Un diplomate de l'ambassade d'Iran au Yémen a été enlevé dimanche à Sanaa par des hommes armés, un rapt dont les services de sécurité yéménites soupçonnent Al-Qaïda d'être responsable.

«Un diplomate iranien a été enlevé dimanche à Sanaa par des hommes armés», a déclaré à l'AFP une source au sein des services de sécurité, ajoutant sous couvert d'anonymat, que l'homme avait été «conduit vers une destination inconnue».

Cet enlèvement, le premier connu d'un Iranien au Yémen, survient dans un contexte de tension dans ce pays de la Péninsule arabique où l'Iran est accusé d'aider les chiites zaïdites, en conflit ouvert avec les fondamentalistes sunnites dont la communauté est majoritaire.

Cinq autres étrangers, dont un couple néerlandais et un diplomate saoudien, sont retenus en otages au Yémen.

Téhéran a confirmé le rapt et l'a condamné comme «un acte inhumain», pressant les autorités yéménites d'agir pour le libérer.

«Nous avons été informés ce matin qu'un de nos employés à l'ambassade d'Iran au Yémen a été enlevé par un groupe inconnu. Cette personne est iranienne», a déclaré à l'agence Isna le porte-parole de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, précisant que la victime s'appelle Nour-Ahmad Nikbakht.

«Nous n'avons aucune information sur les auteurs de l'enlèvement», a indiqué à Isna une source au sein de l'ambassade iranienne, indiquant qu'«un témoin de l'enlèvement a alerté l'ambassade».

L'Iran «condamne cet acte inhumain et appelle le gouvernement yéménite à prendre des mesures sérieuses pour faire libérer le diplomate», ont rapporté les médias officiels iraniens, citant une conversation entre le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, et son homologue yéménite, Abou Bakr al-Kirbi.

Le chargé d'affaires yéménite à Téhéran a été pour sa part convoqué au ministère des Affaires étrangères à Téhéran et l'Iran lui a signifié «sa grande inquiétude sur le sort de son diplomate», selon les médias iraniens.

Nour-Ahmad Nikbakht a été enlevé en fin de matinée dans une rue proche de l'ambassade d'Iran à Hadda, un quartier du sud de la capitale yéménite, a expliqué à l'AFP la source yéménite.

«Une enquête a été ouverte pour déterminer l'identité des ravisseurs et retrouver le lieu où ils ont conduit leur otage», a indiqué une autre source au sein des services de sécurité.

«Nous n'avons aucune information sur les auteurs de l'enlèvement», a indiqué à Isna une source au sein de l'ambassade iranienne. «Un témoin de l'enlèvement a alerté l'ambassade», a expliqué cette source.

Un officier des services de sécurité a évoqué la piste d'Al-Qaïda dans ce rapt. «Les services de sécurité ont des soupçons qu'Al-Qaïda soit derrière l'enlèvement», a-t-il déclaré à l'AFP.

Le Yémen est le théâtre de fréquents enlèvements d'étrangers, souvent revendiqués par des tribus fortement armées, qui utilisent ce moyen pour faire aboutir leurs revendications auprès des autorités.

Mais Al-Qaïda est également tenue pour responsable de rapts au Yémen, dont celui d'un diplomate saoudien, Abdallah al-Khalidi, toujours aux mains du réseau extrémiste depuis son enlèvement en mars 2012 à Aden.

Des centaines de personnes ont été enlevées ces quinze dernières années, mais elles ont en grande majorité été libérées saines et sauves, la plupart en échange de rançons.

Mais un couple de Hollandais, dont une femme journaliste, sont toujours retenus par leurs ravisseurs, plus d'un mois après leur enlèvement dans le même quartier de Hadda où a été kidnappé l'Iranien.

En outre, un couple sud-africain enlevé le 27 mai à Taëz (sud-ouest) est aux mains du réseau Al-Qaïda, actif au Yémen, avait indiqué le 6 juin un haut responsable des services de sécurité, tout comme un diplomate saoudien, Abdallah al-Khalidi, vice-consul à Aden, enlevé le 28 mars 2012 dans cette ville du sud du Yémen et toujours retenu par Al-Qaïda.