Victoire étriquée de Nétanyahou aux élections israéliennes

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Selim SAHEB ETTABA
Agence France-Presse
Jérusalem

Le premier ministre de droite Benjamin Netanyahou devrait se maintenir au pouvoir en Israël malgré la contre-performance de sa liste aux élections législatives de mardi qui va le forcer à une alliance avec un nouveau parti centriste, gagnant inattendu du scrutin.

La liste commune formée par le Likoud de M. Netanyahou avec le parti Israël Beiteinou de son ex-ministre des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, Netanyahou n'a obtenu que de 32 ou 33 sièges contre 42 sur 120 dans le Parlement sortant, selon les sondages à la sortie des urnes.

Le parti centriste Yesh Atid, lancé il y a un an à peine par l'ex-journaliste Yaïr Lapid, a créé la sensation en devenant la deuxième formation du pays avec 18 ou 19 députés, juste devant le Parti travailliste (17).

Prenant acte de ce revers, M. Netanyahou a annoncé son intention de constituer le «gouvernement le plus large possible» devant les militants de son parti Likoud à Tel Aviv.

Il s'est engagé à s'atteler immédiatement à cette tâche et a pressé M. Lapid de le rejoindre afin d'«accomplir de grandes choses pour Israël».

Yaïr Lapid, un nouveau venu en politique devenu faiseur de roi, a lui aussi prôné un gouvernement «le plus large possible».

«J'exhorte les dirigeants politiques à agir avec moi pour former ensemble le gouvernement le plus large possible qui unira les éléments modérés de gauche et de droite pour un réel changement», a plaidé M. Lapid en s'adressant à ses partisans enthousiastes à Tel Aviv.

«Nous avons réuni toutes les composantes de la société, avec l'espoir de changer les choses en Israël», s'est réjoui le numéro deux de la liste Shaï Piron, un rabbin.

Selon l'analyste de la radio militaire, «Bibi» Netanyahou n'aura «pas d'autre choix que de proposer un des trois grands ministères: la Défense, les Affaires étrangères ou les Finances à Yaïr Lapid».

Parmi les autres partis considérés comme des alliés «naturels» de M. Netanyahou le Foyer juif, la formation nationaliste religieuse représentant des colons dirigée par Naftali Bennett a obtenu 12 élus, les partis ultraorthodoxes sépharade Shass (11-13) et ashkénaze Judaïsme unifié de la Torah (6).

Le nouveau mouvement centriste de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, HaTnouha, qui a fait campagne pour la relance du processus de paix avec les Palestiniens, obtiendrait 7 sièges, le Meretz (gauche) 6 ou 7, et les partis arabes de 8 à 11.

Les résultats définitifs ne seront annoncés que dans une semaine. Le président Shimon Pérès entamera alors ses consultations afin de déterminer qui a le plus de chances de former la nouvelle coalition et devrait choisir M. Netanyahou pour un troisième mandat, son deuxième consécutif.

Le nouveau gouvernement devra faire face au programme nucléaire iranien et aux pressions pour relancer les négociations avec les Palestiniens et adopter un plan d'austérité pour juguler le déficit budgétaire.

Dans son discours, M. Netanyahu a affirmé que le premier défi auquel sera confronté le prochain gouvernement est «d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire». Dans le passé, M. Netanyahu a évoqué à plusieurs reprises la possibilité qu'Israël attaque les installations nucléaires iraniennes.

Mais il n'a pas réussi jusqu'à présent à convaincre ses alliés, avant tout les États-Unis, de la nécessité d'une telle opération.

Dans une première réaction palestinienne, le négociateur Saëb Erakat a déclaré à l'AFP que «les résultats des élections israéliennes étaient une affaire intérieure israélienne», mais précisé que «quelle que soit la nature de la coalition gouvernementale, elle doit vouloir la paix et suivre la voie d'une solution à deux États pour restaurer la crédibilité du processus de paix».

Auparavant, la Maison-Blanche avait réaffirmé son attachement à une «solution à deux États» dans le conflit israélo-palestinien, mais a dit attendre de voir quelle serait l'approche du futur gouvernement israélien.

Le taux de participation s'est établi à 66,6 %, en légère hausse par rapport aux législatives de 2009 (65,27 %), selon la commission électorale.

 

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