La majorité des Turcs en faveur du maintien de l'avortement

Le 8 juin dernier, des femmes ont manifesté... (Photo AFP)

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Le 8 juin dernier, des femmes ont manifesté dans les rues d'Istanbul contre le projet de loi visant à réduire la période pendant laquelle l'avortement reste légal.

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Agence France-Presse
Ankara

Une majorité de Turcs (55,5%) sont opposés à une interdiction de l'avortement, que le gouvernement islamo-conservateur veut limiter de manière significative, selon un sondage publié lundi.

44,5% des sondés pensent que l'avortement doit être interdit, selon ce sondage commandé par le journal HaberTürk auprès du centre d'études Konsensüs et réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 1500 personnes.

Cette enquête est la première en Turquie depuis que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a provoqué une controverse lorsqu'il a assimilé le mois dernier l'avortement à «un meurtre».

Dans la foulée, son Parti de la justice et du développement (AKP), issu de la mouvance islamiste, a annoncé vouloir réviser la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), réduisant à six ou quatre semaines de grossesse la période pendant laquelle l'avortement reste légal.

Restreindre ainsi ces conditions équivaut quasiment à interdire l'IVG, selon les spécialistes.

En Turquie, depuis 1983, l'avortement est légalement possible jusqu'à dix semaines. Il est autorisé pour raisons médicales depuis 1965.

Des organisations féministes et de la planification familiale ont critiqué le point de vue de M. Erdogan. Ce dernier avait voulu criminaliser l'adultère en 2004, avant de faire marche arrière sous la pression de l'Union européenne.

Il appelle cependant régulièrement les femmes à avoir au moins trois enfants.

La secrétaire générale adjointe du Conseil de l'Europe, Maud de Boer-Buquicchio, s'est entretenue de cette question avec des membres du gouvernement turc, s'opposant à «des mesures oppressantes» concernant les femmes turques, rapporte le quotidien Hürriyet.

Interdire l'avortement ne fera que l'affaire des cliniques illégales, «pour celles qui ont de l'argent», a estimé la responsable.

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