirmé samedi le président iranien Hassan Rohani dans une critique implicite à son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, selon des propos rapportés par l'agence Isna.

«La politique étrangère ne se fait pas à coups de slogans. Nous n'avons pas le droit d'utiliser la politique étrangère pour nous faire applaudir. C'est un domaine très sensible et c'est la clé pour régler nos problèmes actuels», a déclaré M. Rohani lors d'une cérémonie de passation de pouvoir entre le chef de la diplomatie sortant, Ali Akbar Salehi, et son successeur, Mohammad Javad Zarif.

Durant son double mandat de huit ans, Mahmoud Ahmadinejad était coutumier des déclarations-chocs. Dans ses discours publics, il prédisait régulièrement la «disparition prochaine» d'Israël, avait remis en cause la réalité de l'Holocauste ou qualifié de «papiers chiffonnés» les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies à l'encontre de l'Iran.

Israël et les Occidentaux accusent depuis plusieurs années Téhéran, qui dément de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil. Les négociations entre l'Iran et les grandes puissances (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) sur le dossier nucléaire n'ont toujours pas abouti, mais doivent reprendre prochainement.

Les sanctions occidentales imposées depuis début 2012 à l'Iran à cause de son programme controversé ont abouti à une baisse de 50 % des exportations et des revenus pétroliers, provoquant une chute de la valeur de la monnaie nationale et une inflation d'environ 40 %.

«L'un des messages des électeurs lors de la présidentielle (du 14 juin, ndlr) est qu'ils veulent un changement en politique étrangère. Cela ne veut pas dire un renoncement à nos principes, mais plutôt un changement de méthode», a-t-il affirmé.

«Nous allons défendre avec force nos intérêts nationaux, mais cela doit se faire avec justesse, précision et rationalité (...) Si nous ne comprenons pas les questions et la réalité de ce monde, nous ne pouvons pas réussir en politique étrangère», a ajouté M. Rohani, avertissant que «toute erreur en politique étrangère coûtera très cher à la population».

Hassan Rohani a affirmé la semaine dernière qu'il souhaitait mener des «négociations sérieuses sans perte de temps» avec les grandes puissances, sans pour autant céder sur les «droits indéniables» de l'Iran dans le domaine nucléaire, en particulier concernant l'enrichissement d'uranium, au centre des inquiétudes des Occidentaux.

Ashton presse le ministre des Affaires étrangères à reprendre les pourparlers

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui mène les négociations sur le nucléaire iranien au nom des grandes puissances, a appelé le nouveau ministre iranien des Affaires étrangères à reprendre les pourparlers sur cette question, lors d'une conversation téléphonique samedi.

Selon un communiqué de son porte-parole, Mme Ashton a téléphoné au ministre Mohammad Javad Zarif pour le féliciter de ses nouvelles fonctions et elle a «souligné sa détermination et son engagement sans faille pour rechercher une solution diplomatique à la question du nucléaire iranien».

Mme Ashton, qui représente dans les négociations les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine) plus l'Allemagne, déclare qu'ils sont «prêts à travailler avec la nouvelle équipe de négociateurs iraniens dès qu'ils seront enregistrés».

«Elle confirme la nécessité d'engager des négociations substantielles qui mèneront en souplesse à des résultats concrets», selon le communiqué qui ajoute que Mme Ashton et M. Zarif «ont convenu de se rencontrer bientôt».

Au début du mois d'août, Mme Ashton avait déjà écrit au nouveau président iranien Hassan Rohani pour souhaiter une nouvelle tournée de négociations dès que possible sur la question du nucléaire.

Mme Ashton dirige le groupe de négociateurs des grandes puissances appelé «5+1» qui croit que le programme nucléaire iranien est utilisé pour développer la bombe nucléaire, alors que Téhéran ne cesse d'affirmer qu'il n'a que des objectifs pacifiques.

Le président Rohani, qui a dirigé l'équipe des négociateurs iraniens au début des années 2000 sous le président réformiste Mohammad Khatami, a déclaré que l'Iran était prêt à des pourparler «sérieux» sur son programme nucléaire, sans délai.

Plus tôt, dans la journée de samedi, l'Iran a indiqué qu'elle possédait environ 18 000 centrifugeuses dont plus de 10 000 en activité, confirmant des chiffres donnés en mai par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

«Quelque 1000 centrifugeuses de seconde génération ont également été installées et sont prêtes à entrer en activité», a précisé Fereydoun Abbassi Davani, le chef sortant de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).

En mai, le rapport de l'AIEA évoquait 17 600 centrifugeuses installées, dont 16 590 de première génération et 1000 de seconde génération.

L'Iran affirme faire de l'enrichissement d'uranium à 5% et à 20% dans un but pacifique. Les responsables iraniens affirment que l'enrichissement d'uranium à 20% est destiné à produire du combustible pour le réacteur de recherche et médical de Téhéran. Mais Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire de la région, et les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil.

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