Colonies israéliennes: Palestiniens et UE inquiets

Une jeune femme hèle un taxi alors que... (PHOTO AMMAR AWAD, REUTERS)

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Une jeune femme hèle un taxi alors que des travailleurs de la construction quittent le chantier d'un nouveau projet résidentiel dans la colonie israélienne de Maalé Adoumim, en Cisjordanie, le 3 décembre.

PHOTO AMMAR AWAD, REUTERS

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Nasser ABOU BAKR
Agence France-Presse
Ramallah, Cisjordanie

Les dirigeants palestiniens et la communauté internationale dénonçaient mercredi un projet de construction controversé dans une colonie juive près de Jérusalem, qui a franchi mercredi une étape malgré les pressions sur Israël pour y renoncer.

Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, en route vers Berlin, a fait étape mercredi à Prague où il a remercié les dirigeants de la République tchèque, seul pays de l'Union européenne (UE) à avoir voté, le 29 novembre, contre l'accession de la Palestine au statut d'État observateur à l'ONU.

L'administration militaire israélienne a «avalisé la poursuite du projet de construction dans le secteur E1 entre Jérusalem et Maalé Adoumim», colonie de Cisjordanie occupée, a affirmé la radio militaire israélienne.

La radio publique israélienne a précisé que la population disposait désormais d'un délai de deux mois pour présenter des objections, avant que les discussions sur le programme ne reprennent.

«Cette décision de colonisation est un défi et un acte de mépris de la part d'Israël envers la communauté internationale et au monde entier qui a condamné la colonisation et lui a demandé de l'arrêter», a déclaré à l'AFP le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina.

«Si Israël décide de commencer la construction dans le secteur E1 et d'avaliser ces décisions de colonisation, nous considérons qu'il a décidé de mettre fin au processus de paix et à la solution à deux États» palestinien et israélien, a affirmé le négociateur palestinien Saëb Erakat.

«Ce sera la fin de toute chance de parler de paix à l'avenir», a estimé M. Erakat.

Le projet, s'il était mené à bien, couperait en deux la Cisjordanie et l'isolerait de Jérusalem-Est occupée et annexée, compromettant la viabilité d'un futur État palestinien.

«Ajouté à la dernière minute»

Après plusieurs de ses États membres, dont la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne, l'UE a convoqué l'ambassadeur d'Israël pour lui exprimer ses «préoccupations» au sujet de ces projets de colonisation.

Le quotidien israélien Haaretz rapporte que le plan a été «ajouté à la dernière minute à l'ordre du jour» de la commission de planification du ministère de la Défense, affirmant qu'il porte «sur la construction de 3.400 logements dans le corridor E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem».

M. Nétanyahou a annoncé une relance de la colonisation, y compris dans le projet E1, gelé depuis 2005 sous pressions américaines, à titre de sanction contre l'accession de la Palestine au statut d'État observateur à l'ONU, votée par une large majorité.

La direction palestinienne, réunie mardi soir autour du président Mahmoud Abbas, a annoncé qu'elle allait «à titre de première mesure se tourner vers le Conseil de sécurité de l'ONU au nom de l'État de Palestine pour demander une résolution contraignante pour qu'Israël arrête ses décisions d'expansion destructrices et toutes les formes de colonisation».

Elle a affirmé qu'elle s'opposerait «fermement aux dernières décisions de colonisation à Jérusalem et dans ses environs, y compris le projet E1, parce que le sort de la solution à deux États et l'avenir du processus politique, dépendent de la mise en échec de ce projet, le plus dangereux de l'histoire de la colonisation».

Le quotidien israélien Maariv rapporte que le gouvernement Nétanyahou s'efforçait de dissiper les inquiétudes de l'administration américaine en rappelant que la construction effective ne commencerait pas sans son autorisation expresse.

«S'il y a des progrès dans les pourparlers avec les Palestiniens ou une véritable menace de sanctions contre Israël, surtout de l'Europe et des États-Unis, la procédure peut être arrêtée», a affirmé au journal un haut responsable israélien.

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