Colonies: Israël va autoriser 3000 nouveaux logements

Des travailleurs de la construction travaillent à l'érection... (PHOTO AMMAR AWAD, REUTERS)

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Des travailleurs de la construction travaillent à l'érection d'un immeuble à logements dans la colonie israélienne de Gilo, à Jérusalem-Est, le 23 octobre.

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Agence France-Presse
Jérusalem

Israël va autoriser la construction de 3000 nouveaux logements dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est occupée et annexée et en Cisjordanie, a indiqué un responsable israélien vendredi, au lendemain de l'accession de la Palestine au statut d'État observateur non membre à l'ONU.

«C'est exact. À Jérusalem et en Cisjordanie», a déclaré ce haut responsable à l'AFP sous le couvert de l'anonymat, interrogé sur la véracité d'un tweet du correspondant diplomatique du quotidien israélien Haaretz.

«Selon un responsable politique, (le premier ministre Benyamin) Nétanyahou a décidé de construire 3000 nouveaux logements à Jérusalem-Est et dans des colonies de Cisjordanie en réponse à la démarche palestinienne à l'ONU», a écrit Barak Ravid en hébreu sur son compte twitter @BarakRavid.

M. Ravid affirme que certains des nouveaux logements devraient être construits dans la zone très controversée dite «E1» qui relie Jérusalem-Est à la colonie Maalé Adoumim, en Cisjordanie.

«Malgré les gages qu'il a donnés au président (américain Barack) Obama, le premier ministre Nétanyahou a donné l'ordre de continuer les constructions dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem, ce qui va isoler la partie nord de la Cisjordanie de sa région méridionale», souligne encore M. Ravid.

Israël entend par ce projet créer une continuité territoriale entre Maalé Adoumim (35 000 habitants) et des quartiers de colonisation de Jérusalem-Est, occupée et annexée depuis 1967, dont cette implantation urbaine est distante d'une dizaine de kilomètres.

Il a été vivement dénoncé par les Palestiniens, dans la mesure où il coupe pratiquement en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d'un État palestinien.

En amont de la démarche palestinienne à l'ONU jeudi soir, Israël avait d'ailleurs brandi la menace de représailles contre les Palestiniens.

Le 12 novembre, le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh avait dit s'attendre à ce que les mesures de rétorsion, notamment financières, dont menaçait Israël «n'aillent pas au-delà de la question de la construction de colonies» nouvelles.

Le même jour, le mouvement israélien anti-colonisation La Paix Maintenant avait fait état d'un projet de quintuplement du nombre de logements dans la colonie d'Itamar, dans le nord de la Cisjordanie.

En novembre 2011, après l'accession de la Palestine au statut de membre à part entière de l'UNESCO, Israël avait également accéléré la construction dans les colonies de Cisjordanie occupée.

La victoire de la Palestine à l'ONU décriée en Israël

Israël a vivement critiqué l'octroi du statut d'État observateur à la Palestine par l'ONU, la droite accusant les Palestiniens de saboter la paix et l'opposition reprochant au premier ministre Benyamin Nétanyahou de n'avoir pas su empêcher leur démarche.

Les réactions des politiques et commentateurs israéliens sont d'autant plus polarisées en fonction des lignes idéologiques qu'ils sont en pleine campagne électorale pour les élections législatives anticipées du 22 janvier.

Le journal gratuit Israël Hayom, proche de «Bibi» Nétanyahou, titre vendredi en première page : «Israël : les Nations Unies récompensent la terreur».

Alors que des responsables israéliens laissaient entendre ces derniers jours qu'Israël ne remettrait pas en cause les accords conclus avec les Palestiniens en guise de représailles, le vice-premier ministre Sylvan Shalom, un faucon occupant la troisième place sur la liste du Likoud (droite) pour les prochaines élections, a menacé de recourir à des sanctions.

Mahmoud Abbas «n'est pas fidèle aux engagements de son prédécesseur Yasser Arafat lors des accords d'Oslo (1993), qui interdisaient les initiatives unilatérales», a déclaré M. Shalom à la radio publique.

«La violation de ces accords (...) signifie qu'Israël aussi peut entreprendre des initiatives unilatérales comme appliquer la souveraineté israélienne dans les Territoires», a-t-il prévenu, en allusion à une éventuelle annexion de la Cisjordanie par Israël, parfois brandie par certains radicaux du Likoud.

Si une telle initiative est improbable, Israël pourrait par contre bloquer les taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne, réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens ou encore accélérer la construction de nouveaux logements dans les colonies.

«Nous réagirons en temps voulu, car nous assistons vraiment à une violation des accords» passés, a renchéri le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, en exhortant les Israéliens à «arrêter de s'auto-flageller et s'unir».

«4 ans d'impasse»

Dans l'opposition, c'est le gouvernement de droite de M. Nétanyahou, grand favori du prochain scrutin, qui est la cible des critiques, accusé d'être responsable de l'impasse dans les négociations avec les Palestiniens, au point mort officiellement depuis octobre 2010, de facto depuis 2008.

«Israël a perdu aujourd'hui, avec la reconnaissance à l'ONU, toutes les réalisations que nous avions obtenues par les négociations», a déploré l'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni (2006-2009), qui a lancé cette semaine un nouveau parti centriste en vue des élections.

«Ceci est le résultat d'une politique erronée, de quatre ans d'impasse politique, de discours et d'accusations du gouvernement Nétanyahou (...) qui ont porté atteinte à Israël et à nos intérêts de sécurité», a argué Mme Livni.

Mme Livni avait auparavant déclaré qu'avec leur démarche à l'ONU, les Palestiniens avaient mené un «attentat stratégique» que le gouvernement «aurait pu arrêter en menant des négociations».

La chef de file du parti de gauche Meretz, Zahava Gal-On, est allée plus loin en estimant qu'Israël aurait dû soutenir l'initiative palestinienne, car «un État palestinien est dans l'intérêt d'Israël».

De nombreux commentateurs soulignent cependant, comme les dirigeants gouvernementaux, que le rehaussement du statut de la Palestine à l'ONU - approuvé par plus des deux tiers des pays représentés à l'ONU - n'aura que peu de conséquences concrètes.

«Le nombre de pays qui ont soutenu la résolution de l'ONU (conférant à la Palestine le statut d'État observateur) n'est pas important. Sans l'accord d'Israël, il n'y aura pas d'État palestinien. Israël, après tout, représente 50 % du conflit, et un vote aux Nations Unies n'y changera rien», insiste l'éditorialiste Noah Klieger dans le Yédiot Aharonot.

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