Huit ans après sa mort, le premier président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a été exhumé hier. Trois équipes de chercheurs tenteront d'établir s'il a été empoisonné en 2004. Le point sur une controverse qui n'en finit plus.
Keffieh
Le célèbre foulard de celui qui a dirigé l'Organisation pour la libération de la Palestine (OLP) est à l'origine de l'exhumation qui a eu lieu hier. C'est en analysant le keffieh et d'autres objets personnels qui ont appartenu à Yasser Arafat que l'Institut de radiophysique de Lausanne a détecté un taux anormalement élevé de matière radioactive. L'analyse, révélée par la chaîne Al-Jazira, a réveillé les soupçons d'empoisonnement. En juillet, Suha Arafat, veuve du leader palestinien, a porté plainte au civil pour «l'assassinat par X» de son mari. Deux juges d'instruction français ont entamé une enquête en août.
Moukata
Enterrée dans un mausolée dans l'enceinte des bureaux de la présidence palestinienne, ou moukata, la dépouille de Yasser Arafat a été exhumée à l'aube hier. Un médecin palestinien a fait des prélèvements sur la dépouille en présence de trois équipes de scientifiques, originaires de France, de Russie et de Suisse. Ils auront la responsabilité d'analyser les échantillons. La moukata est aussi l'endroit où Yasser Arafat - alors assigné à résidence par Israël - est tombé grièvement malade en octobre 2004 après y avoir pris un repas.
Polonium 210
Cette substance, dont d'importantes traces ont été trouvées sur les vêtements de Yasser Arafat, a été utilisée pour empoisonner l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko. Elle existe à petites doses dans la nature, mais peut aussi être produite artificiellement, notamment pour une utilisation médicale. Le polonium se dégrade à moitié tous les 138,4 jours. Si Yasser Arafat a ingéré une dose mortelle, des traces devraient être détectables dans les échantillons d'os recueillis hier, selon les scientifiques.
Hôpital
Yasser Arafat est mort le 11 novembre 2004, soit un mois après le début de sa maladie, dans un hôpital militaire français des suites d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Le désordre sanguin qui a causé l'AVC est cependant toujours demeuré mystérieux, ce qui a fait naître une théorie du complot. À l'époque, la veuve de M. Arafat s'était opposée à un examen post-mortem. Israël nie fermement avoir été impliqué dans la mort de Yasser Arafat.